‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 91 sur 341 · Oreste · texte numérisé non relu

Oreste

3. Fragm. 330, Nauck*. Cf. Ino, fragm. 415 et fragm. incort. 916.

duits malgré eux à des événements qui leur seront une surprise. A la fin de VAlceste, le coryphée prononce les paroles suivantes : « Bien diverses sont les formes des volontés divines, et souvent les dieux trompent nos prévisions en exécutant leurs desseins. Ce qu*on attendait ne s'accomplit pas ; un dieu fraye la voie à ce qu'on n'attendait pas. Tel a été le dénouement de cette action'. » La même réflexion se rencontre, à peu près textuellement ', à la fin de la Médée, d'Andro^ maque, à! Hélène^ des Bacchantes, où elle semble avoir eu la valeur d'une simple formule que prononçait le coryphée, tandis que le chœur sortait de l'orchestre, et qui se perdait sans doute au milieu du bruit des spectateurs quittant leurs gradins. Quelques critiques supposent même que cette formule doit (>tre attribuée aux acteurs. Il n'y a donc pas lieu d'y attacher grande importance. Mais la même idée est quelquefois reproduite, dans le cours du drame, par des personnages qui déplorent amèrement cette marche incertaine de la vie humaine^ au sein d'une obscurité profonde qui leur dérobe les événements même les plus proches'.

L'homme, à qui a été refusée la connaissance de l'avenir, trouvera-t-il quelque dédommagement dans la connaissance du passé et dans celle des lois du monde? Les sentiments d'Euripide à ce sujet ne peuvent être douteux. Il y a chez lui des éloges du sage,

2. Dans la Médée seulement, le premier vers est remplacé par celui-ci : f( Jupiter, du haut de l'Olympe, règle le cours de beaucoup de choses. »

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