Géograi'hir politique
Races, formation territoriale. — La Grande-Bretag-ne fut peuplée, aussi loin que l'on peut remonter dans ses traditions, pur des populations rcltiques oucelto-kymriques. De ces habitants primitifs, le souvenir et les caractères physiques, la langue même, se sont conservés dans le pays de Galles et de Cornouailles : là vivent des Bretons^ parlant à
peu près le même langage que ceux de France. Une partie des habitants de l'Irlande et de la haute Ecosse ont aussi un dialecte gaélique. En tout il y a encore un peu plus de 2 millions d'habitants parlant les lang-ues celtiques. Mais dans les antres parties du royaume le mélange entre les anciens Bretons et les Anglo-Saxons a été complet; et la langue ang-lo-saxonne, ou anglaise, a les mêmes racines que les lang-ues g-ermaniques.
La Bretagne, conquise par les Romains vers la fin du i*"" siècle de notre ère i'8â), leur resta soumise jus<|u'au v" siècle. Après le départ des légions, les Calédoniens envahirent la Bretagne, puis furent subjugués à leur tour par la population des Scots ou Écossais originaires de l'Irlande. Les Saxons, Vénus au secours des Bretons, établirent, après un siècle de lutte (584) avec les Angles, Vheplarchie anglo-saxonne dont le territoire comprenait à peu près les régions de plaines et de collines de l'Angleterre actuelle.
L'Angleterre fut conquise ensuite par les Normands de Guillaume le Conquérant (1066). Sous ses successeurs de la fin du xiie siècle, en particulier sous Henri II Plantagenet, la conquête de Tlrlande était déjà commencée et l'Ecosse était devenue un pays vassal de l'Angleterre. Mais l'union définitive de ces trois grandes parties du royaume n'eut lieu que beaucoup plus tard. C'est en 1603 que l'Angleterre et l'Ecosse eurent un prince commun, à l'avènement de Jacques \^^, roi d'Ecosse.
Il faut se rappeler aussi, pour bien comprendre la place qu'occupe l'Angleterre dans l'histoire du monde, les grandes époques de la création de son empire colonial. Les guerres du xyiii*^ siècle lui donnèrent l'immense empire des Indes enlevé à la France. A partir de cette époque, la domination anglaise fit encoi^e de gigantesques progrès dans les cinq parties du monde. De là l'extension de la langue anglaise et la prospérité inouïe du commerce britannique pendant la période contemporaine.
Organisation politique et statistique. — Le Royaume- Uni lie Grande-Bretagne et d'Irlande est peuplé de 44 100000 habitants, dont 35 millions et demi pour l'Angleterre et le pays de Galles, 4776000 pour l'Ecosse et 4 378000 pour l'Irlande. C'est donc une moyenne de 135 habitants par kilomètre carré.
Cette population est très inégalement répartie. La région la plus peuplée est l'Angleterre, où la densité dépasse 220 habitants par kilomètre carré. L'Ecosse est beaucoup moins peuplée : 57 habitants par kilomètre. Les comtés montagneux du NoitJ {Highlands) n'ont qu'une
population très clairsemée, quelques habitants par kilomètre, et pas une ville de plus de 10000 âmes au nord dune ligne tracée d'Aberdeen au loch Lomond. Au contraire toute la population se presse dans les grandes villes industrielles des Lowlands (terres basses) entre la Glyde et le Forth.
L'Angleterre est un des pays d'Europe où la population s'est accrue le plus rapidement au cours du xrx« siècle; elle a plus que triplé dans TAiigleterre proprement dite, et plus que doublé en Ecosse. Par contre l'Irlande, « l'île sœur », frappée tour à tour par la famine et par les vexations des Anglais, a vu sa population diminuer avec une effrayante rapidilé. La mort et l'émigration l'ont fait tomber de plus de 8 millions dliabilanls en 1841 à 4 450000 en 1901. La densité n"y dépasse pas ô3 babilanls par kilomètre. C'est le seul pays d'Europe qui soit moins peuplé aujourd'bui ([u'il y a un siècle. C'est aussi un des pays qui envoient le plus d'émigrants en Amérique et en Australie. Sur les 250000 éinigranls qui partent cliaque année des •ports du royaume, 05000 et souvent |dus sont des Irlandais. Certains districts du Connaugbt et du Munster se dépeuplent au point que la surface des terres cultivées a diminué de '20 pour 100 en moins de cinquante ans.
Il y a en Grande-Bretag-ne une 7'elir/ion d'État : le }'ife anglican qui, avec \e prnsbijtévianisme écossais^ a le plus grand nombre d'adhérents; il y a ]ilus de '^6 millions de protestants en Grande-Bi^etag-ne, dont 15 millions dVmg-licans ; on compte près de 10 millions de dissidents appartenant à des confessions diverses. Enfin ['Irlande est presque exclusivement cal kolique rominnc (4 millions).
Le gouvernement britannique est une tnonarchie constitutionnelle. Le roi possède le pouvoir exécutif, qui est exercé en réalité par les ministres. Le Parlement^ composé de la Chambre des Lorda et de la Gtiainhro des (.'onumnies, a le pouvoii' législatif.
Le budget i4 milhards et demi) et la délie (18 miUiards) ont été lourdement accrus par la g'uerrc du Ti^atisvaal.
Vannée permanent' anglaise comi»rcnd environ 400 000 hommes; la défense du territoire est en onire assurée dans la métropole par des milices et des corps de volontaires, dans les colonies par des troupes indigènes que dirigent et sur\ cillent des ofliciers anglais.
Mais l'armée «le terre n'est point la forci- vé'rilable du Uoyaunn^-Uni; à cet égard, il est notalilement inférieur non senlomenl niix grandes puissances europi'ennes, mais même a quelques puissances secondaires. La marine est la principale ressource sur laquelle compte le peuple anglais eu cas de danger. Ses Hottes de guerre conqdent enxiton 88(1 naxiies dont la «•onslrucliou a l'oùté plus de 2niilliirds. Les équipages fimiiiiil un loliil
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de lOOOOO matelots. Mais, même avec celte puissante marine, l'Angleterre est loin d'avoir conservé la supériorité quelle avait autrefois sur les autres nations. Le nombre des puissances navales, eaacniies possibles de l'avenir, s'est accru par l'entrée en scène de l'Allemagne, du Japon, des États-Unis.
Divisions administratives. — Le Royaume-Uni comprend quatre parties : l'Angleterre et le pays de Galles, V Ecosse, Y Irlande, les iles. Chacune de ces quatre paiiies est subdivisée en comtés^ sauf l'île de Mau et les îles anglo-normandes Aurig-ny, Guernescy, Jersey. L'Angleterre se compose de cinquante-deux comtés, y compris ceux du pays de Galles; rÉcosse de trente-trois et l'Irlande de trente-deux. Chaque comté est administré par un lord-Ueutenant . Londres est la capitale du Royaume-Uni ; mais l'Ecosse et l'Irlande ont ég-alement leurs capitales : Edimbourg et Dubliii.
Les villes anglaises. — La Grande-Bretagne est le pays du monde qui compte le plus de g-randes villes. En Angleterre, la population ui^baine est aujourd'hui plus nombreuse de moitié c|ue celle des campag-nes; en Ecosse, la proportion est même deux fois plus forte, et les villes renferment près des trois quarts de toute la population. Ce phénomène exceptionnel est un signe manifeste de la prépondérance de la vie industi^ielle dans ce p/iys. En Angleterre même, le tiers des habitants est concentré dans une vingtaine de villes de plus de 200000 âmes. Les principales sont :
Londi'es (4758 000 hab.), la ville la plus peuplée du monde : on a pu dire sans exagéi^ation qu'il y a à luondres plus d'Écossais qu'à Edimbourg, \Ans d'Irlandais qu'à Dulilin, plus d'Israélites qu'en Palestine et plus de catholiques qu'à Rome. C'est aussi la ville la plus vaste : elle s'étend sur une superficie quadruple de celle de Paris.
Située sur la Tamise, à 1 10 kilomètres de la mer, au point où la navigation offre déjà une pleine sécurité, elle possède une admirable organisation commerciale : les docks pour les marchaiuliscs des provenances les plus diverses s'alignent le long des quais et des bassins sur une étendue de plusieurs kilomètres, jusqu'à Tilbury. Des lignes régulières la mettent eu relation avec toutes les parties du monde, surtout avec l'Iude et les Etats-Unis. Elle est aussi le centre des voies ferrées qui sillonnent la Grande-Bretagne, et la ville eile-mèuie est desservie par le chemin de fer métropolitain sur les nombreuses lignes souterraines duquel es trains se suivent de trois en trois minutes.
La population de Londres est sans cesse en mouvement : elle afilue chaque
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matin de la péripliérie au centre, dans la « Cité », monde des affaires, des banques et des maisons de commerce: puis ces milliers d'employés (clarks) refluent le soir vers les rjuartiers éloignés et laissent la Cilé presque vide : on n'y compte que 27 001) habitants inscrits à demeure. Dans ces maisons où se pressent les bureaux et où se traite le commerce du monde, vous pourriez frapper !p dimanche à. cent portes sans obtenir une réponse.
Comme foyer intellectuel, Londres est loin d'égaler Paris; cependant la capitale anglaise a concentré dans le British Muséum la majeure partie des richesses artistiques ou scientifiques du royaume. C'est à la fois le plus vaste des musées et la plus grande des bibhothèques.
Liverpool 1^,39 000 hab.) est, après Londres, le centre le plus actif des relations nnaritimes et commerciales de TAng-leterre avec l'étranger. Ses docks remplis de balles de coton, ses bassins, ses chantiers de construction sont connus dans le monde entier.
Manchester (637000 hab.) compte en réalité plus de 700000 âmes avec Salford. C'est peut-être la ville manufacturière la plus active de l'univers. Son industrie des cotonnades lui a valu ce développement prodigieux en moins d'un siècle.
Birmingham (548000 hab.) est le centre des districts métallurgiques le.3 plus importants d'AngleleiTe.
Leeds (403 000 hab.) est la capitale industrielle de la laine.
Sheffield (448 000 habitants) est fameuse dans le monde entier pour sa coutellerie.
Citons encore Brixlol (^320 000 hab.), port du canal de ce nom ; Bradford (292 000 kab.), avec ses grandes manufactures de tissus de laine ; Hull (200 000 hab.), port de la grande ville âe Leeds; Stoke-on-Trent (152000 hab.), où se fabrique une grande partie des poteries exportées par l'Angleterre ; Newcastle et Gateshead (270 000 hab.), les deux grands marchés de rexjioi'lation des houilles ; Porismouth (195000 hab.), le grand port militaire de l'Angleterre.
En Ecosse, la capitale /idimhourg (316000 hab., avec son port Leith) n'est pas la ville la plus peuplée, mais c'est un des centres savants du Royaume-Uni et elle renferme les principaux monumcMils de l'histoire d'Ecosse.
Beaucoup plus impoilanlc est Glasgoiv (847 000 hab.), la ville commerciale et industrielle de l'Ecosse. On cite particulièrement ses chantiers de construction pour navires à vapeur, qui sont les premiers fin monde.
L'Irlande, au contraire delà Grande-Bretagne, est restée un pays ag-ricoie et compte pou de grandes villes : avec Dublin, sa capitale (373 000 hab.), les plus peuplées sont Belfast (349 000 hab.) et Cork (105 000 hab.).