III. — Roumanie
Organisation politique. — La Roumanie occupe, sur la rive gauche du bas Danube, la riche plaine d'alluvions qu'arrosent les affluents descendus des Alpes de Transylvanie. Elle s'est formée, gTàce à l'appui de la France, des deux anciennes principautés de Moldavie et de Valachie\ complètement indépendante depuis 1878, elle a été érigée en royaume en 1881. Le l'oi g"ouverne, assisté d'un Sénat et d'une Chamijre des députés .
La Roumanie est l'État le plus prospère de la péninsule des Balkans. Avec une superficie de 131000 kilomètres carrés, inférieure d'un quart à celle des territoires que la Turquie possède encore en Europe, la plaine moldo-valaque nourrit une population presque égale, 6000 000 habitants, soit 48 par kilomètre carré.
Les Roumains se font gloire de descendre des colons lalins élablis par l'emperenr Trajan dans les plaines danuiiiennes conquises sur les Daces et des Celtes ou Welches dont le nom se retrouve dans les Valaques. Leur langue dérive du lalin, mais's'est mêlée au moyen âge de mots slaves et grers. L'écriture slavonne a été abandonnée au xix<^ siècle pour reprendre les caractères occidentaux et les Roumains apprennent de préférence les langues latines, particulièrement la liuéralurc française. Cependant ils sont restés attachés à la liturgie de Véylise orlhodoxe.
La Roumanie comprend aussi ;iOO OOO Juifs originaires d'Espagne, de Pologne ou de Russie, et environ 13000 protestants.
L'armée roumaine compte sur le pied de paix 120000 hommes, sur le pied de g-uerre 190 000 hommes.
La capitale, Bucarest (282000 hab.), est aujourd'hui une grande et belle ville moderne, avec d'importants édifices et une Université. — Jassij, ancienne capitale de la Moldavie, a 78 000 habitants, — Galats, le principal port de la Roumanie, en a 64 000.
Géographie économique. — Il est peu de pays plus favorisés que la Roumanie au point de vue agricole. C'est, a-t-on dit, « une Lombardie, avec des proportions doubles ». Les montag-nes portent de mag-nifiques forêts. Les collines sont revêtues d'une terre jaunâtre d'une fertilité remarquable. La fécondité des plaines, couvertes de terre noire, est proverbiale. Les cultures en céréales pré-
dominent ; mais la production est très variable par suite des brusqueries du climat continental.
Les cultures industrielles sont peu développées, sauf celles du chanvre et du tabac.
Les steppes occupent une partie considérable du territoire, mais les méthodes défectueuses des éleveurs roumains n"en tirent pas encore tout le parti possible. Cependant plus de 5 millions de moutons et 2 millions de bétes à cornes y vivent.
Les richesses mine'î'ales sont importantes. On a trouvé de la houille dans plusieurs districts et de nombreuses sources de pét7'ole existent sur les pentes méridionales et orientales des Karpates, dans des gisements analog-ues à ceux de la Galicie autrichienne. Les mines de sel f/ennne., exploitées au profit de lÉtat, donnent de beaux résultats. De sérieux efforts ont été faits pour créer une industrie roumaine : environ 150 usines ont été établies. Les plus importantes sont des fabriques de papier et de drap.
Voies de communication. — La Roumanie doit à sa richesse agricole et au Danube un commerce actif.
Les navires de haute mer peuvent remonter le Danube jusqu'à Galatz et Braïla par la branche de Sulina. L'administration de cette voie navigable en aval de Braïla n'appartient pas à la Roumanie : une commission internationale instituée depuis le traité de Paris (1856) en est charg-ée au nom de l'Europe. Elle réside à Galatz. Mais là ne s'arrélc pas la navigation : de vrais paquebots remontent le fleuve large et profond jusqu'à Orsova. Les ti'avaux accomplis aux Portes de fer ont ouvert celte issue au trafic de la Ilong-rie.
Les chemins de fer roumains atteignent une longueur de 3 320 kilomètres, dépassant le réseau turc. Ils sont bien reliés aux lig-nes russes, bulgares et autrichiennes, et atteignent la mer Noire au port de Kustendjé.
Commerce. — La valeur du commerce dépend en Rounuuii(;, comme en Bulgarie, de la récolle des céréales. En 1890, il était de 002 millions; une série de mauvaises recolles l'ont fait tomber à 378 millions en 1902. Il s'est relevé à 794 millions en 1905 dont '157 à l'exportation.
L<'S e.ipnridiiiitis rmisisti'iil siirlmit en jnndui/s (tf/ricoles (les céréales représeiileiil les deux lins). Les imporhilions les plus considéraliles sont
celles des matières textile^! et tissus, mélaux, cui7's, etc. V Autriche-Hongrie , V Allemagne ont enlevé à la Grande-Bretagne le premier rang qu'elle tenait dans les ét'liauges. La France, elle aussi, souffre de celte concurrence et vient après la Belgique et Vllalie.