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E.GP. B

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FiG. 39. — Structure et régions naturelles du Massif Schisteux Rhénan.

1-7, Maiîsif li<Tcynif-n : I, La pénéplaine du Massif Schisteux Rliénan (plateaux de Dévonien scliisteux, d âge surtout tertiaire, mais pouvant comprendre des éléments plus anciens) ; 2, Hauteurs dominant le plaleau, formées de roches ré- (étantes ; 3, Hauteurs dues à des déformations de la pénéplaine ; 4, Hauteurs .^nuvcrlcs de résidus volcaniques ; 5, Collines de schistes et ?rès 'arbonifèrcs (en saillie sur le Dévonien du côté de la Ruhr) ; 6, Collines de Permien argilo-ijréseux ; 7, Collines de Permien ar;.HIo-?réseux, avec massifs éruptits. — 8-10, Couverture secondaire du massif hercynien : 8, Plateaux de grès du Trias inférieur ; 9, Trias et Lias mamo-calcaires ; 10, Crétacé (sables à Aixrla-Chapelle, marnes ailleurs). — 11, Collines tertiaires 'ar/iles et sables) et hautes terrasses du Rhin. — 12, Terrasses inférieures. — 13, Buttes volcaniques. — 14, .Maare, cratères avec lac. — 1.5, Gradin d'érosion stnictural (front de couche dure). — 16, Faille influant sur la topographie.— 17, Gortre. — 18, Frontière de l'Allemagne. — Échelle, 1 : 1 500 000.

même temps. Niedermeidung, Ettingheim, Kottenheim sont de gros villages de plusieurs milliers d'habitants, bâtis tout entiers en lave noire. Meules, pierres d'appareil, pavés, cailloux d'empierrement en descendent vers Andernach pour

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s'embarquer sur le Rhin. Les tufs trachytiques, réduits en poussière dans des moulins, sont demandés pour les mortiers hydrauliques.

C'est encore au volcanisme que le Westerwald doit sa situation relativement favorisée. On est étonné, sur ces hauteurs dépassant 500 mètres, presque aussi neigeuses que l'Eifel, de trouver une population relativement dense (80 à 90 hab. au kilomètre carré). Cet état de choses est ancien : les noms des villages indiquent des défrichements remontant au moyen âge. La forêt a été si éclaircie qu'on plante des haies d'arbres pour s'abriter des vents violents. Les premiers colons qui se sont aventurés sur ces hauteurs ont été surpris de la fertilité du sol, pierreux, mais sec et riche, formé par la décomposition des laves ou tufs recouvrant des argiles tertiaires. L'agriculture a de bonne heure ici perfectionné ses méthodes. L'élevage est devenu la principale occupation ; le bétail du Westerwald est depuis longtemps réputé dans toute la vallée du Rhin, acheté par les riches vignerons et dans les cités industrielles. La population tire aussi avantage des richesses du sous-sol, dues surtout à l'influence du volcanisme. On exploite les argiles réfractaires pour la tuyauterie, les quartzites recherchés pour les fours Martin, les basaltes servant à l'empierrement. Mais ce sont surtout les minerais de la Lahn et de la Sieg qui ont contribué à fixer les hommes.

Le minerai de fer de la Lahn, assez riche et peu phosphoreux, mais trop siliceux, a perdu toute importance depuis l'emploi des procédés Thomas et Ressemer. Il avait attiré jadis le long de la rivière aux eaux rapides une multitude de petites forges utilisant le bois des grandes forêts. On exploite encore le plomb de la basse Lahn. Mais c'est le commerce qui fait vivre le gros marché de Limburg (11 522 hab.).

Le Siegerland joue encore un rôle dans la métallurgie allemande. Ses fdons de fer spathique, liés aux réseaux de failles, riches en manganèse et parfois chargés de cuivre ou de plomb, ont commencé à être exploités au xiv® siècle. Les forges se sont multipliées le long des eaux courantes, en même temps que se développaient les tanneries. On estime la densité moyenne de la population en 1840 à 62 habitants au kilomètre carré. Les mines ne produisaient encore que pour les forges, qui commençaient à faire venir le coke par eau. Les mineurs étaient des paysans petits propriétaires, retournant aux champs pour la récolte. Avec les chemins de fer, tout se modifie. L'exploitation minière se développe pour répondre à la demande croissante de la Ruhr. De 40000 tonnes, la production passe à 900 000 en 1880 cà 1 600 000 en 1900. La moitié de cette masse de minerais est fondue dans 20 hauts fourneaux. Les hauteurs sont dépeuplées au profit de la vallée, où la densité moyenne dépasse 170 habitants au kilomètre carré, dont 60 p. 100 vivant des mines et de la métallurgie. Mais l'exploitation se fait de plus en plus difficile ; il faut poursuivre les filons jusqu'à 700 mètres, puis jusqu'à plus de 1 000 mètres de profondeur. La minette lorraine, les minerais riches de Suède et d'Espagne coûtent moins cher à la Ruhr, qui, elle-même, produit l'acier à meilleur compte que les usines du Siegerland, obligées de faire venir leur charbon et leur coke. Le xx^ siècle aurait vu la ruine de ce pays, si la population ouvrière n'avait gardé en grande partie le contact avec la terre nourricière et si l'État n'avait entretenu, par des primes à la production, des mines condamnées normalement à être abandonnées. Siegen, avec 30 951 habitants, reste le centre d'un district actif, où subsistent quelques hauts fourneaux, des ateliers de constructions de machines et aussi des tanneries importantes.

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Au Nord et à l'Est, on retrouve les solitudes forestières primitives dans le Rothaargebirge, qui atteint 800 mètres, et dans les plateaux du Sauerland, dont le nom indique la triste réputation. Le socle hercynien a été, dans ces régions, relevé, peut-être disloqué et certainement travaillé par des érosions étendues à plusieurs reprises. Dans le Sauerland, on voit une surface d'érosion s'incliner vers le Nord, entaillée par des vallées à méandres encaissés, jusqu'à disparaître sous le Crétacé du bassin de Munster. Le réseau hydrographique a dû s'établir sur la couverture sédimentaire récemment enlevée, et le cours inférieur de la Ruhr paraît bien avoir été primitivement un sillon subséquent. Mais déjà la structure du socle, plus différenciée qu'au Sud, commence à se manifester dans les formes d'érosion du dernier cycle, et les bancs calcaires du Dévonien supérieur sont mis en saillie entre des sillons schisteux, comme dans l'Ardenne belge. Les couloirs ont été déboisés et de bonne heure peuplés, tandis que les plateaux schisteux restaient forestiers (pl. XXIX, A et B). Mais tout l'aspect de cette zone bordière a été transformé par le développement de l'industrie, fondé sur l'exploitation du riche bassin houiller de la Ruhr, comme on le verra dans le chapitre suivant.

Les couloirs de la Moselle et du Rhin. — En parcourant les plateaux du Massif Schisteux Rhénan, on voit, en somme, partout la vie délaisser les hauteurs pour les vallées. Celles de la Moselle et du Rhin sont les plus animées, mais chacune a son caractère propre.

Le couloir de la Moselle est le plus large et peut-être le plus anciennement dessiné. Cependant la rivière ne suit pas l'axe de la dépression où se sont conservées les assises du Trias et du Permien. Elle semble avoir été repoussée vers le Sud, abandonnant la large plate-forme étalée au pied du Haut-Eifel, sur laquelle on retrouve les restes de ses alluvions anciennes, et qui est maintenant entaillée en gorges étroites par ses affluents. C'est ce qu'on appelle le Voreifel, plus bas, plus chaud, plus sec que l'Eifel propre, pays agricole, où la population reste stationnaire, avec une densité moyenne de 70 habitants au kilomètre carré.

A l'Est, le plateau s'abaisse encore, recouvert de lœss ; les derniers bouquets d'arbres disparaissent : c'est le Maifeld, avec ses champs de céréales et de fourrages, bordés d'arbres fruitiers, ses villages riches restés complètement étrangers à l'industrie.

Au Sud-Ouest s'ouvre la dépression de Wittlich, ondulée, déboisée, semée de gros villages. Le sol rouge y décèle les grès permiens, dont les couches tendres aisément déblayées ont permis le développement de ce couloir, pendant que la Moselle, surimposée, enfonçait ses méandres encaissés dans le socle hercynien. La circulation a toujours suivi la dépression latérale.

Dans l'ensemble, la vallée de la Moselle apparaît moins fréquentée que celle du Rhin ; elle a échappé à l'industrie moderne et garde le charme des vieux pays, amoureusement façonnés par des générations attachées au sol. Dans les paysages riants qu'on découvre du haut d'une de ces « montagnes » (Moselberge) entourées par les méandres de la rivière, on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de l'harmonie des formes et des couleurs, ou de l'étroite adaptation de l'activité humaine au cadre naturel. L'amphithéâtre abrupt de la rive concave tourné vers le Sud offre au vignoble une situation privilégiée ; sur le lobe aplati de la rive convexe s'étalent champs et prairies, semés d'arbres fruitiers, et se groupent les

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villages, cachés dans les vergers ; le sol alluvial, soigneusement travaillé, porte surtout les fruits, les légumes et les fourrages ; les céréales sont sur le sommet plat des « montagnes », restes de la haute terrasse ; elles s'insinuent dans les anciens méandres recoupés, dont le fond alluvial est suspendu au-dessus du cours actuel des eaux et encadré de versants parfois boisés (pl. XXXII). Quand les méandres cessent, le paysage perd tout son charme et sa variété, le pays, toute sa richesse ; la vallée n'est plus qu'une gorge. En aval de Kochem, l'orientation favorise la rive gauche, où le vignoble persiste et où la population est trois fois plus nombreuse que sur la rive droite (pl. XXXIII, A).

Harmonie, richesse, vie large et calme caractérisent depuis de longs siècles ce pays, chanté au début de l'ère chrétienne par le poète latin Ausone. La prospérité a augmenté dans les temps modernes, surtout par le développement du commerce du vin. La plupart des villages ont doublé leur population au cours du xix^ siècle, et la densité moyenne dépasse 250 habitants au kilomètre carré. Aucune grande ville cependant ; chaque conque de méandre forme un groupe isolé. La navigation sur le fleuve ne sert guère qu'au transport des vins ; la grande voie ferrée passe par le couloir de Wittlich. Kochem, Traben, Bernkastel sont restés des bourgs tranquilles.

Trêves est le seul centre dépassant 10 000 habitants. Peu de villes rhénanes sont aussi riches en souvenirs du passé. Rome en avait fait sa citadelle avancée la plus importante, gardant un passage de la rivière encore peu encaissée, non loin du confluent de la Sarre, à la croisée de la route du Nord vers Cologne et de la route de l'Est par la dépression de Wittlich. Mais l'ère des chemins de fer n'a pas donné ici le coup de fouet au développement urbain, et, avec ses 58 000 habitants. Trêves reste une des plus modestes cités rhénanes, oasis de vie tranquille à côté des foyers industriels de la Sarre ou de la Ruhr, digne capitale de cette calme et belle vallée de la Moselle (pl. XXXIII, B).

Le couloir du Rhin, plus animé en général, n'est cependant pas partout également enfiévré. Jusqu'à Coblence, la vallée reste étroite et, par moments, presque déserte. A la traversée des bancs de quartzites, les versants s'enlèvent d'un jet à 200 mètres au-dessus des eaux du fleuve qui bouillonne sur des roches où la mine a dû frayer un chenal à la navigation moderne. La fameuse Lorelei près de Sankt Goar, le fond du grand méandre de Boppard semblent taillés à la hache (pl. XXXI). Les terrasses n'apparaissent que dans les schistes ; elles portent les petits champs, tandis que la vigne s'accroche aux pentes intermédiaires. C'est au bord du fleuve que sont tous les villages, dont le commerce a fait de gros bourgs de 5 000 à 6 000 habitants. A l'entrée même du défilé, Rûdesheim, capitale du glorieux vignoble du Rheingau, fait face à Bingen, grande gare et port rhénan de plus en plus actif au confluent de la Nahe. Lorch, Bacharach, Kaub, Boppard voient passer les trains de péniches et s'arrêter seulement les bateaux de touristes.

Ce n'est qu'après Braubach qu'on commence à ne plus perdre de vue les files de maisons. De là jusqu'à Coblence, la densité de la population a triplé au cours du xixe siècle, dépassant 200 habitants au kilomètre carré. La Lahn, encore très encaissée près de la jolie ville d'eaux d'Ems, a bâti, à son confluent, un cône d'alluvions, sur lequel se sont assises les villes jumelles de Ober- et Nieder-Lahnstein, ports de minerais très actifs au début du xx^ siècle.

Coblence, dominant le confluent de la Moselle, n'est pas la grande ville

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que semblerait appeler un site merveilleux. A peu près aussi ancienne que Trêves, elle ne l'a pas dépassée dans les temps modernes (58 161 hab.). Son rôle a toujours été celui d'une place forte plutôt que d'un centre commercial, et la grande industrie n'a pas pris pied sur les pentes raides où s'accrochent ses vieilles rues. Mais des faubourgs actifs se développent sur la rive droite du Rhin, au delà de la citadelle d'Ehrenbreitstein, et surtout sur la rive gauche de la Moselle, avec Lûtzel.

Le bassin de Neuwied ouvre de ce côté le large horizon de sa plaine, déblayée dans le Tertiaire affaissé. Déjà à l'époque romaine, on y signale une population nombreuse, protégée par le Limes. Si les pentes douces et le sol argileux ne sont plus favorables à la vigne, qui craint aussi les gelées tardives, les cerisiers forment une véritable forêt sur la basse terrasse, entourant et parsemant les champs. On cultive la chicorée et le tabac. Néanmoins, l'agriculture n'aurait pas suffi à nourrir une population de 220 habitants au kilomètre carré, qui a doublé au cours d'un siècle. L'accroissement date de l'exploitation des tufs, qui servent à la confection des briques légères, et du développement d'industries variées nées du sous-sol : fabriques de poterie réfractaire, brasseries, usines à tabac, chicorée, etc. La moitié seulement de la population vit de l'agriculture. Neuwied, fondée après la guerre de Trente ans, ville toute neuve avec ses rues en damier, est le vrai centre de la ruche (20 322 hab.).

Après être sorti du bassin de Neuwied par une porte étroite, que garde Andernach, le Rhin coule dans une vallée de plus en plus large, accompagné de terrasses qui s'abaissent et s'étalent de plus en plus. L'orientation de son cours soustrait la rive gauche au soleil et lui fait perdre le vignoble. L'exploitation des carrières, le commerce avec la pittoresque vallée de l'Ahr, où la vigne s'insinue et où des sources minérales donnent un revenu de plus en plus élevé, y retiennent pourtant encore une population nombreuse, concentrée dans de gros bourgs. Sur la rive droite, le vignoble continue à s'étaler jusqu'en face de Bonn, les basses terrasses plus développées se couvrent de champs parsemés d'arbres fruitiers et se peuplent de villages se succédant sans interruption. La silhouette des pitons volcaniques des Siebengebirge marque le point où le grand fleuve échappe définitivement à l'étreinte de la montagne (pl. XXVIII, A).

Là s'arrête généralement le touriste ; le géographe doit continuer son voyage, car la plaine du bas Rhin mérite son attention par sa richesse et même par des aspects plus variés que ne le laisse soupçonner la carte.

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