Cf. Médée, v. laB sq
n/wi ^^jI^V^'^^îw"*^ ^l ^^"'" " ^'^mparer ces foules à celles de Lourdes. Cf Euri^ pid^. the rationaliste p. ,o8 sq. Le.rapprocl.emeni est plus quo risqué
l'homme public ' 3(55
Il y avait en lui un rêveur qui redoutait le contact de la foule et sur lequel les luttes de l'agora n'exerçaient qu'un attrait médiocre. Quand il considérait la vie d'un homme public, il y comptait plus de mauvais jours que de bons. « D'abord, assurait-il, celui qui aspire au premier rang est détesté par la multitude que toute supériorité importune. Aura-t-il en dédommagement l'estime des honnêtes gens ? Peut-être, s'il est honnête lui-même; mais on dira tout bas de lui qu'il faut être un peu fou pour se lancer, de gaieté de cœur, en une carrière aussi tumultueuse. Quant à ses rivaux, ils auront à son égard une haine implacable, surtout s'il menace de réussir, car ceux qui sont à la tête des cités sont les pires ennemis de qui aspire à les remplacer : c'est la règle». » Graves et mélancoliques paroles! Ainsi, d'un côté, de la haine, du mépris, des injures, des calomnies; de l'autre, une sympathie muette, paralysée, mélangée de pitié, presque insultante. Voilà les sentiments qu'excite au fond du cœur de ses concitoyens l'homme public. - Et s'il lui plaît, à cet homme, de se faire haïr? S'il considère que tel est son devoir? S'il est convaincu que son rôle est nécessaire? S'il sacrifie tout à la cité, à commencer par lui? - Cet héroïsme était rare au V siècle, si rare qu'Euripide ne l'avait jamais vu. Nous ne sommes pas au temps de Démosthène.
Les politiques avaient alors la taille moins haute. Ils s'épuisaient en efforts pour conquérir le premier rang, changeant d'idées comme le peuple versatile qu'ils aspiraient à dominer, se laissant entraîner à de fâcheuses concessions, comme tous les ambitieux du pouvoir. Puis, après des luttes et des fatigues sans nombre, arrivés enfin au faîte! ils en tombaient misérablement, soit par la sottise de leurs concitoyens, soit par leur impuissance réelle à défendre la cité a.
Aussi les gens raisonnables, même dans l'ardeur de la jeunesse, n'ambitionnaient pas de commander. Hippolyte, le bel adolescent aux membres souples, qui voulait être, on l'a vu, vainqueur dans les concours de la Grèce, se contentait du second rang dans l'État. Pour expliquer son renoncement, U affirmait que sa sécurité propre avait plus de charme à ses yeux que le pouvoirs. C'était un mensonge. Hippolyte n'a jamais eu peur du danger, et l'égoïsme n'est pas son
I. Cf Hippolyte, v. ,01 3 sqq. ; Ion, y. $96 sqq. ; Bellérophon, fragm. 294. 396. a. Iphig. à AuliSf v. 366 sqq. » » w