Téménides, fragm. 7a
6. Cresphonte, fragm. 4ô3; Érechthée, (ragm. 369; Oreste, v. 4oS.
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drit, devient mélancolique, presque désespérée. Son dernier cri est pour ellei. Il n'est pas entendu.
Il n'est pas sans intérêt de noter en passant quelle conséquence singulière ont eue dans les drames de notre poète ses idées sur la guerre. Il a, comme l'on sait, la manie de retrouver le présent dans le passé, et puisqu'il ne peut mettre sur la scène des événements contemporains, de parler de ceux d'autrefois comme s'ils étaient d'hier. Donc, la guerre du Péloponnèse est odieuse ; elle ne rapporte pas ce qu'elle coûte; c'est un jeu de dupes. Quelle autre guerre antique sera plus semblable à celle-là que celle de Troie, où succombèrent tant de braves pour une femme de rien?
Telle est la raison pour laquelle il parle presque toujours en termes si peu favorables de la lutte fameuse a. Polyphème lui-même — et le jugement est placé avec intention dans sa bouche de lourdaud — trouve que ce fut vraiment une honte d'aller se battre si loin pour un motif si misérable. Ulysse, qui est de son avis, répond : c'est l'œuvre d'un dieu, n'en accuse aucun homme^. Entendez que la chose est en soi si peu explicable, qu'on est forcé d'y admettre un peu de surnaturel. C'est ici ou jamais qu'une solution désespérée est à sa place.
Euripide a cependant dit plusieurs fois, sans rire, que si les Grecs et les Troyens aux prises se sont fait tant de mal, ce fut pour soulager la terre d'une surabondance regrettable d'habitants 4. L'explication était déjà dans les Cypriaqaes^. Mais nous avons vu que, s'il emprunte une idée à autrui, il n'est pas toujours convaincu de sa justesse : il prouve seulement qu'il a de la lecture 6.
Une autre conséquence de cette haine de la guerre (et ceci a été en partie indiqué ailleurs 7), c'est que les malheureux qui en ont été les victimes deviennent sympathiques, qu'Ulysse et Agamemnon, qui ont trempé dans l'affaire n'ont pas lieu de s'en féliciter, et que ceux qui