‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 92 sur 341 · Jpkig. T · texte numérisé non relu

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qui sont des éloges de la sagesse ^ S'il n'eût pas cru à la science, il n'aurait pas fréquenté Anaxagore ni fait. causer Socrate. Mais il a poussé trop loin la philosophie pour être dupe des chimères qui se mêlaient alors en elle aux vérités ou aux apparences de vérités. C'est donc sans doute l'ambitieuse imprudence de la science qu'il condamne en quelques endroits dont on s'est servi pour essayer de le mettre en contradiction avec lui-même*. Il est impossible d'ailleurs, nous l'avons déjà remarqué, de lui attribuer le mépris que professent pour la raison humaine des personnages qui sont en proie à l'exaltation mystique et dont un délire religieux a troublé les esprits'. Mais Euripide a pu avoir foi à la science sans pousser cette foi jusqu a l'aveuglement. Un génie supérieur peut tendre vers le vrai de toutes les puissances de son âme sans se faire toujours illusion sur la valeur de ses efforts. Les intelligences les plus fermes ont leurs heures de défaillance. On ne s'étonne donc point de rencontrer chez Euripide, à l'âge troublé où il a vécu, des traces de scepticisme scientifique. « Ce n'est pas d'aujourd'hui, dit dans la Médée un personnage qui à son rôle de messager joint celui de moraliste, ce n'est pas d'aujourd'hui que je considère la vie humaine comme une ombre vaine. Et je ne crains pas de dire que ceux des mortels qui s'imaginent être sages et se croient des penseurs profonds (pptavïiTal ^(Sywv), ceux-là surtout méritent d'être taxés de fo-

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