‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 50 sur 341 · Clem. Alex. Strom,, V,p · texte numérisé non relu

Clem. Alex. Strom,, V,p

d'un aussi obscur problème V Les dieux embarras* saient également Démocrite, qui, n'osant les éliminer entièrement du monde mécanique qu'il avait rêvé, les reléguait au rang de bons et de mauvais démons*. Prodicos et Critias cherchaient tous deux à expliquer l'origine de la religion. Le premier en trouvait la raison dans la tendance qu'ont les hommes à diviniser ce qui leur est utile : jadis, on avait tenu pour dieux le soleil et la lune, les fleuves et les sources ; c'était le pain qu'on adorait sous le nom de Dèmèter, • le vin sous le nom de Dionysos, Feau sous le nom de Poséidon, le feu sous le nom d'Héphsestos'. A son tour, Critias, poète comme Euripide, auteur comme lui de tragédies, qui étaient assez remplies de son esprit pour qu'on pût quelquefois les confondre avec les siennes \ exposait longuement dans son Sisyphe comment était né le culte des dieux. Les premiers législateurs, en réglant la vie humaine, n'avaient institué, disait-il, de châtiments que pour les crimes publics et les vices qui s'étalent au grand jour; il fallait atteindre les fautes cachées, celles qui se dérobent à Faction des lois pénales. C'est pourquoi, pour faire peur aux hommes, un sage leur persuada que toutes leurs actions, que toutes leurs paroles, que leurs pensées même les plus secrètes avaient pour

Page 1