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B. HAMBOURG. VUE AÉRIENNE SUR LE CENTRE DU PORT ET LA VILLE

Au premier plan, chantiers de construction « Deutsche Werft « . Au second plan, chantiers « Blohm & Voss ». Vorhafcn avec ses bassins. Au fond, la vieille ville, Sandhafen, etc. (voir le plan, flg. 72).

G. U., t. IV, Pl. LX.

PORTS ET GRANDES VILLES DE LA PLAINE DU NORD

Hambourg n'a pas seulement à compter avec la concurrence des ports allemands voisins, comme Brème et Emden, mais surtout avec celle de Rotterdam et d'Anvers, favorisés, l'un, par le Rhin, l'autre, par les tarifs de chemins de fer. Son hinterland ne peut guère être étendu au delà de la Thuringe et de la Bohême vers le Sud-Ouest, tandis que Stettin lui dispute l'Oder et la Silésie. Hambourg n'en reste pas moins le premier port allemand et semble devoir reprendre sa situation prééminente sur la mer du Nord. C'est en même temps une véritable ville mondiale, oii le commerce et l'industrie font vivre une population de plus d'un million d'habitants.

Depuis longtemps l'agglomération a débordé hors de l'enceinte de la vieille ville hanséatique, encore marquée par des canaux en partie couverts. L'industrie s'est portée vers l'Est, vers Saint-Georges, où les canaux se ramifient entre les blocs rectangulaires, tandis qu'à l'Ouest les rues de Saint-Paul se soudent, sans respect de la frontière, avec celles de la ville prussienne d'Altona. Autour du bassin supérieur de l'Alster se déroulent les parcs, et les villas remontent la petite vallée jusque sur le plateau. La vieille ville est devenue une Cité, aussi bourdonnante que celle de Londres pendant le jour, aussi morte dès que le soir tombe, avec ses magasins et ses bureaux, ses ruelles étroites débouchant sur les canaux de la Fleete, ses vieilles maisons conservées ou restaurées çà et là, et ses bâtisses modernes colossales, abritant, à l'américaine, des milliers d'offices. La grande masse des travailleurs habite de plus en plus loin du centre et du port. Un métropolitain aérien l'emporte vers les quartiers du Nord, qui égrènent leurs petites maisons ; un tunnel passant sous l'Elbe voit défiler matin et soir, dans son double boyau, des armées d'ouvriers et des files interminables de voitures, qui descendent et remontent aux deux extrémités par de vastes ascenseurs.

L'afïlux de population n'a pas cessé, et on a continué pendant la guerre à bâtir cinq mille immeubles. Avec Altona, Hambourg comptait, en 1926, 1 264 000 habitants. La ville libre seule dépasse le million (1 075 000), ayant gagné plus de 100 000 âmes depuis 1910. C'est toujours une République libre, administrée par son Sénat, ayant son budget et sa police propres, fière d'avoir dépensé plus d'un demi-milliard de marks pour son port, de dépenser encore sans compter pour l'instruction publique et l'hygiène, pour son Université, pour son Académie coloniale et ses musées, qui valent une visite. Cette ville et ce port d'importance mondiale respirent la force, avec une vie ardente, mais plutôt triste.

Brème et Emden. — L'estuaire de la Weser a vu naître, avant celui de l'Elbe, un port et une place de commerce. Brème a été, sous son évêque, une métropole pour les pays Scandinaves encore barbares, et, devenue ville libre hanséatique, a disputé à Hambourg la prééminence. Des efforts énergiques y ont été déployés pour lutter contre des conditions naturelles défavorables. Si Hambourg est à 80 kilomètres de la mer, et Brème seulement à 60, l'estuaire de l'Elbe est bien plus large que celui de la Weser, le courant de chasse des marées et le débit du fleuve y entretiennent naturellement un chenal plus profond. Les dragages n'ont pu, pendant très longtemps, donner sur la Weser que 5 m. 50 en hautes eaux, et, tandis que Cuxhaven ne sert vraiment qu'à accélérer les relations en prolongeant de 80 kilomètres le parcours sur rails, Bremerhaven est pour Brème un organe essentiel, un avant-port seul capable d'accueillir

L ALLEMAGNE

FiG. 73. — I,e port de Brème.

1, Jardins et parcs. — Dans Je plan, les chiffres romains et. les lettres désignent : I, II, III, Les anciens bassins ; — H F, Bassin Industriel et aux Bois {Holz und Fabrikhafen) ; — W H, Bassin du Chantier de construction navale [Werfiliafen] ; — A, B, C, D, E, F, G, La série des nouveaux bassins en aval de la ville. — Échelle, 1 : 55 000.

les plus gros tonnages. Les conditions des relations avec l'intérieur sont aussi moins favorables. La Weser n'a pas le débit de l'Elbe, et la navigation y est arrêtée plus longtemps. Au lieu de venir de régions aussi riches que la Saxe, la Thuringe et la Bohême, elle descend des plateaux forestiers de la Haute- Hesse, et ce n'est que dans son cours moyen qu'elle traverse une bande de fort peuplement, correspondant aux chaînons et aux campagnes à sol de lœss du Hanovre.

La liaison avec le Rhin et la Ruhr est, il est vrai, plus facile que pour Hambourg et a été récemment réalisée par la section Ems- Weser du Mittellandkanal ; mais un courant avait déjà été créé au profit d'Emden par le canal Dortmund-Ems (voir fig. 86, p. 355).

Brème se défend pourtant vaillamment. Il avait paru abdiquer, en reportant le terminus de la navigation océanique à Vegesack au xvii^ siècle et à Bremerhaven au début du xix^ siècle. Mais, depuis, plus de 100 millions ont été dépensés pour créer un chenal dont la profondeur permet à marée haute l'accès des navires calant jusqu'à 8 mètres. Les installations du port sont les plus modernes.

Aux trois longs bassins ouverts obliquement sur la Weser et nettement spécialisés, est venu s'ajouter, à l'aval, un groupe de nouveaux bassins pourvus d'écluses assurant 9 mètres de fond (fig. 73, pl. LXI). Les élévateurs, avec leurs suceuses vidant en quelques heures un cargo de 10 000 tonnes, sont supérieurs à ceux de Hambourg. Les docks du coton ne sont pas moins remarquables. Pour les émigrants, de vastes bâtiments ont été élevés sur un terrain spécial.

Bremerhaven lui-même est plus qu'un avant-port ; ses trois Kaiser-

l'Iuil. Aliouuc Chemins lie l'ei- alieiiiands, Paris

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