‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 119 sur 362 · I. OrestCy V · texte numérisé non relu

I. OrestCy V

a. Je vois dans les vers 926-9 une allusion très nette aux faits contemporains.

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a armé son bras, et que par son acte sanglant il a contribué à la faire respecter, il devient subitement un contemporain d'Euphilétos. auquel Lysias souffle son adroite défense. C'est ainsi, on s'en souvient, que cet époux outragé expliquait devant les juges pourquoi il avait tué l'amant de sa femme.. Mais à l'époque homérique, qui est voisine de celle d'Oresle, Ulysse ne connaissait pas encore ces raisons-là. Quand il massacrait les servantes qui s'étaient oubliées avec les prétendants, sa férocité agissait seule. Il ne se donnait pas comme un défenseur de la loi. Car il est remarquable que plus les hommes se sont civilisés, plus sur ce point elle est devenue barbare.

Veut^n un autre exemple d'incohérence? - Oreste, nous dit Euripide, doit comparaître devant l'Aréopage >. Les dieux rendront leur jugement; l'accusé, à égalité de voix, sera absousS ; délivré de ses épreuves, il pourra enfin vivre heureux. Telle est la prédiction d'Apollon que les Dioscures avaient déjà faitoV

Une objection vient à lesprit. Puisque Euripide nous a tant de fois répété qu'Oreste n'était pas coupable, qu'Apollon avait ordonné au jeune homme de tuer sa mère, que le dieu seul était criminels puisque Hélène 6, Electre;, MénélasS, Castor et PoUux eux-mêmes 9 ont reconnu que la responsabilité du meurtre devait être rejetée' uniquement sur Loxias, on ne voit pas bien la nécessité de l'intervention de l'Aréopage en cette affaire, sinon parce que ce tribunal avait été déjà convoqué par Eschyle. Mais dans les Euménides, le jugement des dieux termine VOrestie avec logique et grandeur. Chez Euripide, ce n'est plus qu'un dénouement postiche. Il ressemble assez à ces imitations d'érudits qui ont de la lecture et des souvenirs. Cela ne suffit pas à donner de l'imprévu et de la vie à leurs œuvres. Et pour juger un être qu'on a si souvent proclamé irresponsable, qu'elle nécessité y avait-il de réunir une seconde fois sur la coUine sacrée une assemblée aussi auguste?

a. Oreste, v. i648 sqq.

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