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EXAMEN DE L*OHESTE -o
nous ressentons contre elle. Mais il agit avec précaution. Clytemnestr! , navau pas une bonne réputation dans l'Antiquité et il aurait I
1 nous apao.e ensu.te sur Oreste. que l'ordre du dieu remplit d'épSïï^ vante car. s .1 ne peut s'y soustraire, le fils d'Agamemnon a des idées
rop humâmes pour ne pas comprendre, comme nous, que le parricide vers lequel d est entraîné est toujours, quelles qu'en soient les raisons , un cnme mons^ueux. Enfin, en grandissant jusqu'à l'outrer la méchan>j cete d Electre. Euripide veut que nous nous révoltions avec lui contre ^ le d.eu qu. métamorphose en êtres féroces ceux que Ja^ture plus^ douce a f us compat.ssants et tendres^Car il y a de vraies jeunes filles
des fleurs. Cellec. dès ses jeunes années, a éjéjesséchée jusqu'aux racines par le souffle de l'oracle delphi^pie a connu l'ordre Lpie. Elle a grand, dans la haine. Elle n'a plus rien de ce qui fait le charme de ses compagnes, la grâce, la réserve. C'est un monstre véritable 1
OuillTt?''" T'"' " '^"^ '" ^^^'^^ '""'^ vraisemblanc;:'
sinrJt 1 n '"' "" '''"'"''• «^-«--1"- l--né-ne. cette
smgulante d ailleurs contestable, de peur que nous ne nous en apercevions pas. ^
Jusqu .c. nous 1 avons vu rester fidèle à la légende : il la conserve et la c„t.que. Il pouvait aussi essayer de la modifier, en l'adaptant aux Idées contemporaines. Mais ces rajeunissements n'étaient paf toujours a.sés. On en jugera par un rapide examen de son Oreste. drie toul .negal plem de beautés de premier ordre et de faiblesses indéni w!'
Cest une des pièces de son théâtre qu'on a le plus souvent
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VOresU Electre, qu! „est plus.us" td eurprte^d ^îl'^a ''"IS ""' "'"' ''"'' ^'"^ fut «Idée par Pylade. Or. cela n'est pas vrai Pvifl! 'J' 1,3"* ''*"' «°" '="°>e elle muet. „■, pu jouer un 'rôle acUf d^ns7àssas înai 'm, ? 'f *«'«««' "■> personnage pour que la jeune fille le cite cZmp Z i- " '' ^ """ P""»**"' Ce'» «"«»
spectateurs ne pouvaient L^uv^nTa^ T"""*' """ "*" '""""""^ «« '»"»« Les mensonge. Je ne cro.s pa^ 7nThiulZTur"'J''' '""'• P°"^ '''Percevoir du «ire conservé, mais il a l^soi^dL expliqua Henverden retrancher ce vers. 11 peut
reprise. L'Antiquité l'a beaucoup lue». Elle plaisait donc plus que les autres. De nos jours, malgré ses défauts, et je dirais volontiers à cause même de ses imperfections, qui lui donnent tant de ressemblance avec les œuvres tourmentées des modernes, elle reste très attirante.
Elle est composée de deux parties aussi différentes qu'inégales en mérite a. Dans la première, Euripide refait à sa façon la tragédie des Euménides, et si l'on peut regretter la formidable apparition des Furies, qui causaient tant d'épouvante aux contemporains d'Eschyle, les remords du meurtrier, ses terreurs, ses hallucinations rendent la scène beaucoup plus humaine et singulièrement émouvante3. Dans la seconde partie, au contraire, après qu'Oreste et sa sœur, condamnés à mort par rassemblée du peuple argien, paraissent sur le point de succomber, la pièce par un brusque revirement tourne au mélodrame, où les événements imprévus se croisent et s'entremêlent. Nous les suivons d'un œil amusé, nous demandant où l'auteur nous entraîne. Notre curiosité veut savoir quelle fin raisonnable il pourra trouver à des événements qui le sont si peu. Quand Oreste, Electre, Pylade, Ménélas, Hermione, Hélène et son eunuque se sont assez fatigués à courir les uns après les autres pour s'entretuer, sans jamais s'atteindre, Apollon apparaît qui les calme et leur permet de reprendre haleine. Il devait bien cela à Oreste, qui presque toujours en scène depuis le premier vers s'arrête enfin exténué.
Voilà pour le côté extérieur du drame. Si nous essayons d'en comprendre l'idée principale, au lieu d'y admirer l'unité reposante des œuvres classiques, nous serons surpris du désordre qu'il renferme. Tendances opposées, inventions inconciliables, mélange audacieux du présent et du passé, tout s'y heurte sans se fondre. Aux prises avec une tradition surannée, dont il voulait tirer un drame moderne, Euripide a été quelquefois dominé par elle, par ses souvenirs, par la force même de la tradition. Mais, par un effet opposé, il viole aussi la légende, en y insérant des éléments de nature différente, empruntés à la vie contemporaine. Sur le fonds déjà vieilli du passé, ces éléments font des taches, comme des étoffes trop neuves.
1. Ce drame faisait partie, avec VHieahe et les Phéniciennes, delà Irilojrie bv/anlinr et comme tel il nous a été conservé dans un grand nombre d; manu" HU ^^''""""' a. Oreste, v. 1-1097, v- «097-1693.
3. Us Furies dans ce drame ne sont plus que des visions d'esprit malade •
JuMlrLjV ^' ♦T "' '"''^"' ''■ ^^^ ^^^- ^" ^«» ^^«"» ^' ^oi a^veert;, que le public de 4o8 risquait de ne pas comprendre.
EXAMEN DE L^ORESTE jA,
De même que dans V Electre, il veut prouver qu'Apollon, pour avoir ordonné à un fils de tuer celle qui l'a mis au monde, est un criminel. Comme corollaire de ce principe, il soutiendra qu'Oreste ne peut avoir commis de faute, puisqu'il a obéi à un dieu. Et il n'oubliera pas, pour nous faire détester ce dieu, de nous apitoyer sur le parricide. Si Oreste est si malheureux, si la démence a troublé son cerveau, si nous le voyons pâle, hagard, les yeux fous, les cheveux en désordre, couché sur le petit lit aux pieds duquel sa sœur est tristement assises c'est parce qu'il a commis un crime exécrable qu'une divinité lui imposait. Telle est la donnée fondamentale du drame. Mais, en la développant, Euripide rencontre sur son chemin une foule d'idées secondaires,' voisines, opposées, qui l'attirent. Sa fanUisie sollicitée, caressée par tous les soufiles qui passent, se laisse entraîner par eux. Son inconstance se prête à toutes les tentations. Il dévie de la ligne droite, il s'en éloigne, il s'en écarte jusqu'à marcher en une direction contraire. Il ne paraît pas toujours se rendre compte de ces contradictions. Relevons- en quelques-unes.
Il n'est pas douteux pour Euripide qu'Oreste ait eu tort de tuer sa mère. Bien qu'il ait agi sur l'ordre de Loxias, son acte est déplorable», exécrables, honteux^ impieS, et Agamemnon lui-même aurait conjuré son fils de ne pas le commettre 6.
Cependant, quand le peuple d'Argos se réunit sur l'agora pour juger le parricide, le poète prodigue ses louanges à l'honnête Laboureur qui conseille de couronner le meurtrier7. Au contraire, il est très sévère pour le démagogue qui propose de le punir 8. Qu'est-ce à dire? Si l'acte d'Oreste mérite une récompense, pourquoi l'avoir blâmé avec les épithètes les plus variées? S'il doit être châtié, pourquoi montrer sous un jour si défavorable celui qui le condamne?
Il y a là quelque incohérence. Sans doute, Apollon est le vrai coupable, le seul. Mais si la responsabilité du crime doit lui être
I. Aristophane de Byzance donne lui-même dans V Argument ces précieux détails de mise en scène.
a. Oreste, v. 19a.