LA CRITIQUE DES FEMMES
On objectera que le goût instinctif de la femn,e pour la toilette peut être pervert,. et que si la jeune Glaucé prend un Innocent plaisir a orner sa grâce de fiancée., Hélène, au milieu de ses femmes et de ses eunuques, mené une vie oisive et coûteuse, dont le moins exigeant cpoux a le droit de se déclarer mécontent. Ce n'est pourtantpas f'a"
Admettons pourtant que la critique d'Euripide soit fondée et que
peu aueT'^r.' " '"''' ''^ ''""" ""^ P«^^'"^° '-'»°''--- p'- Lui Le';"''"'' "■"'-" P^^^^'^-' ^- ï'»»-- était encore 1 auteur de cette pervers.on? Car il désertait souvent le foyer conjugal comme la lo. qu'il avait faite lui en donnait le droit, pour fréqlte; d^s ^urfsanes. Or. celles-ci ont toujours eu pour 1^ Le, do'e le v.ve t. une pass.on véritable. Qui nous dit que les autres femmes
deUissa moms.» lel est aujourd'hui le train du monde, et, de quelque
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le sont pas. C est presque la rançon de l'inconduite de l'homme II
rZ7 : '''• '""'^""' '' '^^"«-'-"^ ^-^-' Euripide e"itde mauva.se humeur? Les courtisanes avaient toutes les joies On leur épargnait toutes les peines. Il ne leur restait guère que œ le de d.ss.per la fortune des familles. C'était le devoir de l'épouse dTcher cher a se défendre. Elle le fit; elle l'a toujours fait. Comme es a me; dont on la contraint à se servir ne répugnent pas à sa nature, peuX même en abuse-t-elle quelquefois. A qui la faute»
Eunpide a donc beau dire avec tous ses contemporains, dont n us^royons entendre les récriminations, que celleVse par pou être belle, quand son mari n'est pas à ses côtés, doit être ravée du nombre des honnêtes femmes, et qu'elle n'a aucu^ besoin 'e ^ « dehors sa beauté, si elle ne cherche pas à mal faireS. I, a la maladresse
. I. Médéêy V. II 56 sqq.
p. MASQLERAY.
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de faire adresser ces reproches à l'épouse d'Agamemnon, que celui-ci a eu tort de négliger pour lui préférer Cassandre. Et même en introduisant au foyer sa concubine i, le roi d'Argos na-t-il pas infligé à Clytemnestre un affront qu'une femme mariée ne pardonne jamais? Pour aboutir dans ses derniers jours à un tel sans-gêne, Agamemnon avait dû, pendant des années, s'habituer à bien des libertés.
Pour se défendre, il aurait allégué sans doute, comme tous les Athéniens, que, depuis la naissance de son fils Oreste, ses devoirs de citoyen étant remplis, son rôle d'époux était terminé. Car on ne se mariait que pour assurer la continuité du culte domestique. La femme légitime n'était faite que pour donner le jour à des enfants mâlesa. Elle pouvait être répudiée si elle était stérile. La fière Médée reconnaît elle-même la justice de la loi. Si Jason n'avait pas eu d'elle deux fils, elle l'excuserait de la quitter pour prendre une autre femme 3. Tel était l'égoïsme de l'homme. Du rôle complexe que la nature assigne à la femme, il retranchait les droits et ne lui laissait que les devoirs 4. U n'était pas question d'intimité entre les deux époux, de vie commune, de bonheur conjugal5. Aussi, le jeune Hippolyte, qui avait remarqué combien la présence continuelle de Phèdre au foyer domestique ennuyait son père, nous dit gentiment qu'on devrait bien trouver un moyen d'avoir des enfants, sans être obligé de s'adresser aux femmes. Pour les remplacer, il imagine une combinaison et il l'expose 6. On sait comme elle est saugrenue. Mais les anciens jugeaient-ils cette idée comme le font les modernes? Si Euripide l'a développée avec tant de complaisance, c'est qu'il était sûr que les Athéniens 7 ne se moqueraient pas de lui. Il n'en serait pas de même de nos jours. Des vers aussi étranges compromettraient le succès de la plus belle tragédie. Mais, dans la société grecque, il était naturel de concevoir et de souhaiter la suppression complète de la