Apologie de Socrate, 41 E
g«bgWéf^Mr»«>iS^-'»gfet
Pénélope, celle-ci lui répond par ces paroles avisées : « Lorsque lu auras atteint le palais et franchi la cour, hâte-toi de traverser la grande salle jusqu'à ce que tu sois arrivé devant ma mère. Elle est assise auprès du foyer, et, appuyée contre une colonne, elle file, à la lueur de la flamme, une laine d une beauté merveilleuse. Ses femmes sont assises derrière elle. Là, se voit adossé à la même colonne le trône où mon père est assis et boit du vin, comme un Immortel. Sans t'arrêter à lui, cours embrasser les genoux de ma mère, afin que tu aies la joie de retourner promptement dans ta patrie, quelque lointaine qu elle soit » . »
D'ailleurs, au temps de la civilisation mycénienne, les Achéens n'ont-ils pas fait la guerre aux Troyens pour une femme? Il est douteux qu'ils eussent agi de même quatre ou cinq siècles plus tard. A l'époque où VOdyssée a été faite, le mariage permettait aux femmes de vivre libres et de fréquenter les hommes, sans qu'on y trouvât à redire. Quand elles étaient jeunes filles, elles étaient astreintes à une réserve beaucoup plus rigoureuse. Ce fut exactement le contraire qui se produisit au V siècle, où on les enferma, au lendemain de leurs noces, dans le gynécée, comme on enferme aujourd'hui les femmes turques dans le harem. Encore, si elles avaient pu jouir de la présence de leur mari, le voir souvent, converser avec lui! Mais, justement, cet Ischomaque, le mari modèle du V siècle, nous avoue avec ingénuité qu'il n'y a guère personne avec lequel il cause moins souvent qu'avec sa femmes. On jugera sans doute que, dans un des ménages les plus unis dont l'Antiquité nous ait laissé le souvenir, l'affection était pleine de réserve, et que si l'intimité existait, elle était plutôt fraîche.
Et comment en aurait-il été autrement? Comment l'Athénien, habitué aux discours de l'agora, aux discussions de ses philosophes, à leur éristique dont le jeu est si souple que notre lourdeur d'esprit ne peut en suivre le détail sans effort, comment après un discours de Lysias, une tragédie d'Euripide, un dialogue de Platon, aurait-il eu