B. STRUCTURE DE MORAINE TERMINALE, PRÈS DE CHORIN
Noter l'assemblage incohérent de blocs de toutes taillies.
G. U., t. IV, Pl. LVI.
LA GRANDE PLAINE DU NORD
et l'érosion postglaciaire ont notamment modifié les formes d'accumulation. A peine reconnaît-on, dans certaines bosses dominant le plateau de la Lûneburger Heide, les restes de la moraine de la dernière glaciation, qui traversent du Nord au Sud les hauteurs orientées du Nord-Ouest au Sud-Est. Les ravins creusés récemment par les petits affluents de l'Elbe attirent bien plus l'attention, avec leurs versants raides couverts de bois. Le bord méridional du Flâming, dominant la large plaine où confluent l'Elbe, la Mulde et l'Elster Noire, commence aussi à être festonné par de petites vallées.
Ces hauteurs ont encore le climat humide et l'aspect de la Geest. La lande y domine ou y a dominé partout sous ses deux formes : lande sèche à bruyère rose (Callunetum) (pl. LVI, A) et lande humide à bruyère rouge (Ericelum), pouvant passer à la tourbière. Nul doute que le pays ait été plus boisé jadis et même, à certains moments, plus peuplé. On a repéré, dans la région de Lûneburg, un grand nombre de localités disparues ; le défrichement y avait progressé au delà de toutes limites pendant le moyen âge ; au xvii^ siècle, on faisait encore des récoltes de seigle après brûlis, les nuées d'abeilles butinant les fleurs des bruyères étaient attirées dans les ruches auprès des fermes. Le dépeuplement n'a fait que progresser depuis. Dans le Flâming et surtout les landes de la Basse-Lusace, la forêt a subsisté plus longtemps, et l'État tend à la reconstituer en mélangeant les feuillus aux conifères. La peuplade slave des Wendes, restée isolée dans ce pays sauvage au milieu de contrées germanisées, est demeurée longtemps fidèle à un genre de vie primitif, alliant le pâturage dans la forêt et la lande à la culture du sarrasin sur brûlis et à celle du lin sur les meilleurs sols. Il n'y a pas longtemps que la charrue en fer a remplacé ici l'araire en bois.
L'exploitation des lignites tertiaires commence à introduire une note moderne dans ces pays arriérés, avec les cheminées des grandes centrales électriques envoyant la force jusqu'à Berlin et animant les scieries qui exploitent la forêt. Les croupes des landes qui marquent la limite de la grande plaine occidentale n'en restent pas moins parmi les pays les plus pauvres d'Allemagne. Leur population garde la réputation de sauvagerie, et c'est de Luneburg qu'on fait venir la paysanne gauche qui excite le rire dans les comédies présentées au public berlinois.