‹ Euripide et ses idéesChapitre 175 sur 388 · Troyennes, v · texte numérisé non relu

Troyennes, v

5. 7. F. F., 1018.— Nestle, qui rapproche aussi les deux passages, op. ci7., p. 5o, 161, 45o sqq., compare l’idée qu’ils expriment avec le fragment 119 (Diels) d’Héraclite. Il m’est impossible d’assimiler les deux pensées, celle d’Héraclite n’étant pas autre, à mon sens, qu’une variante du sua calque deus fit dira cupido de Virgile : rfioç avOpcouo) Qat[j.o)v ; dem Menschen ist sein Sinn sein Gott, comme traduit Diels.

IiNFLUENCES ETRANGERES ipS

Ces idées ne sont pas contraires à celles d’Euripide. S’il dit que Zens tourne ses yeux vers les hommes et qu’il dirige les événements, il use presque toujours de correctifs, comme s’il n’osait risquer sans précautions une affirmation aussi discutable i. Une fois même, quand il la fait, il avoue appréhender qu’en l’écoutant on ne se mette à rires, ce qui est une façon discrète de nous prévenir qu’il n’est pas éloigné de la trouver ridicule.

Mais l’intelligence des hommes n’est pas celle de Zeus. Les mots pris en éux-mêmes n’ont pas la signification qu’on veut d’abord y trouver. Le mot voüç a une valeur philosophique, comme dans Anaxagoras, mais la pensée est différente. Euripide dit seulement que, l’intelligence étant un élément divin de l’être humain, Zeus, le dieu suprême, est l’être d’où émane pour chacun de nous cette intelligence: il est le foyer d’où part l’étincelle divine, qui nous éclaire et nous permet d’agir en comprenant nos actes 3.

Gela ne nous fait guère comprendre les siens : tout est obscur dans ce qu’il fait, mais Dicé le guide. Je le répète, en ces questions religieuses, voilà la pensée fondamentale d’Euripide, celle à laquelle il faut toujours revenir.

Treize ans avant les Troyennes, il avait fait VHippolyley où l’Orphisme a laissé une trace assez profonde. Les esprits incertains cherchent partout, si leur incertitude n’est pas frivole, une solution de leurs doutes. Disons quelques mots de cette mystique expérience.

Elle fut assez courte. Il fait allusion, en 438, à des vers orphiques, et, après 428, il ne semble plus s’être occupé de cette secte religieuse. Son jugement sur elle paraît assez indécis.

Il mentionne dans V Alceste les tablettes de bois, où étaient inscrites des formules en vers, attribuées à Orphée et propres, disait-on, à guérir les maladies^. Le coryphée, quand l’épouse d’Admète a suc-

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