‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 37 sur 362 · LE DEUS EX NACHISA · texte numérisé non relu

LE DEUS EX NACHISA

Ce prologue était quelquefois récité par un dieu. Cela était presque nécessaire, quand ce dieu devait présider à l'action du drame. A début des Troyennes, où l'on va voir llion s'abîmer dans les flammes, Poséidon, protecteur de la cité agonisante, s'en éloigne sous nos yeux, comme Artémis s'éloigne d'Hippolyte qui va mourir. Mais puisque la pièce est faite pour prouver qu'à la guerre les vainqueurs sont aussi malheureux que leurs victimes, on entend aussitôt Pallas, qui déclare vouloir se venger des Grecs, dont elle a soutenu la cause jusqu'à ce jour. Les deux divinités concluent une alliance. L'action du drame qu'elles dirigent est donc arrêtée devant nous, avant que le drame commence.

De même, un dieu apparaît souvent à la fin de la pièce, parce qu'on a besoin de lui pour la terminer. C'est un acteur d'une autre nature, mais à peine plus grand qu'un autre, dont Euripide dispose à sa guise. Il est rare toutefois qu'il l'emploie pour sortir d'une situation inextricable : il sait assez son métier pour en sortir tout seul. C'est seulement dans VOreste, qui ne pouvait avoir de dénouement, qu'un dieu complaisant vient en apporter uni. Ainsi, les plaisanteries que l'on a faites sur le deus ex machina, qui ne manque jamais de venir au secours des poètes, dans les moments désespérés a, ne sont pas toujours légitimes.

En réalité, ce dieu intervient pour des raisons plus acceptables. Tantôt, il justifie la conduite qu'il a tenue dans le drame 3. Tantôt, il précise certains détails, qui risquent de paraître encore incertains 4.

1. Oreste, v. i6a5 sqq. — Hélène s'est envolée dans les airs au moment où Oreste allait la tuer. Le jeune homme, debout sur le toit du palais, tient nue une épée sur la tête d'Hermione : il va l'égorger. Ménélas, qui voit d'en bas les choses, se désespère de ne pouvoir porter secours à sa fille; mais la porte est fermée et elle est solide. Oreste s'amuse de ses menaces. Quand il en a assez de le railler, il ordonne à sa sœur et à Pyladc de mettre le feu au palais; tout va s'écrouler dans lés flammes, tout sera détruit et il sera vengé. Mais Apollon apparaît qui calme le forcené: il était temps.

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