Baech
qu'il n'est permis aux mortels... Il est prudent de tenir notre pensée éloignée de ce qu'enseignent des esprits orgueilleux. Ce que croit et pratique Thumble multitude, voilà ma loi*. » Ces passages ont permis de soutenir que, dans les Bacchantes ^ Euripide a condamné les recherches philosophiques et renié, pour faire profession d'orthodoxie', tout son passé. Le poète, vieilli, fatigué de la vie, désenchanté de la science, se serait réfugié dans la religion comme dans un port après l'orage ; les Bacchantes^ tragédie sacrée, seraient Tacte de conversion de ce grand esprit. Il nous est difficile de partager ce sentiment. Sans doute, les principaux personnages du drame, Cadmos, Tirésias, Agave; sont possédés de l'enthousiasme bacchique, et, dans leur ivresse mystique, ils prêchent la foi absolue, la foi aveugle au dieu nouveau. Mais, à côté de l'exaltation religieuse, qui est en effet dominante, il y a place dans la pièce pour le bon sens et la raison. Aux adorateurs de Bacchus le poète a opposé un esprit fort, Penthée, qui accable de sarcasmes le culte nouveau : « Absent de ce pays, dit-il en entrant en scène, j'apprends à mon retour le mal étrange qui sévit sur la cité, comment nos femmes ont quitté leurs demeures, feignant de saints transports, et commept elles s'élancent dans les forêts de la montagne, pour fêter par leurs chœurs de danse je ne sais quel dieu nouveau, sous le nom de Dionysos... Elles veulent faire croire qu'elles sont des Ménades consacrées au culte : la vérité est qu'elles