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II. — Géographie politique et économique

Races, religion. — La Suisse présente un remarquable exemple de nationalité existant par la seule volonté des individus. Les barrières montagneuses, la divergence des vallées, la différence môme des langues n'ont pas empêché l'union du peuple suisse. Elle s'est étendue peu à peu, g-roupe par groupe, alliance après alliaiace, depuis les cantons forestiers voisins du lac de Lucerne (Uri, Schwytz, Unterwalden, unis en 1291 contre le despotisme des comtes de Habsbourg-) jusqu'à Genève et Bâle.

Quatre langues sont parlées en Suisse, le français, V allemand, Vitalien et le romanche.

Sur 3327000 habitants, 733000 parlent le français, dans les cantons occidentaux de Genève, Vaud^ Fribourg-, Neuchàtel, le Jura bernois et le bas Valais ;

L'allemand est parlé par 2 319 000 habitants dans les cantons du Centre, du Nord et du Nord-Est ;

L'itaUen est parlé par 222000 habitants, surtout dans la vallée du Tessin ou Leventine;

Le romanche, patois d'origine latine, est parlé par 39 000 individus dans le canton des Grisons.

La religion dominante est le protestantisme (1918 000), dans les grandes villes et les plaines.

Les 1383000 catholiques sont surtout les habitants de la Suisse montagneuse et du versant sud des Alpes.

L;i majeure partie delà populalion suisse ocrupe la plaine et les déboucliés des grandes vallées. Un dixième seulement des ronimunes et un vingtième à peine de la population vit dans les régions hautes, supérieures à loOO mètres d'aliitude.

Un grand nombre d'étrangers (".'30 000 environ) séjournent en Suisse, sans compter les touristes plus nond^reux encore qui la visitent.

Gouvernement. — La ré])ul)lique suisse a vn son indépendance reconnue par rKurope aux traites de Westplialie (1648); les traités de Vienne (1813) ont garanli sa neutralité. Le gouvernement est une république fédérale. Chacun des Sî cantons se gouverne en nommant un conseil (La nd rai h). Le gouvernement central, qui siège à Berne, est constitué par une assemblée fédérale, composée du conseil naiio7ial et du conseil des Élals, et par un conseil fédéral avec un président de la Confédération, élu cha(|ue année, qui dispose du pouvoir exécutif. Les citoyens jouissent du droit de référendum, c'est-à-dire peuvent rejeter ou approuver par un vptc général une loi votée par l'assemblée fédérale.

L'arinée permanente de la Confédération ne comprend guère que des cadres, c'est-à-dire l'elîectif nécessaire pour grouper en temps de guerre tous les hommes valides; ce petit pays pourrait opposer plus de 200 000 hommes à l'étranger.

Cantons. — Le territoire de la Confùdéralion suisse est divisé en vingt-deux ran/<rns ; JJenie est la capitale fédérale.

I. Région occidentale du Jura. — Les cantons de cette région, voisins de la France, sont : Genève; le canton de Vaud, chef-lieu Lausanne ; les cantons de Neucliàtel. de Sol cure, de Bdle.

II. Région de la haute plaine. — Dans la plaine entre le Jura et les Alpes sont les cantons les plus peujjlés et les plus riches : Fribouvg, Rerne, Lucerne, Zurich, ScJiaff'house, VArgovie, chef-lieu Ajirau, la Thurgovie, cheflieu Prauenfeld.

J^n région alpestre comprend les cantons forestiers d'f/?'?\ chef-lieu Altdorf, fïUnleru-'alden et de Sc/iuv/t:; les cantons de Zug, de Glaris, (ÏApennzell.

ha canioudea Grisons, chef-lieu (Urire, occupe les vallées supérieures du Rhin et de Vlnn (Eng-adine) ; c'est le plus étendu de tous et le yilus pauvre (i:* liahilants ])ar kilomètre carré).

Le canton du Tessin. cluîl'-lieu Bellinzona.

Enfin le Valais, chef-lieu Sion, est la vallée supérieure du Rhône.

Villes. — Rerne. la ciipilah' fédérale et la ville certtrale, entre la l'égion française et la réf;i(jn allemiuide, n"estpour-

LA SUISSE. {.'ti

tant pas la cité la plus peuplée de la Suisse (08 000 h.). Zurich (164 000 h.) est un centre industriel bien plus actif, en môme temps qu'un centre d'études g'énérales et techniques, sièg-e du « Polytechnicum ». Bdle (118000 hab.) est le débouché rhénan, comme Génère [iOQOOO hab.) est le port de la Suisse sur le Rhône. Ces villes sont anciennes et ont eu leur rôle historique ; mais c'est tout récemment que leur population a dépassé le chilTre de 100 000 et qu'elles se sont donné l'aspect de villes modernes avec larges avenues rectilignes.

Productions. — La Suisse n'a eu longtemps d'autres ressources que ses forêts et ses pâturag-es. Les vaches laitières de Berne et du pays de Neuchâtel sont très réputées (2080 000 bétes à cornes) ; l'exploitation du lait, la transformation en fromages, beurre, farine lactée sont devenues une industrie nationale. Au contraire, la culture des céréales est de plus en plus abandonnée devant la facilité d'introduction des blés exotiques et cède la place aux prairies.

La vifjne réussit mieux sur les coteaux des cantons de Vaud, de Zurich et de Schall'house.

La vallée du Tessin, de climat méditerranéen, est propice au mûrier et à l'élevage des ixtrs à soie.

Industrie. — La Suisse a peu de liouillc et de métaux; mais elle dispose d'une force motrice considérable fournie par les torrents de la montagne et utilisée soit directement, soit par transport électrique. Elle est le pays de la « houille blanche ». Cette invention a rendu possible la grande industrie, déjà 300 stations hydrauliques distribuent la lumière et la force aux villes et aux villages et jusqu'aux hôtels situés à la hauteur des cols alpestres. On a pu appeler telle rivière suisse le « ruisseau des millions ».

L'industrie mécanique s'est développée en particulier à \Yriiterthur et à Zurich, qui construisent des machines. Zurich compte également d'iniporlantes filatures et des tissages de coton et de soie. Les cantons de Neuchâtel et de Genève ont de célèbres horlogeries.

Voies de communication. — Les voies de communication (4500 kilomètres de routes, 4800 kilomètres de chemins de fer) ont été difficiles à établir dans un pays aussi montagneux. Mais le territoire suisse est devenu un pays de transit important depuis que le tunnel du Saint-Gothard (longde 15 kilom. et à une altitude de 1 154 m.) a mis les pays allemands en relations rapides avec l'Italie.

Le percement du iS'm^j/^o?* (19 730 m.), achevé en 1005,

a donné encore à la Suisse une nouvelle voie de transit.

Une ligne internationale unit la France à l'Autriche à travers la Suisse (Bàle-Zurich) et le tunnel de TArlberg-.

Chaque sommet offrant un point de vue a aujourd'hui son chemin de fer funiculaire ou ;i crémaillère.

Les routes les plus célèbres sont celles (lu Grand-Saint-Bernard, du Simplon, construites par Napoléon l^"', celles du col de (Jrimsel et du Saint-Gothard.

Commerce. — Le commerce

extérieur de la Suisse est d'une activité extraordinaire, si Ton songe à la pauvreté relative du pays. Il dépasse actuellement 2 milliards : les importations se chifl'rent à 1 500 millions, les exportations à 1 100 millions. La difVérence est d'ailleurs largement compensée parles Ijénétlces qu'assure aux hôtels et aux particuliers l'affluence des étrang-ers.

La Suisse importe surtout des produits alimentaires, des minerais et métaux, et des matières premières pour l'industrie textile. Elle exporte surtout des tissus (soies, cotonnades) et filés (310 millions de francs), et des montres ,113 millions).

L'Allemagne se place au premier ranjî des États qui commercent avec la Suisse. Elle lui envoie pour 479 millions de francs de céréales, bestiaux, sucres, denrées coloniales, de la houille, des métaux, du cotofl. Elle lui achète pour :28Û. millions de

bestiaux, fromages, tissus, horlogerie.

La France, au second rang, envoie à la Suisse pour 280 millions de soies

lirutes, de vins, de tissus de laim-, de bestiaux, de céréales, etc. La Suisse

nous vend pour UU millions de soie et de soieries, des tissus de coton, des

bestiaux, des bois bruts.

Lectures.— E. Reclus, L'Europe centrale. — Tschudi, Le Monde des Alpes. — L'Europe illustrée. Gollectiondemono^rraiihies : Lucerne, Zurich Genève, Interlaken, le Valais, la liirne du Saint-Gothard, le l'iglii, etc. — llEKit, Hcliweiz (dans la coliectifin Lund und Leute).

Fijr. 24- — Lacets et tunnels(i ■ ■) du chemin de fer du Saint- Gothard.

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