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DE LA VIE ÉCONOMIQUE

que les engrais chimiques lui permettent d'obtenir des bonnes terres limoneuses. Parmi les États européens, seule la Tchécoslovaquie approche des 10 millions de tonnes qui représentent la récolte allemande et des 15 millions de quintaux de sucre brut qui en sortent. Encore ces chiffres, qui sont ceux de 1925, n'ontils pas rejoint ceux de 1913, où la production du sucre brut avait atteint 22 millions de quintaux. Cette masse sort d'un nombre limité de raiïinerics : 259 en 1925. La moitié se trouvent dans les provinces de Saxe et de Silésie, qui livrent, à elles seules, 51 p. 100 du sucre, alimentant, non seulement la consommation des grandes villes, mais l'exportation par Hambourg.

C'est encore l'agriculture qui fournit la matière première des distilleries d'alcool, au nombre de près de 40 000. Leur production varie de 1 million et demi à 2 millions d'hectolitres, suivant la récolte de pommes de terre, car on brûle surtout les pommes de terre gâtées. Aussi ne doit-on pas s'étonner de voir la Poméranie et le Brandebourg donner près de la moitié du total d'alcool (47 p. 100).

Les industries du bois et du papier. — Elles jouent encore en Allemagne un rôle important. Elles occupent plus de personnes que l'alimentation et que les industries du vêtement (1 500 000), avec une augmentation d'un tiers depuis 1907. En dehors du papier, les multiples transformations du bois exigent elles-mêmes un nombre d'ouvriers supérieur de 23 p. 100 à celui du début du xx^ siècle. La machine ne peut remplacer ici que partiellement la force et l'habileté humaines. C'est seulement pour les scieries que la proportion s'élève à 3 CV par ouvrier. Les progrès les plus marqués sont dans la charpente et la fabrication des meubles, dont l'essor répond à l'augmentation rapide de la population des villes et aux habitudes de confort qui s'y sont généralisées. La moitié des ouvriers du bois et le tiers de la force motrice y sont employés. On ne s'étonne pas de voir les pays forestiers du Sud à la tête du mouvement, avant tout la Bavière, qui a la moitié des ouvriers du meuble et les deux tiers des carrossiers. La Saxe vient ensuite, puis la Province Rhénane.

Il est des fabrications très finies oîi l'habileté de l'homme confère à la matière une valeur exceptionnelle et pour lesquelles certaines régions ont depuis longtemps une réputation méritée, celle des jouets notamment et celle des instruments de musique. La main-d'œuvre qu'elles réclament n'est pas négligeable : 64 000 personnes pour la lutherie, 55 000 pour les jouets, ce qui représente une augmentation de 35 et de 50 p. 100 depuis 1907. Le travail à domicile prévaut, avec un large emploi du personnel féminin, surtout pour les jouets, dont les montagnes de Thuringe ont la plupart des ateliers. Ce sont encore de petites fabriques qui manufacturent les instruments de musique, et la plupart sont, comme on l'a vu, dans les montagnes hercyniennes. La Saxe seule en a les deux tiers, surtout dans l'Erzgebirge et le Vogtland. Mais les grandes villes attirent aussi une industrie qui est particulièrement à sa place dans un pays épris d'harmonie, même si elles sont en plaine, comme Leipzig et Berlin. La capitale du Reich y occupe à elle seule 12 000 ouvriers, autant que le Wurtemberg et la Thuringe ensemble.

La fabrication du papier et les industries qui en dérivent, jusqu'aux impressions les plus soignées, prennent une place de plus en plus grande : le nombre des ouvriers qui s'y consacrent atteignait 570 000 en 1925, dépassant de 50 p. 100 celui qu'on enregistrait en 1907. Là encore il s'agit de fabrications auxquelles

L'ALLEMAGNE

une main-d'œuvre hautement spécialisée confère des valeurs très grandes et qui, liées encore au voisinage de montagnes forestières pour les premiers stades du dégrossissement de la matière, se portent vers les grandes villes, centres intellectuels et commerciaux, pour les stades plus avancés. Cependant, c'est un État des montagnes hercyniennes qui y tient la première place : en Saxe sont groupés le tiers des ouvriers produisant le papier, les deux cinquièmes de ceux qui sont engagés dans l'impression et le tiers des ouvriers occupés à la reproduction. Mais, pour cette dernière catégorie, la Saxe le cède à Berlin, qui emploie plus de 40 000 personnes.

Ainsi, toutes les branches de l'activité industrielle ont pris dans l'Allemagne moderne un développement remarquable. Il n'en est presque aucune qui ne produise beaucoup plus que les besoins du pays. L'énorme stock de produits ouvrés qui sort des usines et des ateliers chaque année doit s'écouler sous peine d'étouffer le marché allemand. Toute l'économie du Reich suppose donc une organisation perfectionnée des transports, un commerce intérieur doué des organes les plus souples, et un commerce extérieur puissant. C'est bien ce qu'on a cherché à réaliser, comme nous allons essayer de le montrer.

BIBLIOGRAPHIE

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