Voyez le chapitre des Alpes
Su:e qui ouvre le val Saint-Iniier el les gorges de Moutier.
Le Jura, moins imposant, plus simple de lignes cpie les AIjjcs, présente pourtant des sites remarquables. Ses crêtes calcaires, couvertes de forets ou de gazon, tombent en pentes raides sur les lacs de Neuchàtel et de Bienne, et ofTrent (Tadmirables points de vue sur la plaiiie suisse et sur un panorama de 'iiiO kilomètres de cimes alpestres; ses gorges étroites telles que VAreuze et la Siize, ses vertes vallées intérieures, telles que le val Sainl- Itnier, ses baules combes oii prospèrentde petites villes industrielles, centres de l'horlogerie, la Cbaux-de-Fonds et le Locle, en font un des pays originaux de l'Europe.
Enti^e le Jura et les Alpes s'étend la p/aine suisse. L'aspect unifoi^me de cette région rappelle les plaines; mais l'altitude moyenne est de 500 mètres. Cette plaine s'allonge du lac de Genève au Rhin, bordée de lacs. Elle est formée de débris arrachés aux Alpes par les glaciei^s, gravier, sable, argile, et d'une pierre tendre, excessivement friable, la mollasse. Là se sont développées les grandes villes : elle représente la Suisse urbaine par opposition à la Suisse pastorale des montagnes.
Climat. — La Suisse appartient prescpie tout enliére au climat alpestre. D'une façon générale l'altitude donne au versant nord des Al|)es un climat plus froid que ne le comporle la latiludi'. Le pliénoniéne contraire se produit sur le versant sud, abrité des vents du luird. Ainsi dans la vallée du l.ic Majeur la moyenne est de 4- 15"; elle est à Berne de + 8" el de -}- 9" à Genève.
Pluies. — Une région aussi montucuse que la Suisse est nécessairement une région de pluies abondantes. La hauteur des précipitations y est en raison directe de l'ïlltitude.
La zone alpestre est la mii'ux arrosée. Les massifs de l'oheilaiid beiiiois, du mont Rose et de l'Adula reçoivent, pluie ou neige, plus de 2'", 50 de précipitations par an. La moyenne dans le reste du système alpestre varie entre 2™,V5 et l'°,5l). La zone du Jura reçoit de 1 mètre à 1"',50 de pluies annuelles. Dans la plaine la iiiôyennc varie de GO centimètres à l°i,50.
Fleuves et lacs. — Un pays aussi Ijien arrosé doit avoir nne grainh! importance hydrographique. En fait, le territoire helvétique peut être considéré comme le centime hydi'Ogi-aphique le plus important de l'Europe centrale et occidentale. La Suisse envoie vers la Méditerranée : leR/iône, le 7'essin, et iioml)rc d'arilucnts du Pô ; vers la mer du Nord, le lihiii. Elle envoie ses eaux jusqu'à la mer Noire par l/ji/i, arilu(,'rit ilu Danube.
Le Rhùne prend sa source à 2 500 mètres dans les i>laciers de la Furhd ; il coule du nord-esl au sud-ouest dans une vallée resserrée entre les Alpes Bernoises et les Alpes du Valais qui envoient le tribut de leurs immenses glaciers. Il coule dans un lit étroit et comblé de rochers< rongeant sans cesse le pied de la montagne qui s'éboule. A Marligny, il se heurte aux premières assises du massif du mont Blanc et se redresse vers le nord-ouest. 11 coule, après Saint-Maurice, dans une vallée plus large vers le lac de Genève. Celui-ci lui sert de rég-ulateur en retenant les masses d'eaux qu'entraîne le fleuve au temps des fontes rapides des neig-es et des glaciers. Le Rhône sort du lac aussi pur et limpide qu'il y était entré trouble et terreux. Après avoir reçu l'Arve, torrent issu des glaciers du mont Blanc, il pénètre dans des défilés rocheux à Fort-TEcluse et Bellegarde et entre sur le territoire français.
Une partie du Jura suisse confine au cours du Doubs, affluent de la Saône, depuis les Brenets jusqu'au delà du coude de Saint-Ursanne.
Le Rhin en Suisse. — La Suisse alimente pour une grande part le fleuve le plus important de l'Europe centrale et occidentale, le Rhin. Ce fleuve complexe, qui traverse des rég'ions aussi diflerentes que la Suisse, la plaine d'Alsace, le système schisteux de l'Eifel, la plaine d'alluvions de la Hollande, appartient à la Suisse pour moins d'un quart de son cours, 280 kilomètres sur 1 300, mais il lui doit la moitié de ses eaux. 11 réunit, en ell'et, les torrents des Alpes centrales, issus des neiges et des glaciers, mais réglés par les lacs, et draine les deux tiers du territoire helvétique.
Le Rhin est formé de trois sources, le Rhin antcrieur, le Rhin moyen et le Rhin postérieur, torrents du canton des Grisons.
Le Rhin antérieur^, sorti à 2400 mètres du massif du Saint-Gothard, s'alimente à plus de cent glaciers. Il rencontre à Reichenau le Rhin postérieur, sorti du massif de V Adula, beaucoup plus puissant, roulant en vrai torrent à travers la ria Mata, dans une gorge où son lit est parfois resserré à 8 mètres entre deux murailles à pic de 400 à 500 mètres de haut.
Un peu au-dessous de Coire le fleuve se heurte aux derniers conlreforts de l'.Mbula, et s'infléchit vers le noid pour
pénétrer dans une plaine d'alluvion et gagner presque en droite liene le lac de Constance.
Ce lac (540 kilomètres carrés) joue pour le Rhin le même rôle que le lac de Genève joue pour le Rhône. Il sert de réjrulateur et d'épurateur. En temps de crue il retient une nappe d'eau dont l'épaisseur serait de 3 mètres, i^c Rliin dépose ses troubles et se purifie dans son voyage à travers le lac allongé d'est en ouest. La Suisse partage ses rives avec rAutriclie qui y possède le port de Bregenz, la Bavière (Lindau), le Wurtemberg (Fricdriclishafen) et le duché de Bade qui possède sur la rive méridionale du lac la principale Aàlle, Constance.
A sa sortie, le Rhin se dirige à l'ouest, coupant une branche du Jura. Da plateau à la vallée inférieure, le fleuve franchit un seuil de '2.5 mètres. De là les chutes célèbres de SchalThouse, obstacle très gênant pour la navigation déjà active tant sur le lac que sur le fleuve, et qu'on a dû éviter \)i\v un canal. A Bâle., le Rhin se redresse vers le nord; il quitte la Suisse et les montag-nes pour s'eng-ag-er dans la })laine d'Alsace.
Entre le lac de Constance et Bàle, le Rhin reçoit YAar, plus puissant que le fleuve lui-même. L'Aar, long- de plus de 300 kilomètres, est le fleuve suisse par excellence. Ses sources, toutes voisines de celles du Rhône, sortent de la plus colossale mer de glace de l'Europe centrale. Après avoir traversé des gorges étroites et profondes où il creuse les « marmites de géants », TAar abandonne ses troubles dans les lacs de Brienz et de Thounc. Ces deux lacs, qui n'en faisaient qu'un, ont été séparés à Interlaken par les graviers que charrie la Lutschine, le torrent descendu de la Jung-frau. A la sortie du lac de Thoune,il s'engage dans la j>laine où il reçoit à gauche les eaux du Jura, recueillies par les lacs da Neiichâlel et de Bicnne; à droite, les eaux des Alpes suisses. Les tributs les i)lus importants lui sont apportés par la Iteuss, le plus impétueux des torrents suisses, et la Limtnat. La première, descendue du Saint- Gothard à travers la sauvage g^orge d'Uri, y laissant à peine place à la voie ferrée, sert d'émissair'e au lac des Qitatre- Cantons et au lac de /^itf/. La Litaniat apporte les eaux du Wallensee et du lac de XiirirJi.
Le canton des Grisons |)ossrilr les soiuces d im des plus piiissaiiU afllii'-nls du Danube, 1'///», né ;ui col dr In M.dnj;!. S:i liaulc valire, IL'//-
LA SUISSE. lit
(jadine. es( rcnianiualili' \m\v son iillitudc : lelorronl y resie à un niveau de. 1800 à IfiOO mètres, supérieur, ou le voit, à celui des soniuiels du Jura. C'est dans lEugadine que se trouve le hameau le plus élevé de l'Europe, Juf, groupe de 2"2 habitants à 2134 mètres d'altitude.
Les lacs suisses ont été déjà plusieurs fois mentionnés. Le plus grand est le lac de Genève (600 kil. carr.). Ils servent tous à régulariser et à épurer les fleuves descendus des g'iaciers alpestres. Les lacs de Thun, de Brienz^ des Quatre- Cantona, de Zug, de Zurich, sont tous situés sur la pente septentrionale des Alpes. A l'ouest, ceux de Neuchâtel, de Bienne et de Moral s'étendent au pied du Jura.
Au sud, la Suisse partagée avec l'Italie le lac LiKjdno et le lac Majeur où se déverse le Tessin.