‹ EuropeChapitre 32 sur 113 · U1SS)E · texte numérisé non relu

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Flf?. 23. — Plan des voies d'accès du Simplon, avec indication des roclifications adoptées par la conférence internationale de Berne du 18 juin 1909.

la Drave, et rejoint, par la dépression du Pusterthul et le col de Toblarli, la liiiric du Hiimmici'. [/.infre, au nord, par

le tunnel de VA/iberg, joint Innsbrùck à Bàle, Paris à Vienne.

A coté des voies ferrOcs oxisk'iil de liés nombreuses el très belles route carrossables. Les plus importantes sont:

1° A l'ouest, les routes du mofit Genèvre, du moni Cenis, du Pefit-Saint- Beniard et du Simplon ;

2° Au centre, les roules du Saint-Golhard, du Bernurdino, du Spliigen, du Sep ti mer ;

3° A Test, la route du Brenner.

Ces roules, dues pour la région de l'Ouest à Napoléon !«'', sont, en certains points de leur parcours, couvertes de galeries par-dessus lesquelles peuvent rouler les avalanches. A leur point culminant s'élèvent en général des hospices où peuvent se reposer les voyageurs. Le plus ancien de tous, à 2 472 mètres d'altitude, est l'hospice du Grand-Saint-Bernard, fondé en 982.

Climat. — Les Alpes dominant l'Europe, tout vent chargé d'humidité leur apporte son contingent de pluies ou de neiges. D'une façon générale les précipitations diminuant d'ouest en est. — Les Alpes sont balaj'ées par un vent spécial, le Fœ/ui, souffle chaud qui, en hiver et au commencement du printemps, provoque la fonte des neiges sur les sommets.

Le climat, sur le versant septentrional, est plus rude que ne le comporterait la latitude; c'est que rien n'arnMe l'action des vents du nord. Sur le versant méridional, on constate le phénomène contraire. Sur le lac Majeur, abrité par les Alpes, la température moyemie est de + 13°; sur le versant nord, entre les lacs de Genève et de Constance, elle est seulement de -(- 8".

Les zones alpestres. — L'aspect des Alpes varie à mesure que Ton monte de la base à la crête. Une élévation de 180 mètres équivaut à peu près à un rapprochement de 150 kilomètres vers le pôle. On peut disting'uer dans les Alpes :

1° Une rég'ion inférieure de plaines et de plateaux;

2° Une rég'ion des Alpes antérieures;

3° Une rég'ion des Alpes moyennes ;

4° Une rég'ion glacée des hautes Alpes.

La 7'éf/ion inférieure des plaines et des plateaux est caractérisée par l'existence d'une série de grands lacs. Les principaux sont, au sud : les lacs Majeur, de Lugano., de Corne, d'Iseo, de Garde; au nord : les lacs de Genève, de Neuchàlel, de Tliun, de Briens, de Lucerne, de Zug, de Zurich, de Constance, de Cliieni.

Ces lacs, placés à la limite des Alpes et du plat pays, servent de régulateurs et do réservoirs aux fleuves qui descendent en torrents de la montagne. La température |)lus égale de leurs rives, les terres fertilisées par les alluvions, la facilité r|u'ils oIT raient aux communications, ont fait se dévi'lopper à l'en tour nombre de villes où la vie commeixialc et industrielle est très active.

La région des Alpes antérieures, qui comprend les terrains de 600 à 1 500 mètres, est caractérisée par l'abondance des eaux courantes, des cascades et des petits lacs, la multiplicité des accideiits du sol, l'étendue de ses prairies.

Elle était autrefois la n'irion forestière par excellence. Les essences dominantes étaient le pin, le sapin, lÏTablc, le hêtre et le chêne. 11 ne reste plus, aujourd'liui, que des vestiges de ces forêts. Aussi les torrents sont-ils nomlinnix et dangereux. Les prairies ont remplacé la forêt ; l'élevage est très actif.

La région des Alpes moyennes, de 1500 à 2700 mètres, sert de transition entre la rég-ion des forêts et la fégioli des neiges éternelles. On n'y connaît que deux saisons : un hiver de neuf mois, un printemps de trois mois, « neuf mois de neige, trois mois de froid », disent les g"ens du pays. La flore et la faune sont les plus caractéristiques de tout le système alpestre. A côté des cèdres poussent de multiples ar-brissealix aux fleurs éclatantes comme les asalées et les rhododendrons.

Partout où la roche l'alcaire n'affleure pas en champs de pierres d'aspect désolé, le sol est recouvert d'un gazon épais. Les troupeaux commencent à gagner ces prairies à la fin de mai, pour redescendre aux premiers jours de septetnbre. Vaches, hrebis, chèvres, munies de clochettes qui les signalent au loin, animent ces pâturages. C'est aussi la zone des chalets où les hergers abritent leurs trou[)caux les jours d'orage. La faune sauvage est représentée par deux animaux particuliers aux Alpes, la mannotle et le chamois.

La région des Alpes moyennes est très riche en lacs, petits et gelés pendant la plus grande j)arlie de l'année. Ils font contraste, par la désolation de leurs bords, avec les vastes lacs aux rives fertiles de la région des plaines et des plateaux inférieurs.

Cette zone est fréquemment ti^aversée par lés avalanches qui roulent des rég"ions supérieures vers le fond des vallées, tantôt masses de poussière neigeuse, tantôt faites de glaçons, de neig-e^ de tertre et de fragments de roc.

Au delà de 2700 mètres l'on entre dans la sonc des neiges éternelles et de formation des glaciers. Inhabitable à l'homme, elle est le g-rand réservoir des fleuves de l'Europe centrale. Les mousses jusqu'à 3 (iOO mètres, les lichens au delà, constituent la maig-rc flore de ces solitudes glacées. La faune est rc^présentée par \r, bouquetin et les grands oiseaux de proie européens, le vautour à barbe et laigle des Alpes. L'aspect des glaciers est partout le même, avec les crevasses nui zèbrent leur surface, les séracs ou

pyramides do glace qui les hérissent, la teinte azurée de leurs lilaccs, leurs côtés encombrés des débris de mort/incs, cl la caverne terminale d'où s'échappe un abondant ruisseau. Mais leurs diverses dimensions sont infiniment variables, leur longueur oscillant entre 4 et 35 kilomètres, leur largeur entre 1 et 5 kilomètres, leur profondeur entre l;0 et 500 mètres.

Importance hydrographique des Alpes. — Les Alpes constituent le plus puissant réservoir d'eau douce de l'Europe. Les fleuves les plus importants de l'Europe centrale ou leurs affluents emportent à la mer du Nord comme à la Méditerranée l'humidité condensée par la glacière alpestre. L'inn, le Rhin, le Rhône, le Pô et ses nombreux affluents s'alimentent directement aux g-laciers. De nombreux lacs brisent la pente et purifient les eaux des torrents.

Influence des Alpes sur la formation des États. — Différentes races ont peuplé les vallées alpcslrcs et s'y (lis])iileiit aujourd'hui l'inlluence. La race slave compte dans les vallées orientales des Alpes un peu plus c].>. I million de représentants. tJn pareil nonlljre d'Italiens s'est fixé dans les vallées méridionales. A l'ouest, il y à plus de 2 millions de Français. Enfin, au nord et au nord-ouest, les Allemands sont au nombre de 4 millions.

Dans cette contrée se sont formés des États purement alpestres, c'està-dire dont le développement tient très étroitement à la structure même des Alpes. Le plus remar(iuable de tous est la Suisse, qui se composait, à l'origine, des hautes vallées débouchant dans la région du lac des Quatre- Cantons.

Bien des villes doivent leur fondation et leur prospérité an voisinage d'importantes vallées des Alpes. Ve'roUe marque la fin de la vallée alpestre de l'Adige, le débouché de la grande f-oute transversale qui par Innsbriick, le Brenner et Trente unit l'Europe centrale à l'Italie; Berne s'élève à l'endroit où l'Aar débouclie dans la Basse-Suisse ; Genève garde la vallée du Rliône; Zurich, la vallée de la Limmat; Brile, le cours supérieur du Rhin, etc. La population est très dense en Italie, dans le voisitiagc des grands lacs qui forment transition entre la montagne et la plaine et jodissent "d'uu climat exceptionnellement favoiable.

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