‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 310 sur 362 · Œconomiquej IX · texte numérisé non relu

Œconomiquej IX

LES ESCLAVES

qu'on leur accordait, rien de plus. D'autres maîtres vendaient leurs esclaves, pour tirer profit de leur beauté. La prostitution, sacrée ou non, y trouvait son compte. Le leno, ce malpropre personnage, n'a pas existé seulement dans les comédies romaines : on le coudoyait souvent dans les rues d'Athènes. Aussi, quand la nourrice de Phèdre définit l'amour ce qu'il y a de plus doux et de plus douloureux dans la viei, on peut dire que pour elle, en un autre sens, la seconde partie de la définition est seule la bonne. Et la reine n'en comprend pas la signification totale, puisqu'elle ne peut même pas imaginer ces douleurs, malgré les souffrances qui la font délirer.

Pourtant gardons-nous de rien exagérer. Si la femme d'Ischomaque n'éprouvait aucune répugnance à soigner ses esclaves quand ils étaient malades, parce qu'elle se faisait ainsi aimer d'eux, ou du moins l'espérait 2, bien des personnages d'Euripide en auraient fait autant qu'elle, à en juger d'après l'affection véritable qu'ils portent à ceux qui les servent. Creuse ne nous dit-elle pas de l'esclave qui a veillé sur l'enfance de son père Érechthée, qu'elle partage avec lui son bonheur, et que, dans ses afflictions, elle a plaisir à regarder son visage ami? Elle honore ce vieillard non comme un égal, mais comme son propre père et prend soin de guider ses pas tremblants 3. A leur tour, les esclaves se réjouissent quand leurs maîtres sont heureux, et ils s'affligent quand ils souffrent 4. Leur fidélité n'a pas de défaillance. C'est vraiment une noble femme que cette esclave de VAndromaque, qui a conservé pour sa maîtresse, réduite comme elle en servitude, les mêmes sentiments que lorsque celle-ci était à Troie l'épouse du toutpuissant Hector 5.

Donc, car l'antithèse des mots ^ewaTo; et SouXoç était inévitable, l'esclave peut avoir des sentiments généreux, et les hommes hbres

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