‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 55 sur 341 · Orssle, v. 255. Cf · texte numérisé non relu

Orssle, v. 255. Cf

3. Cf. Jules Girard, le Sentiment religieux en Grècey 3« édiU, p. 401- 40Î.

dieux les fautes humaines qui méritent un châtiment. Euripide fait ressortir de la façon la plus piquante toute l'invraisemblance d'une pareille tradition. «Vous imaginez- vous, dit un de ses personnages, que les fautes ont des ailés pour s'envoler vers les dieux; qu'il y a là-haut quelqu'un pour les inscrire sur les tablettes de Jupiter, et que Jupiter, les ayant vues, rend ensuite la justice aux mortels? Le ciel entier ne lui suffirait pas, s'il voulait noter tous les péchés des hommes ; il ne suffirait pas lui-même à les examiner tous, ni à envoyer à chacun sa punition. Si vous voulez ouvrir les yeux, Dikè n'est pas là-haut ; elle est ici-bas, tout près devons*. » Combien cette conception nouvelle et toute terrestre de la justice est loin de l'antique et céleste image de Dikë, siégeant à côté du trône de Zeus ! Que ce dieu est rabaissé et qu'il inspire moins de respect, s'il n'est plus le dieu qui châtie !

Euripide ne se borne pas toujours à écarter les mythes, d'un mot ou d'un sourire et sans donner ses raisons. Il est des cas où il veut expliquer les motifs de son incrédulité et où il soumet les légendes à une véritable critique. On en trouve un exemple frappant dans une scène des Troyennes. Parmi les captives assemblées sur le rivage et prêtes à suivre leurs vainqueurs, est Hélène, que Ménélas vient chercher et qu'il destine à la mort. La malheureuse essaie' de se^ justifier ; elle plaide sa cause en rappelant l'origine de ses malheurs, qui ont commencé par le jugement

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