‹ Europe centraleChapitre 14 sur 129 · B. LE RETIEZAT (CARPATES ROUMAINES · texte numérisé non relu

B. LE RETIEZAT (CARPATES ROUMAINES

Vue sur le grand cirque glaciaire de Bucura et la hvautc vallée de L^apuznic, â profil en auge A gauche, restes des sommets arrondis et crête due au développement d'un petit cirque.

G. V., t. IV, Pl. VIII.

LES CARPATES

ouvrant partout des bassins et ne laissant parfois debout que des massifs isolés, structure déjà plutôt balkanique ou méditerranéenne que proprement alpine. Partout la carte montre des vides, le blanc des plaines fait tache au milieu des reliefs ombrés. Le plus grand bassin est celui de Transylvanie, où les terrains néogènes voilent entièrement le substratum carpatique plissé. De nombreux petits bassins morcellent les montagnes d'où descendent le Vah, le Hernad et le Dunajec ; la Tatra elle-même, massif culminant des Carpates, apparaît comme un bloc presque complètement isolé.

L'affaissement le plus important est celui qui fait pénétrer la plaine danubienne au cœur même des Carpates, réduisant la largeur de la chaîne à 100 kilomètres. Vers Munkacevo et Uzliorod, on est étonné de voir la nappe alluviale s'étaler à 110-120 mètres. Par rapport à l'avant-pays galicien, plus élevé de 200 mètres, il y a là un véritable fossé, vers lequel convergent les eaux du Szamos (Somes), de la Tisza, de la Tobla et des deux Laborcza. La montagne, réduite à la seule zone du flysch, n'est plus elle-même qu'un bourrelet aisément franchissable, avec deux cols inférieurs à 600 mètres (Dukla, 502 m. ; Lupkow, 584 m.).

Ce morcellement des Carpates ne date pas d'hier. Leurs plis sont nés, en effet, dans la vaste zone où les géologues suivent, durant toute l'ère néogène, l'extension d'une sorte de Méditerranée primitive, chapelet de mers sarmaiiqiies, progressivement changées en lacs et comblées, dont la Caspienne et la mer d'Aral sont les seuls restes actuels, dont les plaines danubiennes dessinent la pénétration ancienne au cœur même de l'Europe centrale. Les bassins des Carpates ont, la plupart, été jadis des lacs ou des golfes (fig. 14, p. 58, et 15, p. 59).

On peut penser que le morcellement a été facilité par l'étalement des plis carpatiques, dont la courbure est bien plus prononcée que celle de l'arc alpin. Elle est si forte que la corde supposée tendue de Bratislava à Bazias n'atteint pas 500 kilomètres, guère plus du tiers de la longueur de l'arc lui-même. La flèche pointée vers le Nord-Est marque l'extension de l'aire d'affaissement de la plaine danubienne, qui vient rompre presque totalement la chaîne carpatique près de Munkacevo.

Nous voyons là un trait géographique fondamental et le principe même d'une division évidente des Carpates en deux masses distinctes.

Carpates du Nord-Ouest et Carpates du Sud-Est. — On peut en effet opposer, trait pour trait, les caractères des Carpates au Nord et au Sud de cet étranglement. C'est au Nord que se trouve le point culminant (Tatra), mais c'est au Sud qu'est le massif le plus homogène avec la plus forte altitude moyenne (Alpes de Transylvanie). Une vaste dépression centrale est le trait dominant au Sud : c'est le bassin tertiaire de Transylvanie. Nous trouvons, au contraire, au Nord, le centre de la masse occupé par de nombreux petits bassins, reliés par des rivières, dont les cours affrontés dessinent des arcs concentriques. Au Nord, le volcanisme est strictement limité à la bordure de la plaine danubienne ; il est partout dans la masse carpatique méridionale, même dans le Bihor. La zone du flysch est continue sur presque tout le bord externe des Carpates, mais les massifs cristallins sont discontinus du côté du Nord ; au contraire, du côté du Sud, nous avons le seul grand massif cristallin qui rappelle les Alpes, long de 250 kilomètres des Portes de Fer à la Prahova, mais la zone du flysch s'évanouit sur ses bords.

l'europe centrale.

Tous ces contrastes n'ont pas échappé aux géographes, et l'on distingue généralement deux parties dans les Carpates, mais on parle communément de Carpates orientales et Carpates occidentales, comme si la différence de latitude ne l'emportait pas de beaucoup sur la différence de longitude. Il semble qu'on ait été entraîné par l'analogie avec les Alpes, dont le grand axe est dirigé de l'Est à l'Ouest.

En réalité, tous les contrastes du climat et de la végétation entre les deux moitiés des Carpates indiquent plutôt, d'un côté, le Nord et, de l'autre, le Sud. Les isothermes n'ont plus le tracé Nord-Sud caractéristique des parties de l'Europe disputées entre les influences océaniques et les influences continentales, mais se rapprochent du tracé Est-Ouest, qu'on observe dans le Sud de la Russie (fig. 1, p. 7). Aucune progression vers la sécheresse, de la Galicie à la Transylvanie. Sur la carte des pluies que l'on peut dresser pour toute la région carpatique, ce qui apparaît clairement, c'est une abondance plus grande des précipitations du côté du Sud-Est, — due certainement aux altitudes moyennes plus élevées, — la sécheresse du bassin de Transylvanie et celle du golfe de plaine danubienne de Munkacevo (fig. 2, p. 9).

Le caractère septentrional de la masse carpatique du Nord-Ouest, s'opposant au caractère méridional de celle du Sud-Est, est évident si l'on considère les limites d'altitude. Il est possible d'esquisser une carte de la limite moyenne de la forêt (flg. 10) ; on y voit que la végétation alpine commence vers 1400 à 1 500 mètres dans la Tatra, vers 1300 mètres dans les Beskides ; tandis que les arbres montent, en moyenne, jusqu'à 1600-1700 mètres dans le Bihor, 1 700 à 1 800 mètres dans les Alpes de Transylvanie. La limite des neiges éternelles reste actuellement partout au-dessus des plus hautes cimes ; mais on peut essayer de la fixer pour le Quaternaire, d'après les nombreuses observations publiées sur les anciens glaciers. Ces glaciers étaient beaucoup plus considérables au Nord-Ouest qu'au Sud-Est. Ceux de la Tatra dépassaient les dimensions des plus grands glaciers des Alpe sactuelles et débordaient hors des vallées sur les bassin voisins ; la limite des neiges éternelles devait alors être descendue vers 1 600 mètres. Dans les Alpes de Transylvanie, les glaciers du Negoï n'ont pu atteindre la plaine de Fogarash, pas plus que ceux du Retiezat, la plaine de Hatzeg, ou ceux du Paringu, le bassin de Petrosheni ; la limite des neiges éternelles était voisine de 1 900 mètres (fig. 10).

Tout révèle d'ailleurs, dans l'aspect de la flore et des cultures, le caractère septentrional des Carpates au Nord de l'affaissement de Munkacevo. La forêt de conifères y descend jusqu'à la plaine de Galicie dans les Beskides, tandis que ce sont des taillis de chênes qui couvrent les pentes inférieures des Carpates au-dessus de la plaine valaque.

Les céréales ne dépassent guère 600 mètres en Pologne et en Tchécoslovaquie ; on les trouve couramment à 800 mètres en Transylvanie, parfois jusqu'à plus de 1 000 (Poïana Rusca, Bihor). La vigne est inconnue dans les vallées affluentes de la Vistule et n'apparaît que sur les pentes sèches, exposées au Sud, des montagnes volcaniques qui bordent la plaine hongroise ; on la trouve presque partout autour de la Transylvanie, au contact du Bihor avec la plaine, dans les dépressions subcarpatiques d'Olténie et tout du long du glacis des Carpates de Munténie et Moldavie.

Tout confirme l'opposition entre les deux masses carpatiques, séparées par

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l'affaissement de Munkacevo. Mais les contrastes révélés par l'analyse géographique sont ceux de pays situés au Nord et au Sud, non de régions occidentales et orientales.

Il est curieux de remarquer que le peuplement est différent dans les deux régions. Quelles qu'aient pu être les conditions avant le grand remous de peuples du début de l'ère chrétienne, on constate actuellement que les Slaves occupent toute la montagne au Nord de la trouée de Munkacevo, les Hongrois s'insinuant seulement dans les bassins largement ouverts sur la plaine danubienne, tandis

20° E Gr. 5*^ 28* Z0° E Gr 20^ 28^

FiG. 10. — Altitude moyenne de la limite de la forêt actuelle (à gauche) et de la limite des neiges étemelles pendant la période glaciaire (à droite) dans les Carpates. Les chiffres indiquent des hectomètres (17 = 1 700 mètres). — Échelle, 1 : 12 500 000.

que les Roumains forment l'immense majorité de la population au Sud, dominant toujours exclusivement dans les massifs élevés. Il semble qu'on puisse parler de Carpates slaves et de Carpates roumaines, aussi bien que de Carpates du Nord-Ouest et de Carpates du Sud-Est.

Divisions principales des Carpates du Nord-Ouest. — Les frontières politiques ont varié dans les Carpates jusqu'aux dernières années. Si presque toutes les Carpates du Sud-Est ont fini par revenir à la Roumanie, les Carpates du Nord-Ouest sont partagées entre la Pologne et la Tchécoslovaquie, suivant l'ancienne frontière de la Galicie et de la Hongrie, qui errait de crête en crête, sans respect pour la structure géographique. Aussi est-il nécessaire de définir ici les grandes régions naturelles.

Dans les Carpates du Nord-Ouest, on cherche vainement, sur la carte, des lignes directrices, et le trait le plus frappant est le morcellement. Un seul contraste vraiment net mérite d'être retenu : celui d'une zone externe formée par le flysch, qui se déroule de la Morava à la Wisloka, et d'une masse interne qu'elle enveloppe (fig. 11) . D'un côté, la carte montre une suite monotone de chaînons, dont l'orientation suit régulièrement la courbure de l'arc, et qui atteignent à peine en moyenne la hauteur des Vosges ; de l'autre, c'est un dédale de sommets et de dépressions, dont l'aspect, la structure, l'altitude semblent n'obéir à aucune

Géogkapbie universelle. — Europe centrale, I. 6

l'europe centrale.

loi : à côté des crêtes alpines de la haute Tatra (2 700 m.), les bosses arrondies de la Matra ou du Mincol ; à côté de granités et schistes anciens, des massifs de calcaires d'âge secondaire ; le flysch lui-même ne fait pas défaut, et la carte montre de larges taches de formations volcaniques.

Les géologues ont fini cependant par reconnaître partout une tectonique alpine, depuis que Lugeon a révélé les charriages de la haute Tatra. Ce sont des nappes superficielles, venues du Sud, qui ont formé toute la zone externe des Beskides ; la mosaïque géologique de la zone interne est due à l'empilement de nappes plus profondes, semblables à celles des Alpes orientales, qui ont dû se bosseler pour escalader de vieux massifs comme celui de la Tatra, comparable aux massifs centraux des Alpes. On distingue une zone des « klippes », que le Dunajec traverse en des gorges pittoresques, où des masses calcaires pointent au milieu de couches diverses, broyées et mélangées (pl. VII, A). La mise en place des nappes de la zone interne est relativement ancienne ; les géologues semblent d'accord pour admettre qu'elle était déjà réalisée au Crétacé. C'est seulement à l'Oligocène que les nappes externes du flysch se sont avancées jusqu'à déferler sur la plate-forme hercynienne des Sudètes, et à ce moment l'édifice des nappes internes commençait à montrer des lézardes ; son morcellement devait se poursuivre pendant tout le Néogène.

Ainsi la considération de la structure géologique restitue leur unité aux Carpates du Nord-Ouest, mais accentue aussi, en l'expliquant, l'opposition des caractères géographiques des deux grandes régions.

La zone externe, ou zone du flysch beskidique, apparaît si monotone que seule une description régionale détaillée y peut révéler des contrastes. La zone interne, au contraire, montre une infinité de petites unités, plaines ou bassins, montagnes ou hauts plateaux (pl. VII) ; cependant il existe un contraste général et systématique entre les parties vraiment centrales, dont les deux Tatras représentent les points culminants, et les régions touchant à la plaine danubienne. Vers le Sud, l'Est et l'Ouest, les altitudes absolues et relatives des blocs montagneux s'abaissent, les formes alpines disparaissent, les bassins deviennent des couloirs largement ouverts sur la plaine ; en même temps, le volcanisme prend de plus en plus d'importance. Il semble que le morcellement de l'édifice carpatique soit accentué par un ennoyage général. A ces différences de structure s'ajoutent des contrastes de climat : dans les Tatras et les bassins voisins, tout rappelle le Nord ; le souffle des steppes baigne au contraire le couloir du Vah (Waag), comme celui de Nograd, le lœss monte sur les pentes de la Matra, et la vigne garnit les versants des montagnes de Kosice.

Il paraît donc indiqué de distinguer une région tatrique centrale, vrai pays de montagne, et des massifs et couloirs périphériques. La frontière hongroise actuelle est tracée à travers la région d 'ennoyage, où le peuplement magyar a réussi à prendre pied. Tout le reste forme la Slovaquie, unie à la Bohême dans l'État tchécoslovaque, sauf un coin du versant Nord de la Tatra, qui a toujours dépendu de la Galicie et appartient à la Pologne.

Beskides orientales. — La section de l'arc carpatique où l'affaissement n'a laissé subsister que la zone du flysch devrait être plutôt rattachée aux Carpates du Nord-Ouest qu'aux Carpates du Sud-Est. Les atlas lui donnent souvent le nom de Beskides orientales, qui rappelle leur parenté de structure avec

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les Beskides propres. Par suite de la disparition totale de la zone interne afTaissée, les massifs volcaniques qui apparaissent au bord de la plaine danubienne (Vihorlat, Holica), se trouvent ici accolés au bord des plis de flysch.

La frontière de la Hongrie et de la Galicie a suivi pendant des siècles la ligne de partage des eaux, établie sur les croupes gréseuses arrondies, et cette région reste encore aujourd'hui partagée entre la Pologne et la Tchécoslovaquie.

lO'l.Gr. 24° 28°

FiG. 11. — Structure et divisions principales des Carpates.

1, Chaînes de flysch gréseux ; 2, Chaînons ou collines des plis précarpaliques (Néogène) en Roumanie ; 3, Massirs anciens avec couverture de terrains secondaires plus ou moins disloqués et nappes de charriage prétertiaires ; 4, Même structure formant des massifs de plus de 2 000 mètres d'altitude, avec modelé glaciaire ; 5, Régions Ccdeaires karstiques assez étendues ; 6, Principales zones de i klippes » (lambeaux de poussée charriés, avec masses calcaires généralement dégagées par l'érosion des couches schisteuses ou gréseuses plus ou moins broyées qui les enveloppent) ; 7, Tertiaire non plissé modelé par l'érosion en collines ; 8, Plaines et terrasses quaternaires ; 9, Massifs volcaniques tertiaires. — Échelle, 1 : 7 500 000.

Il est difficile de fixer une limite aux Beskides orientales vers le Sud-Est. Peu à peu les crêtes gréseuses s'élèvent, et l'on passe aux hautes chaînes de la Bukovine. Région de transition, sans originalité très marquée, les Beskides orientales doivent à leur faible altitude d'être aisément franchies. Les mêmes cols qui ont laissé passer les hordes magyares, il y a douze siècles, ont vu, lors de l'offensive russe sur la Galicie en 1915, passer les avant-gardes cosaques dont l'apparition dans la plaine fit un moment frissonner Budapest. Les Carpates s'évanouissent presque ici, on touche à un point sensible de la chaîne.

Structure et divisions principales des Carpates du Sud-Est. — Les traits généraux des Carpates du Sud-Est ou Carpates roumaines s'imposent au premier coup d'œil jeté sur une carte d'ensemble : l'arc montagneux est continu.

l'europe centrale.

\ugoureusement bandé vers l'Est, légèrement tordu à son extrémité méridionale, qui touche les Balkans. Il enveloppe le bassin de Transylvanie, que le massif du Bihor isole de la plaine hongroise. Le dispositif des Carpates du Nord-Ouest semble s'être élargi : au lieu d'une mosaïque de petits massifs et de petits bassins, le morcellement de la zone interne s'est traduit par une vaste dépression, où les montagnes disparaissent à l'horizon ; c'est sur 150 kilomètres de large que les dépôts tertiaires, commençant dès l'Éocène, voilent toute la structure carpatique. Mais l'affaissement des plaines du moyen et du bas Danube est allé plus loin et a laissé la plaine transylvaine suspendue à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de base. L'assaut de l'érosion l'a découpée en collines, et les affluents de la Tisza y disputent le drainage à ceux du Danube valaque. S'il est une chose qui puisse ^étonner, ce n'est pas l'avantage des premiers (Maros [Mures] et Szamos), favorisés par de larges portes ouvertes dans la barrière montagneuse occidentale, au Nord et au Sud du Bihor, mais la persistance héroïque des seconds (Jiu, Oltu, Buzeu), obligés de scier en gorges sauvages une barrière beaucoup plus haute et plus continue.

Cette continuité de l'arc externe des Carpates roumaines cache une structure singulièrement complexe, se traduisant par des aspects très différents au Sud, à l'Est et au Nord-Est. Il ne s'agit plus d'un ruban uniforme de chaînes de flysch, comme dans les Beskides. Les plis gréseux se continuent bien jusqu'à la Bukovine, la Moldavie et même la Valachie orientale ou Munténie, s'exaltant jusqu'à donner des cimes de 2 000 mètres de haut et dressant toujours au-dessus des plaines ou des collines un front de hauteurs forestières ; mais ce n'est guère qu'en Moldavie qu'ils forment tout le bourrelet montagneux. L'édifice carpatique est plus complet dans la région des sources de la Tisza et du Seret, et, derrière le rideau des chaînes du flysch, on découvre un massif cristallin, dont les cimes, dépassant 2 300 mètres, sont découpées de cirques glaciaires, précédé de crêtes ou massifs calcaires abrupts. Les géologues reconnaîtront certainement ici un jour les nappes internes des Carpates du Nord-Ouest. Le relief est resté compact dans toute la région correspondant au Maramures, à la Bukovine et à l'extrémité Nord de la Moldavie.

Il est plus massif encore au Sud-Ouest. Depuis les cols faciles qui font communiquer le haut Oltu avec la plaine valaque, Brasov avec Ploiesti et Câmpulung, les Carpates dressent au-dessus de la Valachie une muraille formidable, dont les percées sauvages de l'Oltu et du Jiu font ressortir encore la continuité. Le nom d'Alpes de Transylvanie se justifie par la fréquence des hauts sommets dépassant 2 500 mètres, découpés par les cirques glaciaires en arêtes étroites, et par l'extension de ces hauts reliefs surtout sur le sol du pays transylvain. Mais le Banat comprend presque toute l'extrémité Sud-occidentale de cette masse ; le nom du Banat devrait donc être associé à celui de la Transylvanie. Nulle part n'existe dans les Carpates un bloc aussi homogène, presque entièrement formé de roches cristallines anciennes ; nulle part les surfaces supérieures à 1 500 mètres ne sont aussi étendues (pl. VIII, A et B).

Ainsi, on doit distinguer, dans les Carpates du Sud-Est, un Massif transylvain-bana tique et un Massif de Maramures-Bukovine, tous les deux remarquables par leurs hautes altitudes et leur structure complexe qui comprend tous les éléments de l'édifice tectonique carpatique ; une zone des chaînes de fl^^sch moldaves rappelant les Beskides ; le Bassin de Transylvanie, région de collines

LES CARPATES

sculptées par l'érosion dans une dépression à laquelle l'affaissement des plaines voisines a donné une altitude relative de 400 mètres ; enfin le Massif du Bihor, de structure presque aussi complexe que le massif bukovinien, moins élevé cependant, plus compact et qui doit beaucoup de caractères originaux à sa position en bordure de la plaine pannonique.

BIBLIOGRAPHIE

Carpates du Nord-Ouest. — Structure : Uhhg, Bau und Bild der Karpaten (dans Bau iind Bild Œsterreichs, Vienne, 1903), est une synthèse encore utile, mais qui n'est plus au courant. Uhligs' est rallié aux charriages indiqués par Lugeon, en leur attribuant même une importance exagérée, dans Ueber die Tektonik der Karpaten (SzVzung^sôerfc/i/e der k. k. Akademie der Wissenschaften, Mathem. naturwissenschaftliche Klasse, CXVI, A±»t. 1, 1907). — Derniers travaux d'ensemble : J. Nowak, Zarys tektoniki Polski, Cracovie, 1927. — B. Swiderski, Nouvelles données sur la tectonique des Carpathes orientales polono-roumaines (Bull, de l' Académie polonaise des Sciences et Lettres, Cracovie, 1925).

Sculpture d'érosion : L. Sawicki, Die jiingeren Krustenbewegungen in den Karpaten (Mitteilungen der Geologischen Gesellschaft, Wien, II, 1909, p. 81-117), reste l'essentiel. — Voir aussi Fr. Machats- CHEK, Landeskunde der Sûdeten und West-Karpaten Lànder, Berlin, 1927.

Carpates du Sud-Est. — Structure : Uhlig, ouvr. cité, pour la Bukovine et la Transylvanie est encore utile. Les idées ont été renouvelées par G. M. Murgoci, L. Mrazec et I. P. Voïtesti (charriages), dont les mémoires seront cités plus loin (VIII"^ partie, La Roumanie). L'aperçu le plus récent a été donné par I. P. Voïtesti, Aperçu général sur la géologie de la Roumanie (Synthèse des Carpates actuelles) (Annales des Mines de Roumanie, IV, 1921, p. 751-821, cartes tectonique et géologique).

Évolution géographique et divisions : Emm. de Martonne, Recherches sur l'évolution morphologique des Alpes de Transylvanie, Paris, 1907 (résumé de la structure également); Résultats des excursions de l'Institut de Géographie de Cluj en 1921, Bucarest, 1923 ; Principe d'une division des Carpates (Compte Rendu du Congrès des Géographes slaves, Varsovie, 1926).

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