Ibid., Y. 747, cf. V
11. Paix, Y. 743 sqq. Ce qui n’empêche pas Polémos de donner (ibid., v. 256) un vigoureux souinel à son valet, mais Polémos est, par définition, un brutal qui a la main lourde.
pénibles travaux des champs, ceux surtout qui vivaient dans les mines étaient de vraies machines animées i, que ne protégeait contre la dureté de leurs possesseurs aucune loi humaine 2. Comme ils étaient les plus nombreux, car pour quatre ou cinq esclaves que contenait une maison ordinaire^, il y avait déjà, vers la fin du v” siècle, des fabriques où on les comptait par centaines^, et dans les mines de plomb argentifère, ils étaient des milliers, la condition générale de l’esclave était bien telle que nous le dit Euripide : la mort était préférable à la servitude.
Cependant, ce n’est jamais l’ouvrier ni le mineur qu’il nous présente : son art le lui interdit. Il se contente de nous rappeler les mille besognes auxquelles étaient occupés les esclaves, hommes ou femmes, soit dans les maisons de la ville, soit même dans les métairies où il nous conduit. Car il a mis des esclaves dans toutes ses pièces, et ils les remplissent de leur activité le plus souvent silencieuse.
Ils étrillent les chevaux 5, les surveillent 6, les font sortir des écuries 7, les y ramènentS; ils tirent les chars des hangars 9, les déchargent 10, aident les femmes à en descendre n, portent les bagages 12 ; Us conduisent les chiens au chenil et portent les ustensiles de chasse Us nettoient la maison, la balaient, y jettent de l’eau en ratissent les alentoursiS ; Us réunissent les troupeauxi6, les font paîtrei?, remplissent
1. Aristote, Morale à Nicomaque, VIII, i3, 1161 B : 6 yàp ôoOXoç efX'Luxov opyavov.
2. La vie de l’esclave ne compte pas. Cf. Andromaque, v. 88 sq. Cependant Athènes avait fait une loi qui permettait de poursuivre le meurtrier d’un esclave. Il y est fait allusion dans VHécube, v. 291 sq.
3. P. Guiraut, La propriété foncière en Grèce jusqu’à la conquête romaine, p. 167 sqq., évalue à environ 90,000 personnes de condition libre la population de l’Attique au v' et au IV” siècle, et, d’après l’historien Ctésiclès, en 309 av. J. -G., les esclaves n’étaient pas moins de 4oo,ooo.
4. Dans la fabrique d’armes de Céphalos, père de Lysias, les esclaves étaient au nombre de 120. Contre Ératosthène, 19.