LES CHAINONS DE LA WESER
Relief appalachien. — Depuis longtemps les géographes allemands ont appelé « montagnes de la Weser », Wesergebirge, les hauteurs au milieu desquelles serpente la Weser moyenne et ses affluents avant de déboucher dans la grande plaine du Nord. Ce sont des reliefs modestes ne dépassant guère généralement 350 mètres, mais toujours bien dégagés, formant des crêtes boisées qui dominent de 100 à 200 mètres des campagnes cultivées et peuplées. Ces crêtes sont de véritables chaînes, souvent presque rectilignes, orientées Nord-Ouest — Sud-Est, parfois avec une disposition en arc de cercle, qui confirme l'idée d'un relief de plissement. Les levés géologiques ont montré que le Trias est accompagné de Lias, de Jurassique et même de Crétacé. Toute la série secondaire est ici plissée. Il est aisé de reconnaître dans le relief anticUnaux et synclinaux, avec des crêts allongés ou recourbés suivant que l'axe des plis est plus étiré ou plus court.
On peut s'étonner de voir ranger une pareille région dans la zone hercynienne ; mais, d'abord, son faible relief ne permet pas de l'assimiler au Jura. Les hauteurs sont presque toutes au même niveau (321-340 m.), souvent percées par des cluses, comme la célèbre Porta Westfalica.La disposition générale du réseau hydrographique est sans rapport avec les directions du relief et des plissements. Il faut admettre que ceux-ci ont dû être nivelés, probablement par la même pénéplaine qui s'est étendue sur la plus grande partie de la zone hercynienne et dont les dépôts sont conservés çà et là sous les basaltes plus ou moins
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disloqués, soit dans la Hesse, soit dans le Massif Bohémien, Il y a eu reprise d'érosion, ici comme partout, et dégagement des bancs résistants ; c'est une structure appalachienne, mais réalisée dans la couverture mésozoïque du socle hercynien.
Ce socle n'est d'ailleurs pas bien loin. Il surgit violemment à l'extrémité Sud- Est de la région, avec le massif du Harz. Il pointe plus modestement à l'extrémité Nord-occidentale près d'Osnabrûck, où le carbonifère est exploité (fig. 65). Les plissements de la couverture mésozoïque, facilités par la plasticité des marnes du Crétacé et du Jurassique, ne sont vraisemblablement que le reflet des dislocations profondes du socle hercynien suivant des axes Nord-Ouest— Sud-Est, dont on voit le prolongement dans le Thûringerwald et le Bôhmerwald. Les levés géologiques récents ont d'ailleurs montré qu'il s'agit moins de plis réguliers, comme on l'a cru d'abord, que de couches bombées ou basculées avec plis-failles datant de la fin du Crétacé et du début du Tertiaire. Ces accidents ont eu le temps d'être effacés par la pénéplaine oligocène, dans laquelle la reprise d'érosion a sculpté des reliefs adaptés aux différences de résistance des bancs calcaires ou gréseux, des marnes et des argiles. Ce relief appalachien de date récente est unique par son extension dans toute la zone hercynienne allemande. Malgré ses altitudes modestes, il joue un rôle important, car il s'avance comme un promontoire au milieu de la grande plaine du Nord de l'Europe centrale, isolant le bassin de Munster des tourbières de l'Oldenbourg et du Hanovre. La région,primitivement boisée, a attiré les hommes, dès que le défrichement a commencé, par son sol plus sec, plus varié, également plus fertile que celui de la plaine glaciaire, par ses coins abrités, par ses ressources minérales enfin, comprenant le sel, le fer, la houille même parfois. La forêt n'a été respectée que sur les crêtes calcaires ou gréseuses. Partout ailleurs s'étendent les cultures, se dispersent les villages et les petites villes. L'occupation du sol n'a pourtant pas procédé tout à fait de même au Sud-Est et au Nord-Ouest, les conditions du relief et du sol étant différentes.
Contrastes physiques et économiques. — Au voisinage du Harz domine un régime de plis courts, dômes plongeant périphériquement, qui donnent des crêtes recourbées, formées par les calcaires du Jurassique supérieur, les grès bigarrés ou les grès crétacés, avec des couloirs ou des cuvettes évidés dans le Keuper, le Lias ou les marnes du Jurassique moyen. Il est aisé de suivre sur la carte topographique les boucles que décrivent les crêtes gréseuses, percées en cluses par l'Innerste au Nord de Goslar, ou les barres calcaires qui s'allongent en se recourbant à l'Ouest d'Alfeld (Hills) (fig. 65). Ce qui frappe sur le terrain, c'est surtout l'opposition des hauteurs boisées et des dépressions fourmillant de villages. La forêt paraît avoir été encore plus réduite. Formée de feuillus (hêtres et chênes), elle a été non seulement anéantie sur les sols propres aux cultures, mais pourchassée sur les hauteurs pour le charbon de bois ou la verrerie ; au xix^ siècle, elle a été parfois reconstituée en conifères.
C'est une population active et industrieuse qui a pris possession de ce pays. Groupée en villages et en nombreuses petites villes, elle tire parti de toutes les ressources : forêts bien aménagées maintenant, sol limoneux cultivé en céréales, parfois en betteraves et même, aux environs de quelques villes, en légumes pour la fabrication des conserves, bords des rivières convertis en prairies, bancs cal-
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caires ou marneux exploités en grandes carrières pour la fabrication de la chaux et du ciment, parfois extraction de l'asphalte. La vie urbaine a fleuri dès les premiers temps du moyen âge, et beaucoup de ces vieilles petites villes sont aussi curieuses par leur architecture que par leur activité économique ; Hildesheim (58 522 hab.) date du ix® siècle et se distingue par la variété de ses industries :
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FiG. 65. — Structure physique et régions naturelles des chaînons de la Weser et de la Thuringe.
1, Socle hercynien formant un plateau élevé; 2, Saillies au-dessus de ce plateau, formées de roches dures ; 3, Roches dure:- ne donnant pas de reliefs ; 4, Afileuieraents du socle, ne dépassant pas le niveau des plaines ; 5, Plateaux tabulaites de gtès du Trias ; 6, Plateaux plus ou moins ondulés de Trias moyen (Muschelkalk) ; 7, Plateaux crétacés (particulièrement au bord du Bassin de iMun-ter) ; 8, Collines et plaines ondulées à sous-sol marno-calcaire ou gréseux (Trias supérieur, Lias, Jurassique, ou même Crétacé) recouvert de limon ou même de lœss ; 9, Gradin d'érosion (côtes du Trias dans le Bassin de Thuringe) ; 10, Crêtes des chaînons plissés de la Weser ; 11, Vallées encaissées ; 12, Failles se traduisant dans la topographie. — Échelle 1 : 2 000 000.
raffineries de sucre, fabriques de conserves de légumes et de fruits, fabriques de machines agricoles, de meubles, d'horlogerie. Mais aucun centre de première importance ne s'est développé dans ce pays très compartimenté.
Il en est autrement dans l'Ouest. Là, le relief est dessiné à plus grands traits, le peuplement est moins morcelé, les villes sont moins nombreuses et plus importantes. C'est à une tectonique plus simple qu'il faut évidemment demander l'explication des caractéristiques du relief : les deux chaînes du Teutoburgerwald au Sud, du Wiehengebirge au Nord, qui paraissent converger vers l'Ouest, encadrent un grand bombement ouvert par l'érosion, comme celui du Bray en France. La première correspond à un pli-faille où le Trias chevauche le Crétacé, les couches fortement redressées formant une série de crêtes parallèles ; la seconde n'est qu'une
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« côte » dont les calcaires du Jurassique supérieur, plongeant vers le Nord, couronnent le front. Chacune représente une grande traînée forestière. Dans l'intervalle s'étalent mollement les ondulations déboisées du Lias et du Keuper. Là, plus de ces gros villages qu'on voit dans la région du Hills, d'Alfeld et d'Einbeck ; les formes mêmes des maisons difîèrent. C'est ici la grande ferme frisonne, souvent isolée, à un seul étage, au toit immense, jadis partout en paille, maintenant en tuiles rouges ; les champs entourés de haies, comme dans le Bassin de Munster, les prairies s'étendant de plus en plus aux dépens des céréales donnent l'impression d'un bocage. Le semis du peuplement reste uniforme et assez dense. Les points de concentration urbaine y sont relativement rares, et les mieux marqués par la nature ne sont pas les plus importants : Minden, ville forte gardant la fameuse cluse de la Weser, n'est qu'un gros bourg (27 139 hab.), dépassé depuis longtemps par Bielefeld (86 062 hab.), Osnabrûck (89 079 hab.) et Herford même (36 000 hab.).
C'est l'industrie qui a fait la fortune de ces centres. Osnabrûck a bénéficié du voisinage d'un petit bassin houiller (Ibbenbeuren), ramené près de la surface par les dislocations, avec sa ceinture de Permien qui contient des minerais de fer. Charbon et fer ne sulFisent plus à la métallurgie, que la Ruhr contribue à entretenir ; des fabrications variées ajoutent à l'activité de ce centre dont la population a doublé en trente ans : carrosserie et menuiserie surtout.
Bielefeld est, avec Herford, le grand marché des textiles, dont la confection s'est répandue depuis des siècles dans les campagnes. La diffusion de cette industrie explique la densité croissante et la proportion de plus en plus réduite de la population agricole, qui est tombée, en trente ans, de 40 à 20 p. 100. Le paysan abandonne de plus en plus les céréales pour les herbages, entretenant 6 têtes de bétail à cornes et 12 porcs pour 10 habitants. Il cultive le tabac, manufacturé ensuite à Minden et à Herford. Mais, surtout, il a continué la tradition ancienne du tissage, en remplaçant le lin par le coton. Bielefeld a bénéficié du passage de la voie ferrée par un col du Teutoburgerwald, aligné sur la cluse de la Weser ; le voisinage de la Ruhr lui a permis de développer, non seulement les filatures, mais des fabriques de machines (machines à tisser, cycles et machines à coudre). C'est toute une nouvelle ville qui s'étend au Nord de la ville ancienne aux hautes maisons serrées et du beau parc englobant l'ancien château fort, dont les ruines commandent un vaste horizon.
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La nature. — A côté des pays de la Weser, au relief si morcelé, les régions thuringiennes semblent de dessin plus ferme et plus large. Le bassin que draine la Saale mesure près de 100 kilomètres de large ; sa ceinture de massifs anciens n'est continue que du côté du Sud-Ouest et de l'Ouest, avec l'Erzgebirge et le Thûringerwald. Si le premier fait partie intégrante de la Bohême, le second ne peut être séparé des plaines et des collines au milieu desquelles il avance comme un éperon effilé, long de 100 kilomètres environ, large de 15 à 20 seulement, atteignant au plus 900 mètres d'altitude, mais dominant de 400 mètres tous les environs. C'est le type parfait du « horst » encadré de failles. Depuis longtemps, les géologues ont remarqué que la structure est ici sans rapport avec le relief : gneiss et granités, schistes et grès paléozoïques souvent injectés de porphyre
THURINGE ET PAYS 1)1-: I-A WKSKlî
sont disposés en bandes orientées du Sud-(3iiest au Nord-Est, à peu près normalement à l'axe même de la montagne et aux deux abi upts qui la limitent. On reconnaît un fragment du socle primitif, soulevé par les mêmes mouvements qui ont disloqué les plateaux gréseux de la Haute-Hesse, plissé les chaînons de la Weser et redressé le bloc du Bôlimerwald. Débarrassé de son manteau de sédiments, qui s'est conservé à son pied, il fait figure de montagne, et son relief a d'autant plus d'allure que la reprise d'érosion récente a souvent dégagé le contact des roches anciennes avec le Trias. Mais cette érosion a mordu le horst lui-même, trop étroit pour qu'aucun point de la pénéplaine ancienne ait pu échapper à la vague de creusement qui remontait les thalwegs, et, si le Thûringerwald donne de loin l'impression d'un plateau uniforme fermant l'horizon par la sombre barre de ses hauteurs forestières, il se décompose de près en un dédale de crêtes entre de profondes vallées qui enfoncent leurs ramifications jusqu'au faîte.
Cette ciselure est de plus en plus poussée vers le Nord-Ouest, où la largeur de l'éperon diminue ; mais en même temps le massif ancien apparaît plus dégagé par le creusement d'un sillon dans les couches meubles du Trias supérieur et même du Lias. Une véritable dépression périphérique enveloppe l'extrémité de la montagne, plongeant sous sa couverture, vers Eisenach, et s'allonge surtout du côté de la Thuringe. Au Sud-Est au contraire, la montagne s'épaissit et paraît de moins en moins dégagée, passant insensiblement aux plateaux moins ciselés du Vogtland, du Frankenwald et du Fichtelgebirge, qui font corps avec l'Erzgebirge.
Sur 60 à 70 kilomètres cependant, le Thûringerwald reste une barre dominant nettement les environs. Battu par tous les vents, il a des températures de 3 à 4 degrés inférieures à celles qu'on enregistre au bord de la Saale au Nord, ou de la Werra au Sud, des précipitations dépassant 1 mètre et tombant sous forme de neige pendant plusieurs mois (Inselberg, à 900 mètres : janvier, — 40,9; juillet, 12o,3; précipitations, 1 268 mm.). La forêt couvre presque partout les hauteurs, voile tous les versants en pentes raides. Faut-il croire les statistiques qui nous informent que cette montagne forestière au sol maigre, au climat sévère, est plus peuplée que les plaines voisines, avec une densité moyenne de 102 habitants au kilomètre carré et qui s'élève à 200 entre 300 et 400 mètres, à 160 encore entre 400 et 500 mètres ?
L'iNDUS TiE HmiAiNE. — Nous avons ici un exemple typique de l'emprise du peuplement germanique, obstinément attaché aux massifs hercyniens où l'avaient attiré des richesses minières maintenant épuisées. Son histoire, étudiée dans les plus grands détails, est particulièrement instructive.
Dès les premiers siècles du moyen âge, nous voyons ici les minerais de fer, répandus en petite quantité à la surface, traités partout au bois par une industrie nomade, qui commence à se fixer au xi^ siècle, quand les forgerons doivent demander une autorisation aux seigneurs propriétaires des forêts. On se contentait alors de fondre de minces lingots, qui étaient afilnés et travaillés dans la plaine. Suhl alimentait ainsi Erfurt. Cependant les moines défrichent çà et là le fond des vallées, et les forges, trouvant avantage à utiliser la force vive des torrents, émigrent vers la montagne. Au xv^ siècle, des villes y sont nées, oîi le travail du fer est organisé en corporations. Suhl produit des armures, puis des armes à feu, Ruhla se spécialise dans la coutellerie, Schmalkalden, dans la
'/KOOBAPifiE UNIVERSELLE. — Europc Centrale, I.
l'Allemagne.
ll = E.Gn.
fabrication des marteaux, cuillères et de tous ces menus objets encore connus sous le nom de Schmalkalden-Arlikeln. En même temps, on avait commencé à exploiter le cuivre, et les mines de fer enfonçaient de profondes galeries sous les crêtes entre les vallées. Au xvi^ siècle, Schmalkalden compte 6 000 ouvriers, a des dépôts dans les villes hanséatiques et commerce avec toute l'Europe. C'est l'apogée d'une industrie vraiment née du sol, fixant au milieu des forêts
une population d'artisans habiles.
Les traditions ainsi nées survivront aux crises les plus graves. Suhl a beau être brûlé en 1634, Schmalkalden plusieurs fois mis à sac ; les corporations étant définitivement ruinées, l'activité renaît sous une autre forme : le travail familial se répand. On continue à produire la quincaillerie, on fabrique des pipes à Ruhla, on tisse partout le lin, la laine et bientôt le coton. A la fin du xviii^ siècle, les textiles font vivre maigrement les villages et les petites villes qui cependant croissent toujours.
C'est une économie
toute nouvelle : les mines de fer s'épuisent, et les forêts dévastées ont peine à fournir le combustible ; les tisserands eux-mêmes achètent leur matière première. L'industrie n'est plus enracinée au sol ; jusqu'au xx^ siècle, elle vivra sur ses traditions de labeur soigné et la valeur de sa main-d'œuvre. Elle n'aura pas de peine à se transformer en s'assouplissant aux techniques les plus modernes.
Au xix^ siècle, les voies ferrées apportent la houille et toutes les matières premières, même le fer brut. Ainsi la métallurgie renaît en se spécialisant dans les fabrications très finies. Actuellement, c'est elle qui, de nouveau, tient la première place, occupant 24 000 ouvriers dans l'Ouest du Thiiringerwald. à Suhl, Zella et Benshausen, où l'on fabrique des armes à feu, des machines à écrire, des pièces d'automobile et de bicyclette, à Ruhla même, où dominent maintenant l'horlogerie et les appareils électriques (fig. 66). Les «articles de Schmalkalden » continuent à être produits un peu partout, mais cette fois dans de petites usines
FiG. 66. — Les industries du Thiiringerwald occidental, d'après Creutzburg.
1, Industries mélalluriri(|ues : le signe a correspond à 500 ouvriers, le signe h, à 200 ouvriers. — 2, Industries textiles ; chaque signe correspond à 200 ouvriers. — 3, Verrerie : a, 500 ouvriers ; b, 200 ouvr-iers. — 4, Fabrication des jouets ; 200 ouvriers.— 5, Industrie du bois ; 200 ouvriers. — G, Fabrication de la porcelaine; 200 ouvriers. — La partie grisée représente le massif hercynien. — Échelle, 1 : 625 000.
THURINGE ET PAYS DE LA WESER
groupant rarement plus d'une centaine d'ouvriers. Leur nombre esL tel que la main-d'œuvre doit y affluer, non seulement de toutes les vallées de la montagne, mais des pays voisins, venant même de la Rhôn. La proportion du nombre des ouvriers à la population locale est assez significative : deux cinquièmes à Zella et Ruhla, jusqu'à deux tiers à Bensliausen.
Après la mécanique, vient la verrerie, occupant 9 000 ouvriers, dont plus de la moitié fabriquent à domicile, à l'aide du chalumeau à gaz, thermomètres et ustensiles de physique. Ilmenau en est le centre principal. La porcelaine a aussi ses spécialités : lampes, isolateurs électriques, têtes et mains de poupées. Quant aux textiles, ils ne jouent plus qu'un rôle effacé. Les grandes forêts ellesmêmes, reconstituées depuis qu'on ne leur demande plus le combustible industriel, et exploitées régulièrement par coupes à blanc suivies de plantation, n'occupent plus qu'une main-d'œuvre insignifiante et font vivre seulement 4 000 ouvriers dans les scieries, les fabriques de meubles et de caisses.