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Héraclès, v. G33 sqq

LES ENEANTS

Enfants, soyez heureux, non plus ici, mais là-bas, car le bonheur de la terre, votre père vous l’a enlevé i ! » Puis elle se baisse vers eux et les couvrant de caresses, elle murmure : a O aimable étreinte ! ô frais visage ! ô douce et légère haleine 2 ! a 11 y a là un délicieux frémissement d’amour. Une femme, une mère peut seule, semble-t-il, soupirer de semblables paroles. Jamais raffection maternelle n’en a eu de plus tendres.

Voici une scène moins tragique. Ce sont des enfants qui s’élancent éperdus vers leur père, au moment oii il apparaît inopinément et les sauve. Déjà ils étaient parés, comme des victimes, pour le sacrifice. Lycos allait les immoler avec leur mère et Amphitryon. A l’instant critique ori le glaive était levé sur leurs têtes blondes, Héraclès, leur robuste père, arrive. A sa vue, les trois petits courent vers lui. Sans avoir une conscience bien nette du péril qui les menace, ils s’attachent à lui comme à leur sauveur; ils se suspendent à ses vêtements; ils se cramponnent à ses membres. Héraclès s’amuse de leur émoi. 11 trouve des mots charmants pour les rassurer. 11 leur dit de ne plus avoir peur, qu’il n’a pas d’ailes, qu’il ne s’envolera pas, qu’ils n’ont pas besoin de le serrer si fort. Et quand ils font enfin lâché, il veut les conduire en lieu sûr. Il les prend par la main. Il se met en marche. Mais Héraclès est un géant. Il fait de longues enjambées. Eux ont les jambes courtes. Il les tire donc derrière lui, « comme un vaisseau remorque de petites barques » 3. La figure est bien expressive. On croit voir un homme du peuple tramant après lui toute sa nichée.

Ailleurs, Euripide, qui n’a jamais cherché, comme nous l’avons fait, à rendre la tragédie majestueuse, ne craint pas d’évoquer devant nos yeux des scènes plus familières encore. H nous parle des soins que les mères prodiguent à leurs enfants, de leurs occupations humbles et tendres, de ces cheveux bouclés qu’elles peignent avec tant d’amour, des baisers dont elles les couvrent Il nous montre les nourrissons qui jouent dans leurs bras, sur leur sein 5. Elles les caressent, amusées. Lui-même s’amuse à ce spectacle, et on l’aperçoit, dans un vers

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