‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 86 sur 341 · Ion · texte numérisé non relu

Ion

2. Voir à ce sujet Caillemer, art. Asylia du Diciionn, des AniiquUés dirigé par M. Saglio.

3. D'après la Théogonie^ 793, le dieu olympien qui s'est parjuré tt reste inanimé pendant une année entière. Jamais l'ambroisie ni le nectar n'approchent de ses lèvres ; mais, sans souffle et sans voix, il git sur sa couche, accablé par un lourd sommeil. »

vaient donc se scandaliser d'entendre dire au théâtre que la formule sacramentelle n'engage pas toujours, et qu^il y a lieu de distinguer entre les serments, suivant les circonstances dont ils ont été accompagnés. Il est, d'après Euripide, des serments contraints et forcés ; il en est d'imprudents, par où l'on s'est lié sans pouvoir tenir sa parole. Mais la divinité, ajoutet-il, n'est pas aveugle : elle saura bien discerner les pactes qui sont valables de ceux qui ne le sont point*. Du nombre de ces derniers est le serment qui a été prêté à Tyndare par les prétendants à la main d'Hélène, et celui que prête Hippolyte à la nourrice de Phèdre. On se rappelle le vers célèbre :

qu'Aristophane n'a pas été le seul à reprocher à Euripide'; dont celui-ci dut se justifier devant la commission du concours dionysiaque, et qui lui valut plus tard, dans un procès que lui intenta un certain Hygia^non, une accusation d'impiété, comme s'il avait conseillé aux hommes le parjure *. Il est certain cependant que ce vers, si on ne le détache pas de la place où il est, s'explique facilement. La nourrice de Phèdre, avant d'apprendre à Hippolyte la passion que Phèdre a conçue pour lui, fait promettre au jeune homme de ne pas révéler le secret qu'elle va lui communiquer. Hippolyte jure imprudemment, sans savoir de quoi il s'agit. Mais, quand il connaît

Page 1