‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 90 sur 341 · Médée, 122. Ion, 620 et suiv · texte numérisé non relu

Médée, 122. Ion, 620 et suiv

LES IDâBS MORALES. 109

vent, quand ils le veulent, reprendre ce qu'ils ont donné ^ » Et le poète fait ressortir Tidée de Tinstabilité de la fortune, tantôt par une de ces comparaisons qui lui sont familières et qu'il emprunte au spectacle de cette mer qu'il aimait à contempler de sa caverne de Salamine^ tantôt en assimilant poétiquement, comme dans le fragment qui suit de la Danaé, les vicissitudes de la vie humaine aux variations du ciel et de l'atmosphère : « Les fortunes diverses des mortels ressemblent, je le prétends, à ce qui se passe dans ce qu'on nomme Téther : tour à tour, il brille des splendeurs éclatantes de Tété, et il amène l'hiver en entassant d'épais nuages; il fait que tout verdit et se flétrit, que tout vit et tout meurt. De même pour la race des mortels, tantôt la vie brille d'une heureuse sérénité, tantôt, au contraire, elle s'assombrit de nuages. On vit au sein du malheur, on meurt au moment du bonheur : image des vicissitudes des saisons de Tannée \ »

Si les biens extérieurs sont un leurre, l'homme du moins porte en lui-même une force, plus ou moins active, dont il dispose, l'intelligence. Mais combien cette force est limitée! Parmi les ignorances humaines il en est une à laquelle les Grecs, comme le prouve l'histoire de la divination, ne se sont jamais résignés : celle de l'avenir. Les héros tragiques paraissent quelquefois souffrir de marcher, à travers des péripéties diverses, vers un but inconnu, d'être con-

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