Alceste, v. 238 sqq
3. Cf. Médée, v. 1090 sqq., où le chœur se demande s’il est avantageux d’avoir des enfants.
4. Snr le mariage dont il a beaucoup pai'lé, voici quelques-unes de ses idées, qui toutes ne sont pas neuves : le mariage est une affaire de hasard, Electre, v. 1(00 sq. ; le destin a tout réglé d’a\ance, Mélanippe enchaînée, fragm. 5oi ; et tout
femme est ce qu’il veut qu’elle soit; non, si elle est autre. Puis, des scrupules lui viennent. Même marié comme on peut le souhaiter, que de risques on court de souffrir, puisque la perte de l’être aimé est toujours possible! Admète, une fois veuf, regrette d’avoir épousé celle qui vient de lui être enlevée, à cause du chagrin même que sa mort lui cause I. Il lui était si aisé, dit-il, de vivre seul 2. Il ne faut donc pas se marier, même avec une Alceste? Pourtant, on ne la rencontre pas tous les jours 3. A quelle conclusion le poète va-t il enfin arriver ? Par bonheur, plus impatients que lui d’en trouver une, les jeunes gens, espérons-le, suivaient encore imprudemment la bonne nature, et laissaient Euripide à ses calculs.
Ce manque d’entrain dans l’action est une cause de tristesse dans
la vie. Parce que le bonheur est éphémère^, faut-il y renoncer, et
réglé plutôt mal que bien, Iphig. à Aulis, v. 1162 sq. Quand on a la chance d’avoir nne femme bonne, on a une vie enviable, sinon, on est à plaindre, Oreste, v. 602 sqq. ; Andromède, fragm. 187; Crétoises, fragm. 464; Alcméon, fragm. 78; Mélanippe enchaînée, fragm. 494; I.F.F., io55, io56. Heureux donc qui est bien marié, mais plus heureux qui ne l’est pas, I. F. F., 1057. (Je rejette la correction de Lobeck.) En tout cas, tout est préférable à un mauvais mariage, Iphig. à Aulis, v. 749 sq.; surtout quand la femme est jalouse et orgueilleuse, Andromaque, v. 209 sqq. A mari timide, femme hardie, Aegée, fragm. 3. L’homme raisonnable n’épouse pas une femme pour sa richesse ou sa naissance, Electre, v. 1097 sqq. (Je ne crois pas à une interpolation et Nauck a tort); Mélanippe enchaînée, fragm. 602; Phaéthon, fragm. 776. Les nobles et les riches ont souvent une sotte à leur foyer, Slhénébée, fragm. 662. D’un homme juste et d’une femme perverse les enfants ressemblent plutôt à la mère et ne valent rien, Méléagre, fragm. 620. Si vous avez le choix, préférez l’honneur à l’argent, Ino, fragm. 4o5. La vraie richesse de la femme est l’amour de son mari,
1. F. F., 1062. Le sage épouse une femme de sa condition, Antiope, fragm. 214, et les pauvres gens ne se marient jamais qu’entre eux, Alexandre, fragm. 69. 11 ne faut jamais se remarier, surtout quand on a des enfants d’un premier lit. Il en est de même pour la femme, Alceste, v. 809 sq., v. 871 sqq., Troyennes, v. 667 sq., Dictys, fragm., 338, Phrixos, fragm. 824. L’adultère qui épouse sa complice est certain d’être trahi à son tour, Electre, v. 920 sqq. Enfin, pour finir : un mariage modeste, voilà ce qu’il y a de plus heureux, Mélanippe enchaînée, fragm. 5o3. On eût été surpris si Euripide n’avait pas fait, encore une fois, l’éloge de la médiocrité.