‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 65 sur 362 · I. Hippolyte, v. 1078 sq. On compare Hécuhe, v. 807 sq · texte numérisé non relu

I. Hippolyte, v. 1078 sq. On compare Hécuhe, v. 807 sq

a. Ce souhait est formulé à chaque instant, soit par les choreules, soit surtout par les acteurs. Ils voudraient prendre leur vol dans le ciel, ou pénétrer dans les profondeurs de la terre, pour échapper à un danger, à un châtiment qui les menace, ou pour revoir un pays qui leur est cher. Cf. Hippolyte, v. 73a; Hécube, v. ,100; /o/i, V 796 et ia38; Suppliantes, x. 6ao; Hélène, v. 1478; Iphigénie en Tauride, v. ,,37; Phénicu:nnes, v. ,63; Oreste, v. 98a et .875 sqq. Dans Sophocle, Ajax, v. O93, et Antigone, v. 1807, l'expression était seulement métaphorique.

^.Andromaque, v. 861 sqq. - Dans les Gaépes, qui sont de 42a, Philocléon invoque. V. 3i6 sqq Zeus et son tonnerre, pour être changé en fumée, en Proxénidc en parfait hâbleur, en cendres; il souhaite d'être enlevé dans les airs, précipité dans la saumure, change en caillou à suffrage. Ce n'est pas une parodie spéciale de ce

^ZT^UTH ''"'. '^''^' t!^ '"*"^" ^"^ P^'"^« '^°P ^°»^^"' »«» personnages dEunp.deà formuler, quand ils sont violemment émus, des vœux déraisonnables. 4. Suppliantes, v. 4aG.

L*ABUS DES MAXIMES nn

qu'ils ne pensent. Nous leur savons mauvais gré de ne pas consentir à être simples. Sans doute, le dieu de ce temps était leVerbe, le Logos, qui avait son autel dans l'esprit de l'homme», mais au lieu de le rendre plus parfait, il lui inspirait un goût dangereux pour les pensées rares. On arriva même très vite à aimer les tours de force et à les admirer.

C'est à un exercice de ce genre que se livre un berger singulier d'une pièce perdue a. 11 est illettré, mais il supplée à son ignorance par une mémoire visuelle qui est extraordinaire. On en jugera. Il a vu écrit le mot eHïEVi. Il ne sait pas l'épeler. 11 entreprend de nous expliquer la forme des six lettres qui le composent. Pour faire en trimètres une description aussi technique, il fallait une adresse qui rappelle celle des jongleurs. Celui-ci commence son travail, qui marche bien jusqu'à la quatrième lettre. A la cinquième, l'homme s'arrête, exactement comme un acrobate avant un coup difficile: «Celle-là, dit-il, n'est pas commode à décrire : ce sont deux bâtons qui s'écartent par le haut et qui se rejoignent par le bas 3. » Tous les épigraphistes reconnaîtront rV des inscriptions. Par bonheur, la dernière lettre, un 2, étant la même que la troisième, épargne à son ingéniosité un suprême elTort et à notre patience une dernière épreuve.

Sans doute, de telles erreurs se rencontrent rarement dans l'œuvre du poète, mais elles sont caractéristiques. Voilà où aboutit un écrivain qui est porté par tempérament à préférer à une idée ordinaire celle qui a quelque chose de recherché et d'artificiel. Car Euripide, dont les vers sont infiniment moins ciselés que ceux de Sophocle, a cependant plus que lui les habitudes, les tics mêmes de l'homme de métier. Cela est très sensible dans la manière dont il termine ses développements. 11 finit toujours une tirade par une maxime. C'est déjà notre manie du mot de la fin. Mais comme il vit à une époque où l'on a peu écrit et encore moins lu, les auditeurs ne sont pas difficiles et se contentent de peu. La banalité sera donc le moindre défaut de ces maximes obligatoires.

I. Antigone, fragm. 170. Cf. Couat, Aristophane et l'ancienne comédie attique, p. 345. a. Thésée, fragm. 38a.

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