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LES KADX COURANTES ET LES LACS

11 faut aussi tenir compte des irrégularités du débit et des interruptions qu'cntraînenl pour la navigation les sécheresses ou les rjelées. Les fieuves méiJilerranéens roulent trop peu d'eau en été pour porter bateau. Les fleuves russes, si utiles au contraire en été, sont pris par les glaces pendant plusieurs mois chaque hiver. Le Danube, quolcjne s'écoulant vers le sud-est, traverse des pays à climat de plus en plus continental et reste gelé pendant deux mois dans presque tout son cours. Seules les rivières de l'Europe occidentale, c'est-à-dire les plus petites, comme l'Escaut, la Tamise et la Seine, permettent un trafic à peu près continu.

Travail des fleuves, deltas. — Les fleuves arrachent au.\ montagnes et aux collines les matériaux avec lesquels ils comblent g-raduellement les lacs et forment à leurs embouchures des deltas. Peu à peu, les chapelets lacustres deviennent des systèmes fluviaux : on })eut suivre les progrès de ce phénomène de transformation sur les pentes orientales des Alpes de Scandinavie. Les fleuves apportent aussi à leurs embouchures une part des débris enlevés aux monts et empiètent sur l'Océan par des formations de deltas. Le Rhône apporte annuellement à la mer 21000000 mètres cubes de troubles; le Pô 43000000, et, dans les années exceptionnelles, 100000000, g'agnant 113 hectares par an sur l'Adriatique. Le teiTain conquis par le Danube sur la mer Noire forme un segment de cercle ayant environ 80 kilomètres de base et 25 kilomètres dj flèche.

Lacs. — L'Europe ne possède point de bassins lacustres comparables à ceux de l'Amérique du Nord. Le plus g-rand de ces bassins, le lac Ladoga, représente à peine un quart du lac Supérieur.

Mais n'est-ce pas une sorte de lac que la mer Baltique, avec ses contours presque fermés, ses eaux peu profondes et en certaines parties à peine salées, ne communiquant avec la mer du Nord qu'à la surface et par un seuil de quelques mètres de profondeur, les détroits danois ?

C'est précisément autour de la mer Baltique que se groupent les lacs les plus nombreux et les plus étendus, dans la région qui a subi comme le nord de l'Amérique les effets de l'époque glaciaire , et où le sol a été tantôt creusé par les glaces, tantôt au contraire accidenté par les moraines et 'ecouvfîrt de dépôts généralement imperméables.

\j% Finlande est couverte d'un chapelet continu de lacs quelquefois réunis par des cascades. En Suède, les lacs Veiiern, Vettern et Mœlaren, en Russie, les lacs Ladoga et Onega sont plus vastes et plus profonds; ces deux derniers alimentent un fleuve court, mais puissant, la Neva.

Dans rAllemagne du Nord, des lacs plus petits sont disséminés par centaines dans la Prusse, la Poméranie et le M eckl em bo urg- .

Les lacs de plaines sont plus rares et moins étendus dans l'Europe centrale, plus sèche, particulièrement en Hongrie, où le lac Balaton est le reste d'une plus grande étendue lacustre. Le lac Neusiedel se distingue par son régime intermittent.

Les lacs de montaynes sont nombreux, au contraire,, dans

les Alpes et dans les montagnes d'Ecosse. Parmi les lacs alpestres, les uns, situés dans les régions les plus élevées de la montagne, souvent près des cols, sont très petits et ont leurs eaux gelées pendant plusieurs mois; les autres, tels que les lacs de Fig. 3. Genève, de Constance, de

Luce7'ne et les lacs italiens, situés dans les vallées, servent de régulateurs aux torrents qui alimentent le Rhin, le Rhône et le Pô.

A ces deux gi-andes catégories, lacs de plaines et lacs de montagnes, il faut ajouter les lacs imlcanh/ues, de forme souvent circulaire : on en trouve des exemjjles en Italie et en France, en Auvergne.

L'Elurope, mieux arrosée que les autres continents, n'a pas de lacs salés comme l'Asie centrale ou les plateaux de l'Utah en Amérique, pays de sécheresse et d'évaporation intense.

Marais. — Aux lacs, utiles réservoirs qui soutiennent le débit des fleuves, s'opposent les niar-iis et tourbières, régions de drainage imparfait, où l'eau stagnante imprègne le sol, au grand détriment de la salubrité, de la culture et des communications.

Les régions marécageuses s'étendent surtout en Pologne (marais du Pripet), dans la plaine de l'Allemagne du Nord (Hanovre), dans la plaine hongroise sur les bords de la Tlieiss, et au centre de l'Irlande [hags).

Conclusion. — L'Europe est, après les deux Amériques, le continent le mieux fourni en voies fluviales utilisables. Aucun de ses fleuves ne se perd dans les sables comme les rivières intermittentes de l'Australie, de l'Asie centrale ou les lits le plus souvent desséchés îles ouadis sahariens. Ils

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n*ont généralement pas à franchir, comme les fleuves de rAfrique, par des séries de cataracles ou de rapides les pentes des plateaux avant d'atteindre la mer. L'Asie possède, il est vrai, de plus beaux et plus profonds sillons, accessibles par leur profondeur à la navigation maritime : le Yang-tsé- Kiang, le Gang-e, riraouaddy, \&s fîeuveé sibériens ; mais ces voies sont isolées les unes des autres par des masses montagneuses compactes plus étendues que l'Europe ellemême et ne farroent pas un réseau cohérent comme dans la plaine russe.

Les fleuves complètent ainsi les mers; ils accroissent, pour ainsi dire, les articulations du continent. Le Danube ajoute par les eaux de son cours inférieur, larges et profondes, aux commodités que donnait déjà Tentaille de la mer Noire. A l'intérieur même de notre continent, la moyenne et la petite batellerie ont leurs artères, la Volga, le Danube, le Rhin, la Seine..., etc. De nombreux canaux permettent de passer, sans rompre charge, de la Seine et du Rhône au Rhin, du Rhin au Danube, de FETbe à l'Oder et à la Vistule. Dans des conlrées comme la Hollande, la Belgique et la Flandre française, les eaux douces répandues en innombrables canaux, grâce à la faiblesse des pentes, multiplient la facilité des communications.

Ailleurs, dans les Alpes et les régions accidentées, la force vive des torrents devient une source d 'énergie que des usines chaque année plus nombreuses utilisent comme force motrice ou transforment en courants électriques distribués à grande distance.

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