‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 267 sur 362 · I. Elle est son ô|xeuvgTi;, Ajax. v. 5oi. a. Ajax, V · texte numérisé non relu

I. Elle est son ô|xeuvgTi;, Ajax. v. 5oi. a. Ajax, V

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telle. En donnant donc à la femme l'importance à laquelle elle avait droit, Euripide n'a fait qu'obéir à la tendance générale de son esprit, qui le poussait à rapprocher le drame de la vérité quotidienne. On sait quel succès cette innovation a eu dans la suite. Si les femmes ont été un instant exclues du théâtre, on les en a généreusement dédommagées depuis.

Mais, en leur donnant entrée sur la scène, Euripide la leur faisait payer. Puisqu'il ne les y admettait que parce qu'il avait souci de la réalité, il était juste qu'il conservât ce souci dans la description qu'il faisait d'elles. Et il n'y a pas manqué. Les défauts véritables, les travers, les imperfections légères qui défiguraient leur visage, il les a notés en détail». Ces minuties, que d'autres auraient omises, comme indignes de prendre place dans une œuvre d'art, il s'y est attardé avec complaisance. Rien n'est indifférent à ses scrupules d'exactitude. Ce qui le prouve, c'est qu'il a mis aussi leurs qualités en pleine lumière. On parle toujours des critiques qu'il a dirigées contre les femmes, mais n'a-t-il jamais fait leur éloge a?

Voyons d'abord les critiques. Que leur reproche- 1- il? D'être curieuses, bavardes, indiscrètes 3. Ce sont là de menues peccadilles, dont il convient de ne pas exagérer la gravité autant que l'a fait Euripide. 11 revient souvent sur ces imperfections. Il y insiste avec amertume. Jamais il ne se lasse, au risque de nous lasser nousmêmes, et de nous donner envie de défendre celles qu'il attaque. Car, s'il est possible de formuler un jugement sur des choses si lointaines, n'est-il pas probable que les femmes devaient, en ce temps-là, une

I. U satire des femmes depuis VOdyssée, \l, \.4o5 sqq., et le» vers connus de Simonide d'Amorgos (Bergk3, fragm. 7). était vite devenue un lieu commun dans la littérature. Euripide concède lui-même (Médée, v. 4a i; Ion, v. 1096) que c'est un thème banal, un «vieux refrain », et il reconnaît que si les femmes se meltoient à médire des hommes, ce n'est pas la matière qui leur manquerait. Médée, v. 424 sqq

a. Dans 17on, v. 1090 sqq., il prétend même que les femmes sont meilleures que les hommes, si bien que les poètes qui les ont injuriées, leur doivent réparation. Cf. Mélanippe enchaînée, fragm. !^!^^J.

3. Phénicieniiei, v. 194 sq., v. 198 sqq.; IpMg. à Aulu, v. aSi »qq.; Orate, v. iio3.

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