Archélaos, fragm. a5a, v
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pauvreté qui brise les ressorts de Fâme par la posture humiliée à laquelle elle contraint, dispose à la lâcheté, aux entreprises douteuses, aux compromissions louches, aux ruses». C'est une dangereuse école que celle du besoin : elle fait gauchir les plus droites natures >. Ainsi, les indigents se divisent en deux classes : les mauvais (ils sont nombreux), plus excusables que d'autres; les bons, pour lesquels la vertu est aussi méritoire que pénible. Ces derniers, s'ils surmontent les difficultés qu'ils rencontrent, sont des êtres supérieurs.
La tendresse qu'Euripide éprouve pour les déshérités a grandi sa clairvoyance. Comme on n'avait pas encore peuplé le ciel de toutes les imaginations avec lesquelles le christianisme devait bercer plus tard la souffrance humaine, il était prudent de trouver de bonnes paroles qui fissent prendre patience aux malheureux du temps. Euripide leur dit bien que la pauvreté est une déesse qui n'a ni sanctuaire ni autels, et qu'il serait déraisonnable de se souhaiter l'indigence à soi-même, mais il ajoute aussitôt qu'on en peut tirer un grand profil. Elle donne aux enfants de la résistance, de Ténergie^. Elle forme le caractère plus fortement que le luxe. Elle est naturellement ingénieuse et sœur de la sagesses. Elle enseigne à maîtriser les appétits brutaux6. Enfin, quand on est jeune, pauvre et adroit, on n'est pas un être négligeable et le succès n'est jamais éloigné?. Voilà qui devait faire plaisir à ceux qui souffraient de la pauvreté. CeUe-ci, en effet, comme la maladie», ne paraît supportable que lorsqu'on en aperçoit le terme. Il est donc adroit de le laisser entrevoir aux misérables, bien que tous ne soient pas destinés à être riches, et que la chance des uns doive même exaspérer, plus tard, la souffrance prolongée des autres.
Puis, comme le contraste entre la richesse et l'indigence n'était pas aussi brutal que de nos jours, car le capital et le proléUriat existaient