‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 268 sur 362 · LA CKIIIQUE DES FEMMES · texte numérisé non relu

LA CKIIIQUE DES FEMMES

grande partie de leurs défauts précisément à ceux qui Jes leur reprochaient? Les cvilisations et les peuples changent, mais le fond même de notre nature reste immuable. Aujourd'hui, la curiosité, le bavardage Imd.scrétion ne sont-ils pas les travers des petites gens, qui vjventà écart, ne savent rien, se travaillent pour savoir qullque

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donne a 1 esprit une médiocrité misérable. C'est celle des villageois

enracmes à leur sol, et, à un degré différent, ceUe des nonnes. Mais la f mme qu. est libre n'a pas naturellement ces défauts. Si de nos jours eue y est encore, à notre gré, trop souvent portée, elle le doit au long servage ou nos pères ont tenu ses aïeules. Car il fallait bien, dans les heures innombrables de leur vie somnolente, qu'elles fissent quelque chose, malgré la contrainte, l'isolement, le silence

Mais elles sont rusées, ajoute Euripide; si la ruse suffisait, elles seraient les maîtresses des hommes : il ne faut pas se fier à elles- - Comment en serait-il autrement.o La ruse est l'arme des faibles, que I homme deda.gne parce qu'il a la force, et qu'il appréhende parce qu'il en sait le danger. El, en effet, la femme est telle. Mais n'est-ce pas une conséquence de la servitude dont on l'accable? Elle a une puissance de d^s.mulal.on effrayante. Craintive, humiliée, toute trempée de larmes

rtru^^'T '"'"^ '°"P POurfn.pperdésespérémenl.. Mais qui a fait de Médee I être redoutable que l'on connaît, sinon Jason ? Si celui-ci à la fin du drame, exhale devant le cadavre de ses enfants une plainte qu. nous J>uche3, nous ne pouvons oublier l'incroyable désinvolture de son abandon, ni la douleur de Médée, ni son désespoir, ni sa haine, m sa fureur qu'a exaspérée, au moment où il eût fallu Unt de ménagements, l'impertinence moqueuse de celui qui la quittait 4 Jason. après tout, n'a que ce qu'il mérite. Car Médée n'est pas née méchante. Jeune f.Qe, elle vivait à Colchos, près de son père, aimée des siens, dans la tranquillité douce du palaisS, avant qu'elle fût

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