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II. — LA PLAINE DU BAS RHIN ET LE BASSIN DE MUNSTER

Terrasses et plaine d'inondation du bas Rhin. — Ce n'est guère avant d'atteindre la frontière hollandaise, à Emmerich, que le Rhin s'étale vraiment dans sa plaine alluviale, confondue avec celle de la Meuse. Jusque-là, les caprices de ses méandres sont limités par des hauteurs souvent boisées, et les voies de communications n'atteignent la Meuse qu'en traversant une série d'ondulations avec des dénivellations de 100 mètres et plus.

Ces hauteurs sont des terrasses étagées, dont les alluvions reposent sur les argiles à lignites tertiaires. En descendant le Rhin depuis Bonn, on voit, jusqu'à Dûsseldorf, l'horizon borné à gauche par le plateau forestier de la Ville, dont le

l' ALLEMAGNE.

rebord abrupt fait plus d'impression que les croupes arrondies du massif ancien s'effaçant en face de Cologne, sous le nom de Bergische Hôhen. La Roer, affluent de la Meuse, débouche par des gorges étroites près d'Aix-la-Chapelle, pour couler elle-même, de Juliers jusqu'à la frontière, dans une vallée à fond plat dominée par une terrasse semblable. C'est dans une immense nappe de cailloutis anciens, s'épanchant du Massif Schisteux, qu'ont été modelées toutes les vallées, encore assez étroitement encadrées vers le Sud, de plus en plus larges et finissant par se confondre au Nord.

Cette nappe, dont la surface aride forme toutes les hauteurs, souvent encore couvertes de forêts, s'abaisse rapidement, de 180 mètres vers Bonn à 80 mètres vers Krefeld et Dûsseldorf, L'affaissement du socle ancien, qui a ouvert l'échancrure de Bonn et amorcé la percée du Rhin à travers le Massif Schisteux, a continué, jusqu'au Quaternaire lui-même, comme l'ont prouvé les exploitations de lignites avec leurs cailloutis disloqués.

A partir de Duisburg, la Meuse et le Rhin ne sont plus séparés que par les restes d'une terrasse datant du Quaternaire récent, qui domine la plaine inondable de 8 à 10 mètres seulement. Des buttes boisées se dressent encore au-dessus jusqu'en face d'Emmerich, formées de sables et de cailloutis anciens, qui ne sont pas tous d'origine rhénane ; une partie en a été apportée par la grande calotte de glaces qui descendait de la Scandinavie et est arrivée, au moment de sa plus grande extension, jusqu'à l'embouchure actuelle du Rhin. L'histoire de la plaine a connu, depuis, bien des épisodes de déblaiement et d'accumulations d'alluvions. Le Rhin a emprunté à un moment le cours actuel de la Niers, dont la vallée marécageuse rejoint la Meuse. Il développe actuellement ses méandres dans une plaine d'argiles collantes (le schlick), parfois mêlées de sables fins, sur une largeur de 5 à 8 kilomètres, accompagné de bras morts et de rigoles. Très chargé d'alluvions, il exhausse son lit, et, à l'état naturel, inondait chaque année de vastes surfaces. Des endiguements, perfectionnés au cours du xix^ siècle, le contiennent, protégeant les terres cultivées ; des coupures de méandres raccourcissent le parcours et permettent d'assurer un chenal suffisamment régulier à la navigation, de plus en plus active.

Vigoureuse vie rurale. — La plaine du bas Rhin est une des régions rhénanes que l'homme a le plus transformées, le plus façonnées à sa convenance. Le seul point où on trouve des traces d'une occupation ancienne est le bord du Massif Schisteux, favorisé par un climat particulièrement doux et ensoleillé, autant que par des sols plus chauds : lœss couvrant les terrasses, roches volcaniques décomposées. Partout ailleurs, la terre est naturellement maigre sur les hauteurs, humide à l'excès dans la plaine inondée chaque année. Les brouillards couvrent les dépressions pendant l'hiver et le printemps. De vastes forêts devaient s'étendre sur la plus grande partie de la région, quand les Romains y prirent contact avec les Germains. La colonisation progressive a fait peu à peu disparaître les bois de toutes les hauteurs où le sol n'est pas trop maigre ; mais c'est surtout sur la basse terrasse et dans la plaine alluviale protégée par des endiguements que se sont multipliés les hameaux. La densité de la population y était déjà très forte au xviii^ siècle ; elle dépasse actuellement 100 habitants au kilomètre carré.

Le groupement des habitations rappelle celui qui prévaut en Hollande, Les villages agglomérés sont rares et occupent le bord des terrasses, les hameaux et

l'hol. M. llMl/.

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