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CHAPITRE XXI

LE COMMERCE ALLEMAND

Un des signes les plus clairs de l'importance du commerce dans la vie de l'Allemagne nous est donné par le recensement professionnel de l'année 1925, qui, moins de dix ans après la guerre la plus terrible et la crise économique la plus menaçante, enregistre un million d'entreprises commerciales, employant 3 200 000 personnes. C'est dire qu'il y a plus d'un vendeur pour 4 producteurs industriels. Le quart de ce personnel est engagé dans le commerce de gros. Les banques elles-mêmes ont un personnel considérable : 227 000 employés. Mais les plus forts contingents sont ceux du commerce des textiles et de l'alimentation : 13 et 15 p. 100 du commerce de gros, 13 et 30 p. 100 du petit commerce. C'est à vêtir et nourrir les masses de plus en plus compactes des populations urbaines que servent surtout les légions de petits et de moyens commerçants, et c'est sur la satisfaction de ces besoins élémentaires que repose surtout l'activité des échanges intérieurs. Mais ceux-ci bénéficient des échanges avec l'étranger, qui exigent encore plus impérieusement qu'eux des facilités de circulation.

On remarque que le tiers du personnel commercial est employé dans les chemins de fer, les postes et la navigation, proportion considérable, qui indique clairement le rôle des communications dans un organisme économique en plein rendement. Rien n'est négligé pour assurer le déplacement rapide des matières et des produits ouvrés. La guerre même et ses suites n'ont pas arrêté le perfectionnement de l'outillage. Les pertes en matériel roulant ont été rapidement réparées, de même que celles de la batellerie. Le personnel et les salaires ont été augmentés. En 1925, on peut dire que les facilités de circulation des biens sont plus grandes qu'en 1913. Le mot de Verkehr semble dans ce pays un mot magique qui ouvre toutes les caisses. Il y a là vraiment une nécessité vitale. Comment nourrir les hauts fourneaux, sans le minerai qui vient de l'étranger, la métallurgie de transformation, sans les fers bruts produits en surabondance dans la Ruhr, les métiers, sans le coton et la laine qui arrivent de plus loin, les confections des grandes villes, sans les fils et les étoffes, toute l'industrie en général, sans la houille qui anime les machines directement ou par l'intermédiaire des moteurs électriques ? Comment alimenter, au sens propre du mot, les masses ouvrières qui peuplent les villes congestionnées, sans pouvoir leur amener les grains et la farine en grande partie importés, les fruits et les légumes qu'on demande encore surtout à l'étranger, les pommes de terre récoltées dans les plaines du Xord-Est ? Comment pousser la production agricole elle-même,

L'ALLEMAGNE

sans lui apporter partout les engrais chimiques ? Comment distribuer enfin les marchandises, dont l'écoulement régulier est la condition essentielle de l'activité des usines, sans pouvoir les acheminer à bon compte vers les marchés intérieurs ou extérieurs ? On sent qu'un simple ralentissement de la circulation signifie la paralysie d'un organisme aussi complexe. Rien ne saurait donc étonner dans les soins donnés en Allemagne à l'appareil des voies ferrées et des voies d'eau.

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