‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 164 sur 362 · Sauf dans ce qu'ils appellent les omophagies · texte numérisé non relu

Sauf dans ce qu'ils appellent les omophagies

conduite, qu'ils se couvrent de vêtements d'une blancheur parfaite, qu'ils évitent tout contact impur, soit à la naissance d'un enfant, soit auprès d'un lit funèbre». On peut rapprocher de ce qu'ils disent un fragment d'une tragédie inconnue », où il est fait, semble-t-il, une allusion directe aux Mystères. Le dieu que l'on y invoque est Zagreus, le maître du ciel et des enfers. Il est supplié de révéler aux initiés leur origine et leur destinée, la source de leurs maux, les dieux qu'ils doivent supplier pour qu'ils s'en délivrent3. Et ce sont les âmes des morts eux-mêmes 4 qui doivent remonter à la lumière pour leur faire ces révélations.

Euripide n'avait pas l'esprit religieux d'Eschyle. S'il essaya de soulever le voile dont les Mystères étaient enveloppés, sa curiosité seulement était en jeu, mais elle ne fut pas assez forte pour le pousser à se faire initier. Il y a des choses qu'on ne peut croire. Ces ombres qui reviennent sur la terre pour révéler les secrets du tombeau, durent lui sembler bien inconcevables. Ce qui le prouve, c'est que, même dans ses drames, il a de la répugnance à ranimer les morts. Les Mystères ne pouvaient donc pas donner la réponse sérieuse que cherchait de tous les côtés son inquiétude, et il lui fallut encore une fois la demander ailleurs.

C'est ici que l'on pourrait être tenté, si ces recherches, très minutieuses, ne devaient nous entraîner trop loin, de dresser la liste des philosophes qui ont laissé une trace dans ses vers. Il connaît certainement Xénophane5, Diogène d'ApollonieS, Heraclite^, Anaxa-

* I. Cretois, rragiu. 472.

2. Plusieurs veulent que ces vers (dimètres anapesliques comme les précédents) soient tirés des Cretois.

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