‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 87 sur 341 · Hippol · texte numérisé non relu

Hippol

.3. Acham., 398. Thesm,, 275. Gren., 102; 1471. 4. Aristot., Rhét.y III, xv.

ce secret terrible, il ne se possède plus, et il est tenté d'aller tout dire à son père. La nourrice lui rappelant son serment, il répond : « C'est un serinent de mes lèvres ; ma conscience n'a rien juré. » Malgré cela, il se considérera comme lié par son imprudence, et il se taira* ; c'est donc la religion du serment qui, mise un instant en question, finira par triompher. Et cependant il faut reconnaître que cette distinction établie par Hippolyte entre la langue qui prononce la formule du serment et la pensée qui donne ou qui ne donne pas son acquiescement aux mots que la bouche prononce, était une distinction inquiétante ; que ce vers, dans sa brève précision, pouvait devenir une maxime dangereuse*. Qu'a donc voulu Euripide ? Il n'a pas eu assurément l'intention d'ébranler le respect dû aux serments, de détruire la fidélité à la parole jurée. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, il s'est simplement attaqué au formalisme étroit et inintelligent; il a tenté de faire pénétrer dans l'esprit trop absolu du vulgaire des distinctions et des nuances ; il a essayé d'éveiller la réflexion sur la valeur de certains usages qui jusqu'alors avaient été suivis sans discernement et à l'aveugle ; il a fait en un mot ce qu'il fait souvent, et quelquefois hors de propos, dans son théâtre : œuvre de critique.

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