‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 52 sur 341 · Athenag., Légat, pro Christ.t · texte numérisé non relu

Athenag., Légat, pro Christ.t

trame de ses pièces sont purement fabuleuses, il ne s'est pas fait scrupule d'exprimer son scepticisme au sujet d'autres légendes qu'il rencontrait sur son chemin. On connaît l'histoire de la naissance d'Hélène et des Dioscures. Le dieu du ciel Jupiter, pour s'unir à Léda, femme de Tyndare, s'est métamorphosé en cygne. A la suite de cette union, Léda pond deux œufs : au bout de neuf mois, de Fun de ces œufs éclôt Hélène, de l'autre sortent Castor et PoUux. Euripide cite deux fois cette légende, voici en quels termes : « Il y a un récit, dit Hélène, d'après lequel Jupiter vola vers ma mère Léda sous la forme d'un cygne et s'unit à elle par ruse, comme pour échapper à la poursuite d'un aigle, si ce récit est véridique^. » Ce n'est pas là sans doute une négation, ce n'est qu'une réserve, mais qui laisse deviner le sentiment du poète. Ce sentiment s'exprime avec plus de décision dans VIphigénie à Aulis: « S'il est vrai, comme on le raconte (c'est le chœur qui parle) que Léda t'enfanta de son union avec l'oiseau dont Jupiter avait pris la forme, soit que les fables renfermées dans les tablettes des Piérides aient répandu chez les hommes, mal à propos, cette histoire saiis fondement^. » Deux hypothèses sont ici énoncées, mais aucun doute n'est possible ; le poète penche vers la seconde, et il met sur le compte des anciens poètes l'invention du cygne de Léda.

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