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CHAPITRE] IV

l'europe centrale les alpes

So.MjiAiRE. — Les Alpes sont comme le centre du relief européen. Elles se iléveluppeut de Vienne à Nice sur une longueur de 1200 kilomèlres et une supertlcie de 220 000 kilomètres carrés. Elles sont composées d'uu noyau grauili([ue (iu'euvelo[)pent au nord et au sud deuv masses calcaires. Leur versant le plus i-apide est tourné vers le sud. De nombreuses et inofoudes vallées les pénètrent d'ouest en est et tracent une sorte de sillon longitudinal par l'Isère, le Rhône, le Rhin, l'inn, la Saizadi, l'Enus et la Salza.

Les Alpes franco- il aile, unes ou occidentales comprennent les groupes des Aljies de Provence, du Dauphiué (IV-lvouxj et de ht Savoie (mont Blancj et sur la frontière les Alpes Maiiliines, Coltieunes et Giées.

Les Alpes suisses comprennent, au nord du Rhône et du Rhin supérieur, rctberland bernois (la Jungfrau), les Alpes des Quatre-Cautons et de (ilaris , au sud les Alpes l'ennines (mont Rose et Cervin), les Alpes du Tessiu et les .\lpes Rhéticjucs.

Les Alpes aulrichiennes ou orientales comprennent une zone cristalliiu' au ceuire (OEizthal, llohe ïauern) et deux zones calcaires : au nord les Al|)es de Salzbourg, au sud les Alpes Carniques et Cadoriques.

Les passages les plus importants sont : le mont Cenis, le Saint-Gothard, le Spli'igen, le Rrenuer, le Puslerlhal. Quatre lignes ferrées Iransversales, par le col de Fréjus, le Saint- Golhard, le Brenner et le Tarvis, deux voies lonqitudinales par l'Arlberg et le Pusterthal, traversent la masse des Alpes. On perce actuellement le tunnel du Siniplon.

On dislingue quatre grandes zones alpestres : 1° au-dessous de COO mèlres une zone inférieure de plaines et de plateaux, caractérisée par de grands lacs (lacs Majeur, de Lugano, de Garde, de Genève, do Neuchàlel, de Zurich, de Constance), des terres fertiles, nu climat doux; 2" au-dessous de 1 500 mètres une région des Alpes antérieures jadis couverte de foréls, aujourd'hui en prairies; H" au-dessous de 2 700 mètres une région des Alpes moyennes avec des prairies d'été, les azalées et les rhododendrons; 4" au-dessus de 2 700 mètres la zone des neiges éternelles et des glaciers.

Les Alpes constituent le plus important des centres hydrographiques de l'Europe. Le Rhin, le Rhône, le Pô, le Danube s'y alimentent.

Importance des Alpes. — Les Alpes [moîitagnes blanches, étymologie latine; hautes cunes, étymolog-ie celtique; pdturages d'été, sens actuel) sont le système le plus élevé de l'Kurope avec le Caucase, et de beaucoup le plus important par sa situation centrale, sa masse, la variété de ses formes, ses neiges et ses glaciers, réservoir d'où sortent vers les quatre points de Thorizon les grands fleuves tiibu-

taircs rlo l\\tlaMl:(|iie (lo Rhin), de la Médilorranée (le Rhône et le Pô) et même de la mer Noire (aflluents du Danube).

Fii,' 17. — l'i'oTil oonipart' des Pyrénées, dos Alpes et des moûts Tliian-Clian.

Dimensions et limites. — Les Al|»cs couvrent toute la Suisse; elles étendent leurs massifs sur la France, l'Italie, la Bavière et l'Autriche. Longues d'à peu près 1200 kilomètres d'ouest en est, entre Vienne en Autriche et Nice en France, elles s'épanouissent sur une superficie d'environ 220000 kilomètres carrés, soit un peu moins de la moitié de la France. Leur épaisseur varie de 300 kilomètres dans le Tyrol, à 150 kilomètres entre le lac de Oenève et le Piémont.

Le massif alpestre est délimité au sud par la mer Adria-

Ma,s,fr.ntr;=lM- Blanc ALPES „. ^.^ M'^Karpates

Fig. 18. — Piolil des Alpes.

tique, la plaine du Pô, le col de Cadihone et la Méditerranée; à l'ouest, par la vallée du Rhône; au nord, par la dépression suisse et la vallée du Danube; à l'est enlin, par la plaine hongroise, une partie de la haute vallée de la Save et le col d'Adelsberi"-.

Géologie et structure des Alpes. — D'une façon générale, les Alpes forment géulogiquement trois masses distinctes. Au centre, une arête, orientée d'est en ouest, est formée de roches érnplives anciennes, principalement de roches g'raniliques : du la li'ur non» d'Alpes yfanilùjuc'H.

Fitr. Ii1. — Carto géoloirique.

Elles sont flanquées au nord et au sud de deux massifs formés de terrains secondaires, l'un, à la face nord, largement développé sur la vallée du Rhône et se continuant jusque vers Vienne ; l'autre, sur le versant sud, plus étroit et commençant seulement à la hauteur du lac do Gôme, pour finir à la vallée de la Drave.

Ces deux revêtements sont désig-nés sous le nom d'A/jies calcaires.

On ne saurait indiquer une lig-ne de faîte ni une chaîne maîtresse dans les Alpes. Leurs massifs sont, au contraire, coupés de vallées profondes qui rendent relativement faciles les communications d'un versant à l'autre.

Les vallées les plus caractéristiques forment, dans toute la longueur des Alpes, une sorte de sillon central au fond duquel coulent successivement l'Isère, l'Arve, le Rhône, le Rhin, l'Inn, la Salzach, l'Enns et la Salza.

Le second trait à noter, c'est la dissemblance des versants. Dans l'ensemble du système, la pente sud est brusque et tombe presque à pic sur la plame du Pô.

Le versant nord, au contraire, est plus allongé et descend par transitions plus douces vers les plateaux bavarois et bohémien.

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Fig. 20.

Pentes comparées tics deux versants alpestres.

Division des Alpes. — Tout sectionnement des Alpes est artificiel et ne peut tenir compte à la fois des conditions géologiques, de la disposition des vallées et du tracé des frontières. Les massifs les plus élevés se rencontrent dans les Alpes françaises [mont Blanc, 4810 mètres, et Pelvoux), en Suisse le mont Rose et la Jungfrau ; les vallées les plus longues dans les Alpes autrichiennes (Inn, Drave, Save). L'Allemagne, ou plus exactement la Bavière, ne possède qu'une étroite lisière des Alpes calcaires.

I. Alpes franco-italiennes OU occidentales. —Les anciens divisaient les Alpes occidon laies en secteurs tracés autour de la plaine du Piémont comme centre : Wpes JiJ a?' it unes, Alpes Cotdennes, Alpes Grées; mais leurs massifs couvrent une superlicie beaucoup plus grande en France et peuvent se diviser, suivant les anciennes provinces, en Alpes de Provence, Alpes du Dauphiné, Alpes de Sacoie.

Cos doux derniers groupes j)Téseuteiit les sommets les plus élevés, les pics les plus aigus, la Barre des Êcrins, la Me! je, la Vanoise et le monl lilaitc, avec ses puissants glaciers (mer de Glace, glacier des Bossons, etc.). L'altitude est moindre à Touest, dans la cliaîue des (irnndes Housses, le massif ;cliisteu\ de Belledonne. Eulin, à l'ouest de l'Isère et du Drac, les monts de la Ihtinde-C/Kirlreuse cl du Vercors.dc formation calcaire, ne déliassent guère 2(H)0 mètres de hauteur et oui déjà l'aspect du Jura iilutùl que des Alpes.

Les principaux passages des Aljies françaises convergent en Italie vers Turin, par le col de Tende, la vallée de la Durance et le col du Moiil- Oeiièvre, la valliV de l'Arc l't le col du Mont-Cens.

II. Alpes suisses. — Du mont Blanc au Sentis et au massif de TAlbula s'élèvent les cimes des Alpes suisses, disposées en deux g-roupes que sépare une lig-ne tiMcée du sud-ouest au nord-est pai^ les deux fiantes vallées du lihùne et da Rhin, mais que réunit le massif commun du Sdint-dothard, nœud orograpliique, centre des sources et des points de passag-e entix; l(!S vallées.

1° Au nord ce sont les Alpes Bernoises on Oherland, les Alpes des Qitatre-Cantotis, de Glaris et iVAppensell.

2° Au sud ce sont les Alpes Pennines, les Alpes Lépontiennes ou du Tcssin, et les Alpes Rhéfir/ues.

De ces massifs, le plus rcmnarquahUî est celui de TOherland ou des Alj^es Bernoises. Là se trouvent la ,/iin;//'ra/( ('i 1(')7 m.), le Wetlerhorn, le Monrli, le Finsleraarhorn (4275 m.), dressés au milieu du plus énorme amoncellement de glaces et de névés de l'Europe continentale. Le plus im|)ortant des glaciers est le glacier d'Alefsr/i, triltutaire du llhône, épandu sur ])!us de 100 kilomètres carrés, long de :'».") kilomètres, capable d'entretenir pendant di\-huit mois le débit moyen de la Seine.

Deux passages seulement s'ouvrent à travers les Alpes Bernoises: le col de la Ge/nnii et le col de GrimseL

Les Alpes des Qualre-Gontotis présentent une étonnante confusion de rameaux et <le massifs. Le <lessin bizarre du lai; des Quatrci-tlanlons traduit rétratig't; enchevêtrement des montagnes d'alentour. Appris la Furha et s(jn glacier

d'où s'échappe le Rhône, les points les plus intéressants à mentionner sont le Pilate et le Itigi (1800 m.).

hes Alpes de G la?'7 s se déploient sur le même axe que les AlpesBernoises. Elles sont aussi abruptes sur leur versant sud, aussi pauvres en passag-es. Mais leur altitude moyenne est moins considérable, et leurs glaciers sont moins puissants. La cime maîtresse est le Tddi (3000 m.).

Les Alpes Pennines ou italo-siiisses, qui séparent le Valais de l'Italie, rappellent les AlpesBernoises, qui leur font face de l'autre côté du Rhône. Leur centre est à peu près au mont Cervin ou Matterhorn, pyramide presque inaccessible et haute de 4 522 mètres. Mais le massif principal est celui du mo7\t Rose (4 638 m.), le g-éant des Alpes après le mont Blanc. Neuf pics s'y dressent au milieu de 140 g-laciers dont quelques-uns sont presque aussi importants que celui d'AIetsch qui leur fait face.

Les Alpes Lépontiennes dessinent une courbe qui enveloppe le g-rand réservoir du Tessin, le lac Majeur. Au sud, elles se divisent en un nombre considérable de rameaux et reçoivent le nom d'Alpes du Tessin et Alpes de Lugano.

Dans Xes Alpes Rhétiques on peut distinguer deux systèmes, orientés du sud-ouest au nord-est et séparés par la vallée long-itudinale de i'Inn ou Engadine, la plus haute des Alpes. Au nord, entre l'Inn et le Rhin s'élèvent les chaînes de VAlbula ; au sud de l'Inn, se dressent les massifs du Bernina et de l'Œtzthal.

Au sud de l'Adda s'allongent les Alpes italiennes du Bergamasque ou de la Valteline, qui se relient dans le Tyrol au massif de VOrtler, masse dolomitique superbe, aux cassures brusques, aux pentes coupées de parois verticales, aux long-s couloirs remplis de g-lace.

III. Les Alpes autrichiennes ou orientales, flanquées au nord des Alpes Bavaroises, commencent au massif du Rhaeticon et du Vorarlberg-, à l'est de la vallée du Rhin et du massif de l'Ortler, près des sources de l'Adda Elles s'étendent jusqu'à Vienne au nord-est et jusqu'à Laybach vers le sud-est. C'est dans cette partie des Alpes que la division en trois zones est la plus nette : une zone médiane de hauts massifs cristallins (g-ranit et micaschiste) et deux zones subalpines de monts et plateaux calcaires au nord et au sud.

KUKOPE. 9

130 liF.SCRlPTION PARTICULlÉnE DES ÉTATS EUROPEENS.

La sone médiane, \\m'i[('(' au nord par les vallées de riiin, de la Salzack, de l'Ems, et au sud par la Drave, comprend d'abord aux sources do l'Adig-e ]e puissant massii de YŒtsthal, puis à l'est du col du Brcnner, principal passage, la long-ue barrière des Ilohe Tancrn (hautes tqurs), qiie dominent les trois cimes du Pic des Trois-Seigncurs (3500 mètres), du Grqss Venediger (3673 mètres) et du Gross Glockner (3797 mètres). Ce système se prolonge en s'abaissant vers l'est par les Niedcre Tauern (petites tours) et par les Alpes de Styrie.

Les Alpes calcaires du Nord s'étendent parallèlement au sillon de l'Inn, de la Salzach et de l'Enns et présentent leurs caractères les plus accusés dans les Alpes de Sahbourr/ et le Salskam?nergîit. Ici, ]ilus de vastes champs de ncng-e, mais des plateaux pierreux désqlés, comme la i1/er de Pierre et la Montfujne morte (Todtes Gebirge). Mais les vallées boisées, les lacs du Salzkammergut donnent encore un attrait à ces massifs; l'exploitation du sel g-emme, qui donne son nom au pays (Salzbourg) comme aux rivières, marque l'analogie avec les plateaux du Jura français {Lonsle-Saunier, la Seille).

Avant-monts autrichiens du Midi. — A l'est de l'Adige et au sud de la Drave se dressent les Alpes Dolomifiques, célèbres par la beauté de leurs vallées et la blancheur teintée de rose de leurs sommets. Elles se prolongent vers l'est par les Alpes Carniqiies. Les Alpes Jiçiie?i?ies, chaînes calcaires orientées du nord-ouest au sud-est, relient, pour ainsi dire, le relief central de l'Europe aux soulèvements delà péninsule balkanique.

Les nœuds et les cols. — Les grandes iiaJIées centrales r)e forment pas un couloir continu. Des massifs établissent le contact entre les chaînes du Nord et du Sud. Ces points de jonction ont une très grande importance, car, ré|)aisseur des chaînes y étant moindre, les vallées se touchant ])ar leurs sommets, les passages y sont naturellement indiqués.

Le Sainl-Gothard est le plus curieux de ces massifs de jonction. Six grandes vallées, les vallées du lihin, de la Heuss, de VAar, du li/iône, du Tossin, do la Toce, s'en éloig-nent en éventail et rayonnent vers tous les poipts de l'horizon. La hauteur moyenne du Saint-Golhard n'est pas de 3000 mètres. Son imi)orlance provient de sa faible éjjais-

Fiï. 21. — Les eaux du Saint-Gotliard.

seur : il n suffi d'un lunncl do 15 kilomèlres pour joindre les vallées de la Reuss et du Tessin.

A l'est du Saint-Gothard, les passages sont extrêmement nombreux. Il faut citerle San Berna)'d in o, le S plu g en ^ la Maloïa, le col du Be}'7iina.

Mais le système de passages le plus important, après le Saint - Golhard, se trouve dans loTyrol.C'estIa région où les

Alpes couvrent la plus grande largeur; mais, par compensation, c'est celle où elles sontlcplus pénéti-ables, grâce aux vallées de l'Inn, de l'Adige, de la Drave, et le plus faciles à traverser par le col du Brenner (1302 mètres), le moins élevé des passages transversaux, entre Innsbrùck et Trente. Par là passèrent au moyen âge les souverains de Germanie allant chercher la couronne impériale à Rome. D'ouest en est s'ouvre le Pusterthal, le col de Toblach (1200 mètres), qui unit la vallée de l'Adige à la source de la Drave.

Les voies de communication. — Les nombreux passages que l'on vient d'énumérer sont traversés par de multiples voies de communication, routes et chemins de fer.

Cinq lignes ferrées transversales coupent aujourd'hui les Alpes : A l'ouest, l'Italie est unie à la Franoe par un tunnel de 13 kilomètres, percé sous le col de Fréjus. Dans les Alpes centrales le tunnel du Saint-Gothai'd, long de \7) kilomètres, met en communication l'Europe méditerranéenne et l'Europe du Nord. Une voie ferrée relie Munich à Vérone par le col du Brenner. A l'extrémité orientale, Vienpe et Trieste sont mises en communication par le Tamis. Une cinquième ligne a été construite dans les Alpes occidentales ; elle unit le lac Majeur et la haute vallée du Rhône pai- le col du Simplon.

132 DESCRIPTION PAHTICULIÈRE DES ÉTATS EUROPÉENS. Deux voies longitudinales viennent s'ajouter aux quatre

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Fig. 22. — Principaux passages des Alpes centrales, lignes transversales. L'une, au sud, suit la haute vallée de

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