III. — DIVISIONS GÉOGRAPHIQUES FONDAMENTALES
Une connaissance plus exacte du relief alpin et de son origine doit permettre de fixer les divisions géographiques fondamentales de la grande chaîne plus exactement que ne pouvaient le faire les anciens géographes. Oubliant les noms d'Alpes Grées, Cottiennes, Pennines, etc., voyons quelles sont les divisions qui s'imposent, quand on tient compte de la structure autant que des formes, sans négliger le climat lui-même, qui donne au paysage végétal sa tonalité.
Zones géologiques et contrastes orographiques. — La distinction des Alpes cristallines, des Alpes calcaires et des Alpes gréso-schisteuses, qui a constitué en son temps un grand progrès, mérite encore de retenir l'attention.
Les Alpes cristallines sont généralement les plus hautes et les plus massives. Le réseau hydrographique et l'ordonnance des crêtes y paraissent indépendants de la structure. L'empreinte du modelé glaciaire est dominante : arêtes déchiquetées par les cirques, vallées à gradins, verrous et bassins, profils en auge, replats, gorges et cascades sont les traits les plus frappants. Le relief étant plus élevé, le climat est plus rude.
Ce qu'on appelle la zone des Alpes calcaires est formé de couches sédimentaires où le calcaire alterne avec des schistes, grès et marnes. La variété des formes y est très grande, l'adaptation à la structure souvent très nette, au moins dans le détail, l'empreinte glaciaire généralement moins évidente. Les contrastes essentiels sont ceux qui s'observent entre les plateaux calcaires arides ou les crêtes ruiniformes et les dépressions verdoyantes, entre les vallées secondaires, ramifiées en suivant les bandes de roches tendres, et les vallées principales, dont l'approfondissement jusqu'au niveau de la zone des cultures fait des centres de peuplement et souvent même des sites de villes. Dans la zone gréso-schisteuse, le relief est partout plus ouvert, les vallées sont plus larges, les pentes plus douces.
La distinction des Alpes cristallines, calcaires et schisteuses conduit à une division en zones parallèles à l'axe de la chaîne. Mais les progrès des recherches géologiques ont montré que ces zones ne sont pas continues et s'entremêlent parfois. Le schéma : zone cristalline centrale flanquée de deux ailes calcaires et
L'image présentée ici offre plus et moins qu'une carte géologique. On a cherclio à y faire figurer ton tertiaire (Alpes et Carpates), avec leurs plis enracinés et leurs grandes nappes de charriage (représentées sche couverture secondaire est souvent modelée par l'érosion en côtes ; la grande plaine glaciaire du Nord, avec se; du Dniestr révèle déjà le bouclier russe ; enfin les plaines danubiennes, qui sont les plus vastes aires d'affais