Uélanippe enchaînée, fragm. 506, Nauck
de Paris. « Aphrodite, dit-elle, n'a obtenu le prix de la beauté qu'en promettant de me livrer au fils de Priam. » Elle ajoute que c'est Aphrodite elle-même qui a amené Paris à Sparte, dans le palais de Ménélas : si elle a suivi l'étranger, ce n'est point sa faute; c'est la faute de la déesse à qui elle n'a fait qu'obéir*. Hécube, qui veut qu Hélène périsse pour que les maux de la guerre soient vengés, répond à cette argumentation. Elle prouve que les raisons invoquées par Hélène sont mauvaises ; elle n'admet point, en particulier, la fable du jugement de Paris, et cela pour des motifs qu'il est intéressant de citer : « Pourquoi, ditelle, la déesse Hèra aurait-elle éprouvé un si vif désir d'obtenir le prix de la beauté? Était-ce pour trouver un époux plus grand que Jupiter? Athèna recherchait-elle l'union d'un dieu, elle qui, par répugnance de l'hymen, a obtenu de son père de rester vierge ! N'attribue pas aux déesses une telle sottise pour donner un prétexte spécieux à ta perversité : tu ne persuaderas pas les sages*. » Ce sont là des arguments de simple bon sens, mais qui ne manquent point de force. La fable d'un concours de beauté auquel auraient pris part Hèra et Athèna est, en effet, en désaccord avec le caractère traditionnel de ces déesses. Hécube critique également la seconde raison mise en avant par Hélène, celle de l'action irrésistible d'Aphrodite. « Tu as dit que Kypris — quoi de plus ridicule? — avait accompagné mon fils dans la demeure de Ménélas : n'aurait-elle pu, tout en restant tranquille-