‹ Euripide et ses idéesChapitre 163 sur 388 · Polyidos, fragm · texte numérisé non relu

Polyidos, fragm

3. Mélanippe la philosophe, fragm. 480. Rapprocher Héraclès, v. 1268, et Troyennes, V. 885. Dans ces deux passages, le doute porte moins sur l’existence du dieu que sur sa véritable nature, qu’il est si difficile de définir. Euripide parle donc de l’embarras où nous sommes, quand nous voulons préciser nos idées sur la divinité, à peu près comme le faisait Protagoras au début de son livre : « Sur les dieux, disait-il, je ne puis savoir ni s’ils sont, ni s’ils ne sont pas : bien des choses empêchent de le dire, d’abord l’obscurité de la question, ensuite la brièveté de la vie humaine. » (Diogène Lâerce, IX, 5o.) Nul doute qu’Euripide avait lu Protagoras, qui devait être plus âgé que lui de quelques années seulement. On a même dit qu’il avait, dans VIxion, fait allusion à un naufrage qu’avait essuyé ce sophiste, pendant un voyage en Sicile. (Diogène Lâerce, IX, 55.) — Je ne comprends pas pourquoi Nestle ne mentionne pas ces ressemblances : il est vrai que, sur le fragment 48o, Wilamow^itz (Herakles, II, p. 269) donne une explication différente, que Nestle a peut-être admise. — Bergk (op. cit., 111, p. 582), rapprochant le vers 160 de V Agamemnon, remarque comme révolution du sentiment religieux a été rapide à Athènes. Ce sont les mêmes expressions ; mais, en cinquante années à peine, elles ont pris un sens tout différent.

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