I. Troyennes, \. Z65sq
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LES THÈSES CORTRADICTOIRES 05
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»• Troyennes, v. 3(38-382 3. Troyennes, v. 373 et v. 398.
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clairvoyance. Ils prennent l'habitude de risquer des affirmations douteuses. Ils ne voient plus les objets comme ils sont et les déforment à leur insu. Ils fînissent par se créer une seconde vue des choses. Ils la croient ingénieuse, et elle l'est quelquefois, mais à quels dangers ne les fait-elle pas courirP Ils s'aventurent dans des chemins inconnus, où l'on n'a aucune tentation de les suivre. Ce qu'ils disent est insolite^ recherché, sent l'extraordinaire. On se méfie d'arguments venus de si loin : ils surprennent et ne persuadent pas. Le bon sens, qui se contente de raisons plus simples, est aussi plus habile, parce qu'on ne peut y résister et qu'il entraîne la conviction.
Prenons la légende d'Oreste. Il n'en est aucune dont Euripide n'ait plus souvent retourné les éléments en son esprit. La situation des personnages y était multiple, tourmentée, douloureuse. Elle plaisait à cet ancien qui aime déjà, comme un moderne, les complications psychologiques. Une femme, meurtrière de son mari, qui, avant de succomber sous les coups de ses enfants, défend la cause des mères et des épouses ; une fille, blessée des erreurs de sa mère, et pleine de haine contre celle qu'elle devrait aimer; un fils qui, pour venger son père, commet en frémissant un parricide; un beau-père qui plaide pour sa fille contre ses petits-enfants, au nom de l'humanité et de la raison : quelles situations riches en analyses sentimentales et en discours, puisque c'étaient les discours qui, en ce temps-là, contenaient les analyses! Gomme il était aisé de multiplier les arguments contraires entre ces êtres que la légende avait opposés ! Sans compter qu'Apollon, qui avait poussé les uns contre les autres tous ces furieux, n'était pas innocent du sang versé, et qu'il 4tait bien permis d'en faire rejaillir quelques éclaboussures sur son divin visage : ce n'était pas un détail indifférent pour Euripide.
Or, il arrivera ceci : comme on ne défend bien que les causes où l'on tient à avoir raison, — pour Euripide, ce sont souvent les causes où il est difficile de ne pas avoir tort, — celle d'Oreste qui nous paraît excellente, puisqu'il n'a été que l'exécuteur des ordres de Loxias, deviendra très médiocre, parce qu'elle ne le passionne pas. Au contraire,
semblance, a bien fait de nous dire, v. 36G sq., que son délire a cessé : elle parle avec beaucoup d'ordre et la Pythie ne devait pas faire toujours comme elle. Tout argu. ment qui ne peut entrer dans l'ensemble, sans en déranger l'équilibre, est rejeté comme s'il n'avait pas de valeur : la symétrie générale doit avant tout rester intacte.