LA FRANCE
accidents topog-raphiques imaginables, et sur leurs pentes s'étagent les zones de végétation les plus variées. Les riches plaines du bassin parisien et de la Garonne, plus uniformes en apparence, oflVent pourtant au cultivateur comme à l'artiste une infinie diversité de terroirs et de sites; la succession des différents étages g-éolog-iques y détermine des « pays » qui ont une physionomie propre sans être étrang'ers les uns aux autres, parce que leurs ressources se complètent et rendent les échanges nécessaires : une Beauce , plaine couverte de céréales, à côté des collines du Perche aux verts pâturag-es, un pays deBray au milieu du pays de Caux.
Les communications entre toutes les parties du sol français sont assurées par la grande vallée du Rhône et de la Saône, la trouée de Naurouze et le seuil du Poitou. Mais la perte de IWlsace lui a fermé une issue vers les pays du Rhin.
Vie économique. — Les productions minérales de la France sont moins considérables que celles de TAng'leterre et de rAllemag-ne. La consommation de la houille y dépasse les quantités extraites de ses mines. Mais ses ressources ag"ricoles sont beaucoup plus variées et plus abondantes. La France tient le premier rang- avec la Russie pour la culture du froment et avec Tllalie pour la culture de la vigne. Elle est le pays du pain blanc et du vin. Elle pratique toutes les formes de l'élevag-e, dans les pàturag'es d'été des Alpes et des Pyrénées aussi bien que dans les prairies toujours vertes de la Normandie. Une seule région étendue est peu productive : les Landes,
La capitale, Paris, est la seconde ville de l'Europe, après Londres, avec ses 2763 000 habitants. Marseille, Lyon, et le g-roupe industriel Lille, Roubaix, Tourcoing-, marquent avec Paris la grande artère de vie générale du territoire français, la ligne de transit entre les pays du Nord et la Méditerranée; Bordeaux, Nantes, Rouen, le Havre, Dunkerque expriment la vie océanique; Calais et Boulog-ne, les relations avec l'Ang-leterre ; Toulouse, Reims, Nancy, le Creuset, Saint-Étienne, villes intérieures, représentent la richesse agricole ou industrielle de leurs rég-ions ; Toulon, Brest, Lorient, Cherbourg-, l'organisme naval; Verdun, Toul, Belfort, Briançon, la défense continentale.
Le commerce français (15 milliards iOO millions, dont 7 875 millions à l'importation) est inférieur à celui de l'An-
gieterre et de TAllemag-ne, et supérieur d'assez peu à celui de la Hollande, mais de beaucoup à celui de TAutriche, de la Russie et des autres États européens. A cet égard comme pour tout le reste, la France occupe une situation moyenne très près du premier rang.
11 en est de même de son outillag-e économique : 8832 kilomètres de fleuves navigables, 4930 kilomètres de canaux, 43000 kilomètres de voies ferrées. Mais sur mer elle s'est laissé distancer : ses 17 000 navires de commerce jaugeant 1400 000 tonneaux, dont 1550 vapeurs dune jauge de 740 000 tonneaux, la placent après FAngleterre, l'Allemagne, la Norvège et la Hollande. Aucun port français n'égale l'activité du port allemand de Hambourg-. L'arrêt dans les progrès delà vie maritime est peut-être le plus grand danger qui menace la France et présente une contradiction manifeste avec les avantages de sa situation naturelle, que complète si heureusement la possession de la Corse, de l'Algérie, de la Tunisie et bientôt du Maroc. Ces territoires font de la France la première puissance méditerranéenne et accroissent encor(î la variété de ses ressources minérales ou agricoles.
Puissance coloniale et militaire. — Les conquêtes récentes en Afrique, à Madagascar, en Indo-Chine, en font la seconde puissance coloniale du monde (si l'on ne considère pas les possessions russes d'Asie comme des colonies), avec un domaine de plus de 8 millions de kilomètres carrés, peuplé de 50 millions de sujets. Ses forces militaires doivent être proportionnées à son rang, aux avantages très enviésde sa situation géographique et aux difficultés qu'elle lui impose d'une politique à la fois continentale et maritime : l'etlectif de son armée de terre (525000 hommes en temps de paix) n'est dépassé que parla Russie et l'Allemagne; sa marine (480 navires dont 02 cuirassés, montés par 58000 matelots) se place immédialument après la marine anglaise.
Conclusion. — Au gcconj rang dans chaque ordre de faits, la France jjnul priHciidre au premii-r non par la furce ou la ridiosse, mais par IVqiiilil)rf,' de Sfs facuiU's aj^rlcoifs, iiidnslriclh.'s, niarilinics, militaires, comme par les ai)liln(l(^s siioutifiqucs, liltéraircs et arlisliques de ses citoyens: à quelle conditiuM? — N'en «acrilier aucune, les enlretenir loules, avec le senliuienl qu'ellrs sont toutes solidaires.
A'. /{. — La fjéof/rnpliii; i/élaiUce de la France el de aes colonies est éLudide dun^ le cours de J'>.