‹ Euripide et ses idéesChapitre 24 sur 388 · Ibid., v. i · texte numérisé non relu

Ibid., v. i

4. Vita, p. 4, lignes 2 et 12 sqq. (Schwartz). Gf. Aulu-Gelle, XV, 20, et surtout Suidas.

5. Vita, p. 3, ligne ii sqq. (Schwartz). — Ge détail, fidèlement conservé par le biographe, est très précieux. 11 permet de savoir, à quelques jours près, quand mourut Euripide. Lorsque Sophocle annonça au peuple les sujets de ses nouveaux drames dans le upoâycov de 4o6, on était au 8 Élaphébolion, qui, cette année-là, tombait le i" mars. Comptons un mois environ pour que la nouvelle toute récente de la mort

SON ŒUVRE ET CE Qu’lU NOUS EN RESTE

Le corps d’Euripide fut enterré en Macédoine, près d’Ampliipolis 1. Athènes ne lui éleva sur la route du Pirée qu’un cénotaphe, où l’on grava une inscription connue. On l’attribuait à rinstorien Thucydide ou au poète Timothée. Le premier depuis son exil s’était-il réfugié à Pella ? Il est plus vraisemblable d’admettre que l’inscription était de Timothée. Celui-ci, dans l’art musical du temps, était un novateur sur les traces duquel s’efforçait de marcher le tragique.

L’œuvre qu’Euripide laissa était considérable. De bonne heure on hésita sur le nombre de pièces qu’il avait composées. Les uns lui en attribuaient soixante -quinze 2, d’autres quatre-vingt-douze 3 ou même quatre-vingt-dix-huit^. Ces chiffres, qui nous paraissent très élevés, sont cependant notablement inférieurs aux cent vingt et quelques drames que Sophocle avait faits. Ils se rapprochent des quatre-vingts pièces auxquelles on limite la production d’Eschyle.

Nous nous demandons quelquefois avec un peu de surprise comment les tragiques anciens ont pu tant écrire, surtout quand nous comparons leur œuvre avec celle de nos poètes. Racine, dont le génie a quelque affinité avec celui des Grecs, n’a laissé que douze pièces. Encore comprend-on dans ce chiffre deux tragédies inférieures et une comédie. Il est vrai qu’il n’a travaillé que peu de temps pour le théâtre. Corneille, qui a été plus fécond, mais aussi plus inégal, a composé environ une trentaine de drames. Quant à Voltaire (si on peut appeler Voltaire un poète tragique), bien qu’il ait écrit, paraît-il, cinquantedeux pièces, ‘le nombre de ses tragédies, malgré le peu de peine qu’il a prise à les rimer, ne dépasse pas vingt-septs. Je laisse de côté le théâtre d’Hugo et des écrivains du siècle. Nous voilà toujours bien

d'Euripide parvînt de Macédoine à Athènes : nous placerons donc cette mort à la fin de janvier ou dans les premiers jours de février. Cf. P. Girard, art. cité, p. i56 sq.

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