L'ÉTAT ET LE PEUPLE
L'Empire allemand, Deutsches Reich, date de 187L L'union du royaume de Prusse avec les royaumes de Bavière, de Wurtemberg et de Saxe, auxquels se joignaient toutes les principautés, souvent enchevêtrées, de la zone hercynienne, formait un État fédéral, ayant à sa tête un empereur, le roi de Prusse. Avec l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, détachées de la France au traité de Francfort, c'était un bloc de 540 858 kilomètres carrés. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, en a retranché l'Alsace-Lorraine, rendue à la France ; les terres polonaises de l'Est (Posnanie, couloir de la Vistule) avec l'État libre de Danzig, le territoire lithuanien de Memel ; les petits districts d'Eupen et Malmédy, dans l'Ardenne, cédés à la Belgique ; enfin, à la suite de plébiscites, le Nord du Slesvig, peuplé de Danois, et le Sud de la Haute-Silésie, foncièrement polonais. Il en a distrait encore un « Territoire de la Sarre », placé sous l'administration de la Société des Nations jusqu'à un plébiscite qui doit avoir lieu en 1935 (fig. 30).
Rejetant sa dynastie, l'Allemagne est devenue une République fédérale, dont la capitale et les administrations centrales restent à Berlin. Malgré la perte de 72 000 kilomètres carrés, la République allemande est encore la plus grande puissance territoriale de l'Europe centrale, s'étendant sur 468 746 kilomètres carrés. Elle est aussi la plus peuplée, avec 62 410 619 habitants (1925) et une densité moyenne presque double de celle de la France : 133 habitants au kilomètre carré.