Hippolyte, v. 98 sqq
LES HERAUTS
ripide a imaginé de plus fort, contre la prétendue science des devins? Cet homme avait, une vingtaine d'années auparavant, couru le long du quadrige nuptial de sa maîtresse, et s'était essoufflé à porter les torches d'hyménée». Comme il est très attaché à Ménélas, il ne peut, quand il apprend l'étrange dédoublement d'Hélène, contenir sa surprise. Il revient de la guerre et, puisqu'on s'est battu tant d'années pour un fantôme, il déclare tout net que les devins, qui devaient bien le savoir, ont été des sots ou des criminels, pour n'avoir rien dit 3. Et à cela on ne peut rien répondre. Aristophane n'avait donc pas tort de remarquer que dans les pièces d'Euripide l'esclave parlait sur un ton aussi décidé que le maître 3. Ici, on peut même trouver le jugement insuffisant. Ménéla^, étourdi par une mystification aussi prodigieuse, ne sait que dire : l'esclave, qui a conservé sa lucidité d'esprit, conclut pour lui.
Aux idées d'Euripide sur les différentes classes de la société il faut ajouter celles qu'il a exprimées sur plusieurs catégories d'individus. Quelques gens paraissent lui avoir inspiré une véritable antipathie, tels sont les hérauts et surtout les athlètes. D'autres, au contraire, il les a traités avec bienveillance, en particulier, les bâtards. Voyons ce qu'il a pensé de chacun d'eux, et tâchons de découvrir les raisons de ses sentiments.
Les hérauts, ils sont bavards \ et ils ont la fâcheuse habitude de grossir et d'exagérer les faits 5. C'est pourquoi il les déteste^. Souvent aussi ils font de l'esprit 7, et cette imputation est quelquefois justifiée, du moins dans son théâtre, puisque l'un d'eux, racontant comment Capanée a péri devant les murs de Thèbes, explique cette mort par le