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CHAPITRE XIV

Sommaire. — Superficie du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande:

3IÔ000 kilomètres carrés, dont 79 000 pour l'Ecosse, 84 000 pour l'Irlande,

loi 000 pour l'Angleterre et le pays de Galles. Forme générale de la Grande-Bretagne : île allongée (9G0 kil.) et coupée

d'isthmes qui réduisent sa largeur à 60 kilomètres entre la Clyde et le

Forth.

Formation du sol. — Massifs de granité, de schistes et de grès rouge au

nord et à l'ouest (Ecosse, pays de Galles et Cornouailles) ; plaines séili-

mentaires, à l'est. Grande étendue des terrains carbonifères eu Ecosse

(Glasgow), en Angleterre (comtés de Durham, Lancashire, sud du pays

de Galles, Cardiffj.

Relief. — Ecosse : opposition entre les Highlands (hautes terres) : monts

Ross, monts Gi'ampians (point culminant, le Ben Nevis, 1 343 m.) et les

Lowlands, terres basses des bords de la Clyde et du Forth. Faille profonde : le Glenmore, ou canal calédonien. Au sud, monii .Cheviots (500 à i)00m.).

Angleterre : les principaux massifs sont, au nord et à l'ouest, les monts

de Cumberland, la chaîne Penuine et le pays de Galles [Snowdon, 1080 m.).

La Cornouaille rappelle la Bretagne (600 m.). Au centre et à l'est, plaines et terres basses ; les marais (fens) du Wash

sont analogues aux Pays-Bas du continent. Irlande : montagneuse aux angles ; monts Doaegal, Sperrin, Mourne, au

nord; monts de Kerry, au sud-ouest; basse et marécageuse, couverte de

tourbières (bogs), au centre.

Climat très tempéré (hiver + 4°, été + 15" à Londres), mais très pluvieux et

brumeux, surtout en Irlande et en Ecosse. Deux cent dix jours de pluie

en Irlande. Brouillards épais de Londres. Les fleuves sont courts, mais leurs sources très voisines ont été faciles à

réunir par canaux et leurs estuaires profonds s'ouvrent à la marée et à la

grande navigation.

La Tamise (345 kil.). Londres est à 110 kilomètres de la mer. VHumber, estuaire formé par YOuse et la Trent. La Tijne, rivière du charbon, du port de Newcastle. AToucit, la Severn s'ouvre dans le canal de Bristol ; la Mersey, dans la mer

d'Irlande (port Liverpool).

En Ecosse, le Forth et le Tay se terminent dans la mer du Nord j)ar des

firths larges et profonds ; la Clyde, vers l'ouest, baigne Glasgow. Les lacs sont nombreux et pittoresques en Ecosse et dans le Cumberland. Irlande : rivière centrale, le Shannon; lacs dans les munis de Killariiey. Côtes très découpées : 10 500 kilomètres de longueur. La côte m»^ridionale offre l'aspect des falaises crayeuses de Normandie à l'est ; des falaises graniti(pies de Bretagne à l'ouest, en Cornouailles. Extrémités : le cap South Forelaud domine le pas de Calais; à l'ouest, cap Land's End ; au milieu l'île de Wig/it abrite le port militaire de Portsmouth et le port de commerce de Sonthampton.

Le littoral anglais de la mer du Nord est moins élevé, mais articulé par les larges estuaires de la Tamise et de l'Humber. (Principaux ports : Londres, Harwich, Yarmouth, HuU, Newcastle.)

A l'ouest, littoral rocheux et profondément découpé : canal de Bristol, baie de Cardigan, îles d'Anglesey et de Man, port de Liverpool et firth de Solwa3\

LÉcosse présente des côtes élevées, creusées à l'est par les firths du Fortli, du Tay, du Murray, et flanquées au nord et à l'ouest par les archipels des Orcades, des Shetlands et des Hébrides. Le promontoire du Canthe abrite le firth de la Clyde, Glasgow et Greenock.

Irlande : découpée de nombreuses baies sur la côte atlantique (Donegal, Galway, Dingle, Bantry, Cork).

Géographie politique. — Population: 44 100000 habitants. L'Ecosse, l'Irlande, le pays de Galles sont peuplés de Celles ; la plaine du Sud-Est, d'Aîiglo-Saxons et de Normands.

Densité: 136 habitants par kilomètre carré. La population, très agglomérée en Angleterre (215 hab. par kil. carr.), est moins nombreuse en Ecosse et surtout en Irlande ()3 hab. par kil. carr.).

Religion. — Les sujets sont partagés entre le rite anglican, le presbytérianisme écossais, le catholicisme et un grand nombre de sectes diverses.

Gouvernement. — Monarchie constitutionnelle (Roi, Lords et Chambre des communes; Minislres parlementaires).

Armée. — 400000 Iiommes. — Marine: 900 navires. 100000 matelots.

Budget: 4 milliards. — Dette: 19 milliards.

Divisions administratives. — L'Angleterre et le pays de Galles sont divisés en .S2 comtés, l'Ecosse en 33, l'irlaiidi; en 32.

Yûles.— Londres {MbSOOOhah.y, fAverpool{li^ 000); Manchester {GSl 000): Birmingham {biSOOO); Leerfs (4(;3 900) ; Sheffield (448 000). En Ecosse : Edimburgh (tIGOOO); Glasgow (847 000). En Irlande: Dublin (373000) ; BeZ/"asM349(0')).

Géographie économique. — Productions agricoles. — Les prairies occupent plus de place que la culhire des céréales : blé, 20 millions d'hectolitres; élevage: IICOOOOO bêles à cornes, 30 millions de moutons, 2 millions de c/ieiaw. L'Irlande cultive surtout la pomme de terre et le lin.

Produits de la pêche. — 295 millions de francs.

Produclio7is minérales et industrie. — L'Angleterre doit surtout sa prospérité à ses nombreuses mines de houille : Gardiff, Lancashire, Yorkshire, Newcaslle, (iiasgow (extraction annuelle : 251 millions de tonnes), gisements de gaz naturel ; et à ses mines de /'(•/■ (8 millions de tonnes de fonte) ; plomb, zinc, étain (Gornouailles).

Principaux centres métallurgiques : Birmingham, Sheffield, Glasgow, Swansea (cuivre).

Constructions navales : Glasgow et Greenock, les chantiers de la Tyne.

l-'ilalure et tissage du coton (Manchester); de la laine (Leeds, Bradfonl ; do la toile (Belfast). — Poteries : Stoke-upon-Trent.

Voies de communication. — 37 000 kilomètres de chemins de fer ; 70 000 kilomètres de voies navigables et canaux. — Canal maritime de Liverpool à Manchester.

Mariîie marchande. — 1 1 000 steamers, jaugeant 9 000 000 tonneaux ; .Î800 voiliers, jaugeant ICOOOOO tonneaux.

.Mouvement des ports, 120 millions de tonneaux. — Ports les plus actifs: Londres, Liverpool, Soulhampton, (iardilf, Newcaslle, Glasgow.

LES ILES BUITANMQIIES. 1^1 I

Commerce extérieur : 21 milliards, dont 14 à l'Importation. L'empire colonial anglais couvre 30 millions de kilomètres carrés et compte 398 millions d'iiabjtants.

F. — Géographie physique.

Situation et dimensions. — Les Iles Britanniques, ou Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, couvrent une superficie de 315000 kilomètres carres, c'est-à-dire à peine la trentième partie de l'Europe. Outre les deux grandes îles de Grande-Bretag-ne et d'Irlande, l'archipel comprend les g-roupes des Hébrides, des Orcades et des Shetland au nord; Man et Anglesey dans la mer d'Irlande ; les Sorlingues ou Scilly au sud-ouest; l'île de Wig/tf au sud; enfin les îles anglo-normandes Guernesey, Jersey et Aurigny sur la côte de France. De cette superficie totale, l'Ecosse occupe 79 000 kilomètres carrés, l'Irlande 84000, l'Angleterre et le pays de Galles 151000.

Quoique baig-nées de tous côtés par la mer, ces terres se relient au continent européen par le plateau sous-marin qui les supporte : si les eaux de l'Atlantique s'abaissaient de 100 mètres, les Iles Britanniques ne formeraient plus qu'une masse continentale avec la France, les Pays-Bas et le Danemark. En effet, les profondeurs de la Manche ne dépassent g-uère 50 mètres ; celles de la mer du Nord entre l'Ang-leterre, la Hollande et le Danemark atteig-nent au plus 100 mètres, tandis qu'à l'ouest de l'Irlande la sonde descend rapidement dans l'océan Atlantique jusqu'à 500 et 2000 mètres.

Configuration générale. — Allongée du sud au nord sur une longueur de 960 kilomètres entre le 50^ et le 59*' degré de latitude nord, la Grande-Bretagne présente des largeurs décroissantes et forme une série d'isthmes de plus en plus étroits entre les golfes qui la pénètrent de l'est à l'ouesl : 200 kilomètres entre l'estuaire de la Severn et celui de la

Tamise.

125 kilomètres entre la Mersey et l'Humber. 90 — entre le Solway Firth et les ports de la Tyne. 60 — entre la Clyde"et le Firth of Forth. 85 — entre le Firth of Lorn et le Firth of Moray. L'Irlande, plus massive, quoique moins étendue,

312 DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES ÉTATS EUliOPÉENS.

présente nulle part une largeur inférieure à 135 tùlomètres.

Formation du sol. — Les Iles Bril;imii(|iii's sont, avec la Frauce, une (les régions qui pivsentcul la slrueliirt' groloj^iqiie la plus variée. On a [m dire de l'Angleterre (lu'elle éUiil le « paradis des géologues », parce que tous les genres de roches s'y rencontrent.

Les roches cristalhnes, comme le granité, et les formations primaires, comme les schistes et le vieux grès rouge, dominent au nord et à l'ouest, dans les massifs et les plateaux écossais, les hauteurs du pays de Galles et les Cornouailles ; elles forment également les angles de l'Irlande.

Les roches volcaniques, telles que le hasalle, apparaissent çà et là sur les deux rives de la mer d'Irlande, en Ecosse et à l'extrémité nord-est de l'Irlande, qui semble s'unir aux îles et aux presqu'îles écossaises. Ce sont ces roches qui forment les innombrables colonnes prismatiques régulièrement assemblées de la Chaussée des Géants et de la Grotte de Fingal, où l'feil croit voir des édihces inachevés.

A l'est et au sud de la Graiulc-Rrelagne et dans la majeure partie de l'Irlande s'étendent les terrains sédiinentaires. Le plus important à connaître, celui qui fait la ricliesso de l'Angleterre, c'est le carbonifère. Il occ'upe précisément les régions intermédiaires entre les massifs primitifs du Nonl ou de l'Ouest et les j)laines tertiaires ou (piaternaircs du Sud et de l'Est, et dessine une longue bande depuis les riches houillères de l'Ecosse et du comté de Durham jusqu'au canal de Bristol.

L'Irlande possède aussi une grande étendue de terrain carbonifère, mais la houille qu'il renferme est de qualité inférieure et ne saurait être comparée aux charbons de Cardiff ou île Newcastle. Le trait caraetéristi([ue du sol irlandais, c'est plutôt le nombre des tourbières [bogs] qui recouvrent les fonds argileux.

L'Angleterre méridionale et orientale se rattache étroitement au continent par sa structure géologique; des deux côtés de la Manche et de la mer du Nord les mêmes terrains se font face : aux granités déchiquetés de la Bretagne correspond la presqu'île granitique de Cornouailles; aux falaises de la haute Normandie correspondent les falaises calcaires du Sussex; aux polders de la Hollande les fertiles alluvions des bords du Wash. Enfin, Londres occupe, comme Paris, le centre d'une plaine tertiaire; mais, au lieu de la pierre à bâtir et du plâtre qui abondent dans le bassin parisien, l'élément prédominant dans le bassin londonien, c'est l'argile à poterie, la terre à briques.

Relief. — Les montag-nes des Iles Britanniques n'ont qu'une altitude médiocre : aucun sommet n'y dépasse la hauteur des ballons des Vosges. Un autre caractère du relief, c'est l'absence de continuité, la disposition des hauteurs en massifs isolés, séparés les uns des autres par des plaines. Nulle part l'expression îlot montagneux ne s'applique mieux qu'ici; c'est un relief insulaire et il serait puéril de chercher h décrire une li^iie ininterrompue de iiautcurs formant une « charpenlo inonla;^nou.se ».

Les hautes terres sont groupées, comme les terrains anciens, au nord et à l'ouest ; VÉcoase ci le pdya do Galles suiit seuls courerts de montngnes véritables; l'Angleterre méiidioiiale est surtout unei'égion de collines et de plaines.

L'Ecosse se disting-ue nettement du reste des lies Britanniques par son sol plus accidenté et plus pauvre. Elle est presque entièrement couverte de montagnes {Highlands^ hautes terres) qui ne laissent entre elles cju'une plaine peu étendue, une sorte de large vallée, le Strathniore, entre le Forlh et la Glyde. C'est dans cette dépression {LouAands, terres basses) que s'est concentrée l'activité industrielle et que se groupe la majeure partie de la population écossaise, grâce à la richesse de cette bande de terre en houille et en fer.

Les montag-nes de l'Ecosse \ savent se diviser en 3 groupes :

1° Ij'Ecosse septentrionale ou ÙXorthern llighlands, limitée au sud par la faille étroite et profonde du Glcnniore, que suit le canal calédonien. Colle région est un plateau de grès ro-ige d'une hauteur moyenne de plus de 300 mètres, dominé du côté de l'ouest par des dômes granitiques de 1 000 à 1200 mètres qui s'élèvcnl au-dessus de la mer. Les îles rocheuses et accidentées des archipels voisins, Hébrides, Orcades, Shetland, ne sont que des morceaux détachés de ce système écossais.

Le Glenmore^ qui sépare les Northern Highlands du système des Grampians est un des accidents orograpliiques les plus curieux de la Grande-Bretagne. C'est une longue dépression recliligne qui s'étend d'une mer à l'autre sur plus de 100 kilomètres de longueur entre le Firth of Lorn et le Firth of Moray. Dominée des deux côtés par des hauteurs presque ininterrompues de 400 à 1200 mètres, ceWe vallée est en partie remplie par des lacs profonds comme le Loch Ness où la sonde mesure plus de 250 mètres.

2" Au centre les Graynpians, véritable massif de granité et de schiste orienté du nord-est au sud-ouest, couvrent tout le pays compris entre la faille du canal calédonien et

1. Glen, vallée l'iroilc et profonde. Les Écossais emploient aussi le mot

dule, analogue an suédois « dal ».

ni4 DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES ÉTATS EUROPÉENS.

la vallée de Strathmore au sud. Leur plus haut sommet est le Ben Ncvis (1343 m.), c'est le point culminant de tout le relief britannique. Il domine de toute sa hauteur les eaux du Loch Linnhe.

Le Ben Macdiii, presque aussi haut (1309 m.), est moins imposant, car il s'élève au centre de la région montag'neuse, ce qui diminue sa hauteur apparente. D'ailleurs les Grampians sont moins connus pour leurs sommets que pour les nombreux lacs qui occupent le fond de leurs vallées. Sauf à l'ouest, où quelques sommets dépassent l'ensemble des hauteurs, ils forment plutôt de hauts plateaux coupés de vallées profondes et couverts de landes, et de marais.

3° Au sud, les monts Cheviots sont formés d'une série de chaînes et de collines orientées du nord-est au sud-ouest, et dont la hauteur moyenne est de 400 mètres ; aucun de leurs sommets n'atteint 900 mètres. Aussi leurs vallées, assez faciles d'accès, ont-elles été long-temps disputées entre Anglais et Écossais : c'est la rég-ion historique du Border land.

L'Angleterre n'ofire de montagnes comparables à celles d'Ecosse qu'à l'ouest :

1" Dans les monts du Cumberland, situés précisément dans le voisinag-e do l'Ecosse, et dont le sommet le plus élevé, le Scaw-FeU, domine la mer d'Irlande d'une hauteur de 98 i mètres.

2° Dans le poijs de Galles {Wels/t mountalns], mnssif entaillé par de profondes vallées et comparable aux montagnes écossaises par ses nombreux lacs. Le nom même de ce pays accidenté indique bien le l'ole historique de ces montag'nes, dernier asile des races celtiques contre les envahisseurs anglo-saxons. Le point culminant du pays de (ialles, le Snowdon [mont neigeux), atteint 1089 mètres.

Les autres systèmes anglais sont de simples collines : la chaîne pennine orientée du nord au sud borde d'assez près la mer d'Irlande; au sud-ouest la chaîne dévo7iienne couwc (oui le pays de Devon et de Gornouailles de ses coUines qui donnent rillusioii de vraies montag-nes par leurs roches sombres bizarrement découpées. (Juelques-uns de leurs sommets dépassent 000 mètres. Entre la Tamise et la Manche s'étend la haute plaine du Weald, comparable à notre haute Normandie, honlée des deux côtés par des

collines crétacées, les North Down's Hills et les Soutli- Down's Hills.

Enfin les terrains d'alluvions des bords du Wash ont formé près de la mer du Nord une sorte de Flandre ang-laise,

Le contraste que présente l'Ang-leterre entre l'ouest et l'est se retrouve en Irlande «-mtre le pourtour et l'intérieur,

Fiy. 33. — Paysage des tourbières d'Irlande.

entre les hauteurs qui la bordent et la plaine basse et marécag-euse qui s'étend au centre. En l'abordant on croirait entrer dans un pays de montagnes aux pentes escarpées ; en pénétrant dans l'intérieur on se trouve dans une plaine verdoyante. En etfet les hauteurs les plus considérables sont réparties au nord et au sud et dominent les angles du quadrilatère irlandais : au nora les monts Donegal, Sperriii et Mourne, îlots montagneux coupés les uns des autres

31G UEtCUiPHOiN l'AUTlCULlÈUE DES ÉTATS EUKOPÉENS.

par des plaines, sont la continuation des hauteurs basaltiques qui terminent à l'oLiestles Gheviots et les Grampians; leur altitude varie de 600 à 850 mètres. Au sud les montagnes irlandaises continuent celles du pays de Galles et renferment le point culminant de l'Irlande, le Carraniuohill (i 048 m.) dans les monts de Kerry.

Climat. — En Angleterre tout concourt à produire un climat doux et tempéré : l'altitude moyenne du sol est peu considérable, et la mer, qui n'est éloig'née d'aucun point de plus de 100 kilomètres, exerce partout son influence. La température moyenne de l'hiver ù Londres esf, de -)- 4°, c'est-à-dire supérieure de près de 15° à celle du Canada ou de la Russie centrale ; la température de l'été est de + 15° seulement. L'Ecosse est à peine plus froide que l'Angleterre et à peine moins chaude; la pénétration de la mer, y étant plus remarquable que partout ailleurs dans.la Grande- Bretagne, rélal)lit ré(|uilibrc; en ciïct, les moyennes d'hiver et d'été à Edimbourg- sont très voisines de celles de Londres (+ 3° et + 14°). On sait que les Shetland jouissent encore d'uncUmatplusprivilégié; l'hiver yestplusdoux qu'en Angleterre même. Mais il ne faut pas oublier cju'à ces latitudes, et dans des pays montagneux comme l'Ecosse, l'été est court et donne peu de chaleur.

Pluies. — Les Iles Britanniques sont la région de l'Eul'opela mieux exposée aux intluences pluvieuses de l'Océan; le vent le plus fréquent y est celui du sud- ouest. Aussi toutes les parties de l'Irlande et, en Angleterre, la péninsule de Gornouailles reçoivent environ 1 mètre de pluies annuelles. On a même mesuré dans certains districts montagneux du Nord-Ouest et de l'Ouest, mieux exposés que les autres pour arrêter les nuées, jusqu'à 2, 3 et même 4'", 80 de précipitations annuelles. Ce sont les pluies les plus considérables que reçoive l'Europe occidentale ; mais la moyenne est, pour toutes les Iles Bi-itanniques, de 0™,80 à 0"',85 environ. La quantité est beaucoup moindre sur la côte oi'ienlale d'Angleleri'c (0"',50 à 0'",70). Los joui's de |)luii! sont au nombre de 2\i) (\\\ lilamle et sur la côte occidentale d'Angielerre et d'Ecosse; la saison pluvieuse est l 'automne.

Hydrographie.— Lescours d'eau «l'uneîlelongueetétroite cennne la ( irande-l<rc!.igii(; ne p(Miv(!nt jias être très déve-

LES ILES BRlTANNinUES. 317

loppés ; les plus considérables coulent dans la plaine de l'est et du sud-est en Angleterre :

La Tamise (Thames) naît sous le nom iVfsîs dans les collines jurassiques des Gostwold-Hills; elle ne prend le nom de Tamise qu'après avoir reçu le Windrush et l'Evenlode. A Londres, encore éloignée de 110 kilomètres de la mer, elle mesure déjà de 300 à 400 mètres de largeur, à Greenwich 550 mètres ; enfin à son embouchure elle s'étale dans un estuaire large de 7 à 8 kilomètres. Son cours inférieur est profond cà partir de Londres (4 m. à marée basse), et la marée élève encore son niveau de plusieurs mètres. C'est un des lleuves les moins longs de l'Europe (345 kil.); mais, comme l'Escaut, c'est un des plus utiles à la navigation.

h'ffnmber, estuaire commun de VOuse et de la Trent, rappelle la Gironde, embouchure commune de la Garonne et de la Dordogne; mais il n'en a pas la profondeur.

La Tijne ne mériterait pas d'être citée si les dragages et les habiles endiguements des ingénieurs anglais n'avaient transformé cette petite rivière en un canal profond qui a fait la fortune de Newcastte^ le port du charbon.

A l'ouest de l'Angleterre la Severn (340 kil.), née dans les monts du pays de Galles, se jette dans le canal de Bristol par un bel estuaire dont les marées soulèvent le niveau de plus de 12 mètres. La 3Iersey ouvre aux plus grands navires l'accès de Liverpool.

Les fleuves écossais, abondants mais rapides, s'écoulent pour la plupart vers la mer du Nord. Le Forlli (158 kil.) se termine dans un vaste estuaire sur la rive droite duquel s'élève Edimbourg avec son port de Leith. Le plus considérable d'entre les fleuves d'Ecosse est le Tay (175 kil.), qui roule trois fois plus d'eau que la Tamise ; à son embouchure se sont développées les villes dePerth et Dundee. La côte occidentale des Highlands ne reçoit que des torrents qui tombent des montagnes à la mer; mais les Lowlands envoient vers l'ouest la rivière la plus utile, la Clyde, qui baigne Glasgow et se termine vers Greenock dans un des g'olfes les plus découpés de la Grande-Bretagne, le Pirth ofClyde.

L'Irlande possède dans sa partie centrale le fleuve de paya plat le plus caractérisé, le Shannon (333 kil.), navigable presque à sa source comme l'Escaut ; il draine une région marécageuse et lacustre.

Les lacs sont nombreux et pittoresques dans la haute Ecosse. L'imperméabilité du sol, Texcès d'humidité et les dig-ues naturelles formées par les moraines, restes de l'époque g'iaciaire, expliquent l'accumula^tion des eaux dans les nombreuses cavités lacustres que forment les vallées accidentées des Grampians. Le plus g-rand de ces lacs est le Loch Loniond que traverse un affluent de la Clyde ; le Loch Ness dans le Glenmore est célèbre par ses cascades g-randioses : sa profondeur en certains endroits est supérieure à celle de la mer du Nord entre la Grande-Bretag-ne et le continent. L'Angleterre compte un moins g-rand nombre de lacs ; il faut toutefois citer ceux des monts Cumbrians, parmi lesquels le Windermere. Il en est une multitude de plus petits dans le massif du pays de Galles. L'Irlande a, dans les monts Kerry, au sud-ouest, son groupe célèbre des lacs de Killarney.

Les fleuves des lies Britanniques, s'ils ne sont pas comparables pour leur longueur aux grands fleuves de l'Europe coulinenlale, leur sont supérieurs par la régularité du régime et les services qu'ils rendent au commerce. Alimentés par des pluies abondantes et régulières dans toutes les saisons, ils n'ont ni crues subites ni sécberesses prolongées. Mais leur plus grand avantage, ils le doivent aux estuaires dans lesquels ils se terminent et où le tlot de la marée vient deux fois par jour doubler la profondeur de leurs eaux jusqu'à dos distances de i)lus de RIO kilomèlres à l'intérieur des terres. Sans son estuaire, la Tamise ne serait (pi'iine rivière insignifiante.

Côtes. — Les côtes dos lies Britanniques sont au nombre des plus découpées et articulées de toute l'Kurope : elles offrent un développement d'environ 10 500 kilomèli^es, dont 7300 pour la Grande-Bretagne et 3 200 pour l'Irlande. Ainsi les Iles Britanniques ont 1 kilomètre de côte pour 30 kilomètres carrés de superficie, tandis que la Russie ne possède que 1 kilomètre de côte j)0ur 700 kilomètres de surface continentale. Aucune ville anglaise n'est éloignée de la mer de plus de 100 kilomèties.

Les lies Brilannicpies doivent en grande partie cet avantage à la variété de leur structure géologique et au fieu de continuité de leur relief. La mer, en contact avec des roches de nature dilTérenle, a exercé une action très variée sur leurs contours; elle a pu s'insérer entre les massifs isolés et former des golfes profonds, des baies bien abritées. D'autre part, les hautes marées qui changent en quelques heures le niveau de la mer du Nord et de l'Océan ont empêché les fleuves de former par leurs dépots des deltas ou des lagunes à leur embouchure. De là ce résultHt qui est pour l'Angleterre un avantage exceptionnel : les i)Iaiiics basses de l'I-^sl ont, grâce aux estuaires

fluviaux, uuc côte presque aussi bonne, aussi bien pourvue de grands ports que la côte montagneuse et découpée de l'Ouest.

La côte méridionale de l'Angleterre, entre les caps Land's End (comparez le terme français Finistèi^e) et South Foreland, est en général haute et escarpée ; mais l'aspect diffère dans la moitié occidentale et la moitié orientale et correspond d'une manière frappante aux formes et à la couleur du littoral français qui lui fait face de l'autre côté de la Manche :

A l'ouest, dans la Cornouaille etle pays de Devon, depuis le cap Land's End jusque vers l'île de Wight, les roches de granité ou de gneiss se dressent à pic au-dessus de la mer comme en Bretag-ne, et leurs falaises tourmentées, creusées par le flot, dessinent d'innombrables petites baies qui abritent autant de ports de pêche, ou de profondes déchirures comme à Falmouth et à Plymouth (port militaire) ;

A l'est, au contraire, en face de la Normandie, ce sont des falaises crayeuses, interrompues çà et là de plages basses, telles que N. Romney qui rappelle le Marquenterre picard.

La baie la plus profonde de cette côte se trouve au milieu, abritée par l'île de Wight. C'est là que sont situés le port militaire de Portsmouth et le port de commerce ie plus actif de la Manche, Southampton.

Les falaises blanches de Folkestone et de Douvres dominent le pas de Calais et se prolongent vers le nord jusqu'au cap North-Foreland et à l'embouchure de la Tamise, larg-e estuaire aussi encombré de bancs de sables que ceux des fleuves français. Ce serait un des parages les plus dangereux pour la navigation, sans les phares et les balises qui éclairent les chenaux par où doivent passer les navires.

Presque tout le littoral anglais de la mer du Nord est plat et déprimé comme en Belgique et en Hollande ; la mer qui le baigne est peu profonde ; de grands bancs de sable s'étendent presque sans interruption entre l'Ang-leterre et le continent. Du large l'œil n'aperçoit plus de falaises qui s'élèvent brusquement sur le rivage ; on croit voir, au contraire, les villes riveraines du WasJi surgir des eaux, tant la surface des terres est basse et plate comme l'Océan. Les caps ne sont que d'une faible saillie, et la ligne des

côtes tend toujours davantage à former une courbe régulière et monotone, par le progrès continu des terres marécageuses, puis des prairies sur la mer ; les golfes ne sont que des estuaires, comme THumber et les bons ports sont situés sur les fleuves comme Newcastle sur la Tyne.

Cependant vers le nord la côte s'élève de nouveau, les falaises reparaissent par endroits, comme au cap Flamborough, et enfin en Ecosse la mer baigne les montagnes, la côte devient aussi découpée et accidentée qu'elle était précédemment plate et uniforme. De profondes baies creusées dans les schistes et les grès et alignées du nord-est au sudouest, suivant la même direction que les principaux soulèvements, reçoivent les fleuves écossais et rappellent par leur forme comme par leur nom les fjords norvégiens. Ce sont les Jlvths du Forth (avec le [)ort de Leith), du Tay (avec le port de Dundee), du Moray au fond duquel est situé Inverness. Gomme les fjords norvégiens, les firths écossais présentent des profondeurs plus considérables à l'intérieur qu'à l'entrée, i»hénomène qui semble pouvoir être expliqué par la mémo cause : les glaciers qui ont creusé les tirths ont déposé à leur extrémité des moraines qui ont foiMiié comme un seuil entre eux et la mer ; aussi les Kcossais les appellent-ils tantôt firlhs, tantôt « lacs d'eau salée » [Sait water lochs).

Au nord l'Ecosse se termine par deux, saillies nettement dessinées, le cap Dunransby et le cap Wrath, et se prolonge par les iles et les récifs des Orcadcs et des Shetland entre lesquels la mer se précipite en courants rapides et violents. Les flots ont découpé dans ces îles de grès rouge nombre de piliers isolés qui s'élèvent parfois à plus de 100 mètres comme de gigantesques obélisques.

A l'ouest le littoral écossais est encore plus élevé et plus découpé qu'à l'est; les grosses lames des tempêtes venues du sud-ouest, l'action du Gulf-Stream, ont déchiqueté cette côte où les roches volcaniques et granitiques s'entremêlent. Les firlhs y sont plus nombreux et plus étroits 'c\em[»lc : le /Irth of Lorn réuni par le canal calédonien au ///•/// of Moray), les caps découpés et ramifiés à l'infini. On ne peut comparer à ce littoral que les côtes de Norvège avec leurs fjords longs et profonds.

Au large se dressent les Hébrides granitiques et montag-ncuses et alignées du nord-est au sud-ouest, comme les

montag-nes de TÉcosse. Les îles volcaniques Skye, Mail, Jura et Islay se rattachent plus directement encore au continent comme les îles Lofoten à la Norvège septentrionale; elles ne sont séparées du littoj'al écossais que par des détroits moins larges que la plupart des {lilhs.

Au large de MuU est situé Filot de Stafjfa, célèbre par ses falaises formées de colonnes basaltiques et creusées de g-rottes profondes, les grottes de Fingal.

Un promontoire long- de 100 kilomètres, large de 12 seulement et qui semble à [)eine se rattacher à la terre, le Cantire (nom g-aélique, qui a la même signification que Finistère), marque le point de plus g-rand rapprochement entre la Grande-Bretagne et rirlande (20 kil.); ce passage étroit, le canal du Nord, est la région la plus pittoresque des lies Britanniques, celle où l'on voit à la fois les montagnes les plus hautes, le sol le plus tourmenté par l'action volcanique, les côtes les plus découpées. C'est là que le firlh de la Clyde, abrité par le Cantire, l'île d'Arran et la presqu'île de Galloway, pénètre jusqu'à Glasgow, le port le plus prospère de l'Ecosse. A lui seul, ce flrlh n'a pas moins de GOO kilomètres de côtes.

La mei d'Irlande, dont l'île de Man occupe le centre, creuse encore de nombreuses indentations dans le littoral britannique ; mais cette côte est moins élevée que celle d'Ecosse ; le Solway-Firth et la baie de Morecambe ont des rives moins abruptes que les firlhs du Nord ; les terres s'abaissent encore davantage à l'embouchure de la Mersey. Cette petite rivière, g-râce aux qualités de son estuait-é, possède à son extrémité un des plus g-rands ports du monde, Liverpool, l'entrepôt du coton.

L'île d'Anyfesey n'est séparée du pays de Galles, auquel elle était autrefois réunie, que par le détroit de Menai, à peine aussi large. (180 m.) ou aussi profond (4 à 5 m.) qu'un fleuve comme la Mersey.

Au sud de la mer d'Irlande, la côte s'élève de nouveau; les montagnes du pays de Galles présentent sur le cernai Saint-Georges un littoral rocheux et escarpé où s'ouvre la grande baie de Cardigan. Mais ses principaux ports sont situés sur le canal de Bristol, large golfe prolongé par Testuaire de la Severn jusqu'à 150 Idloraètres dans l'intérieur des terres. Les marées y atteignent 15 mètres de liauteur. Là se succèdent les ports de Swansea, Cardif}', Bristol, où

BUHOPS. SI

les navires de tous pays vont chercher du charbon pour compléter leur chargement. La ConiouaiUe, découpée au nord, comme au sud, possède sur le canal de Bristol, comme sur la Alanche, de nombreux ports de pêche plutôt que de g-rands ports de commerce.

Cette presqu'île se prolong-e à l'ouest par les îles Scilly ou Sorlingues, bien connues pour la douceur de leur climat.

L.'I?'lande est plus massive que là Grande-Bretagne. Son littoral oriental n'offre que des baies peu étendues comme celles de Dublin. Les côtes ne sont élevées et découpées que là où la mer est en contact avec des roches anciennes ou volcaniques, c'est-à-dire au nord-est, où la baie de Belfast s'ouvre en face du firth écossais de la Glyde, et à l'ouest où l'Océan creuse les baies profondes de Donegal, de Killala, de Galiimy.

Les presqu'îles rocheuses qui forment au sud-ouest les monts du Kerry rivalisent par la complication de leurs contours et la profondeur des baies qui les pénètrent (baie de Bantry, cap Mizen, avec les côtes du Finistère breton et de la Galice espag-nole. Une des articulations les plus remarquables du littoral irlandais est au sud le port de Cork^ le meilleur peut-être des Iles Britanniques.

Parmi les îlots que la mer a découpés dans cette frang-e littorale de l'Irlande, sig-nalons particulièrement l'île de Vafrnlia, terre la plus occidentale de l'Europe et point d'attache du câble transatlantique.

Si les Anglais mil tnmvt^ d'iiifsHniables avaiilagcs dans l'articulation naturelle des côtes britanniques, ils y ont encore ajouté par de nombreux et utiles travaux. Quolqncs uns de leurs ports les plus fréquentés sont des créations artificielles ; tels sont, par exemple, Newcastle sur la Tyne et Glasj,'ow sur la Clydc. La Clyde et la Tyne n'étaient autrefois que de médiocres rivicres sans profondeur ([ui ne pouvaient recevoir que des navires de 2 mi'iros de tirant d'eau. AnjounlTiui, transformées par de patients travaux, elles portent les plus grands paquebots.

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